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Arrestation d'un étudiant à l'Université d'Ottawa : le recteur déclenche deux enquêtes

Une affiche de l'Université d'Ottawa

Une affiche de l'Université d'Ottawa.

Photo : Radio-Canada

Antoine Trépanier

Le président et vice-chancelier de l'Université d'Ottawa, Jacques Frémont a tenu vendredi une conférence de presse pour aborder un incident concernant l'arrestation d'un étudiant sur le campus. Il a déclenché deux enquêtes et a indiqué que le « racisme n'a[vait] pas sa place sur le [notre] campus. »

Nous sommes totalement opposés à toutes formes de racisme, de profilage racial, de harcèlement et de discrimination, et les dénonçons vivement, a assuré le président et vice-chancelier de l'Université d'Ottawa (UdO), Jacques Frémont.

Une des enquêtes se fera à l'interne par le Bureau des droits de la personne de l'UdO. L'autre tentera de déterminer s'il y a des problèmes plus vastes de profilage dans la culture interne de l'université et du Service de la protection.

Les résultats de cette enquête seront publics et le recteur promet d'agir selon les recommandations qui lui seront faites.

Un homme en costume devant un micro.

Le président et vice-chancelier de l'Université d'Ottawa, Jacques Frémont, a déclaré : « Cet incident a donné lieu à des allégations de racisme, de profilage racial et de harcèlement, ce que nous prenons très au sérieux. »

Photo : Radio-Canada / Jean Delisle

L'étudiant Jamal Boyce raconte sur les réseaux sociaux avoir été interpellé par des agents du Service de la protection mercredi, alors qu'il faisait de la planche à roulettes sur le campus.

Toutefois, le contexte exact qui a mené à l'arrestation n'a pas encore été confirmé.

Les agents lui auraient demandé de présenter une carte d'identité. Ce dernier - qui se présente comme un étudiant engagé dans son association étudiante - aurait répondu ne pas avoir son portefeuille sur lui et qu'il devait aller le chercher à son bureau.

Dans une vidéo prise par M. Boyce et diffusée sur Twitter, le jeune homme est en déplacement à pied et il dit être suivi par un agent qui lui demande de s'identifier. La vidéo qui semble avoir été prise avec un téléphone intelligent ne montre toutefois pas la scène et vise plutôt le sol.

Arrêtez de me suivre, je n'ai pas à avoir une pièce d'identité sur moi. Je vous ai dit que je n'ai pas de carte d'identité sur moi, peut-on l'entendre dire.

L'agent de sécurité lui demande alors de quitter le campus, où il devra procéder à son arrestation.

Quelques instants plus tard, l'enregistrement est interrompu après ce qui semble être un contact entre les deux interlocuteurs.

Un autre incident avec un professeur

Un tout autre incident concernant un professeur de la Faculté de droit de l'université, Amir Attaran, a eu lieu avec les agents du Service de la protection.

Le professeur a lui aussi diffusé la vidéo d'un échange tendu qu'il a eu avec un autre agent. Ce dernier s'est présenté dans son bureau, sans avertir le professeur et sans permission pour répondre - semble-t-il - à un appel 9-1-1. Dans la vidéo, l'agent demande au professeur de quitter son propre bureau, car ce dernier refusait de présenter une pièce d'identité.

L'enquête inclura également cet incident.

Des témoins de la scène

Jeudi, de nombreux internautes et membres de la communauté universitaire se sont insurgés à la suite de la publication de la vidéo de Jamal Boyce. En entrevue à Radio-Canada, Christopher Kelley-Bisson, qui a été témoin de la scène après l'arrestation, affirme que de nombreuses personnes se sont attroupées autour du jeune homme.

Il y avait environ trente personnes là. Il y avait beaucoup de gens qui prenaient des vidéos. Selon ma perspective, je pense que c'était vraiment pas nécessaire. Parce que c'était un gars qui jouait avec son skateboard et peut-être qu'il faisait des tricks peut-être, mais il y a toujours du monde qui fait ça sur le campus, a déclaré cet étudiant au doctorat.

Un homme devant un mur végétal.

Christopher Kelly-Bisson, étudiant au doctorat, dit que c'est d'usage de faire de la planche à roulettes sur le campus.

Photo : Radio-Canada / Jean Delisle

Des personnes dans la foule se demandaient pourquoi l'étudiant avait été arrêté.

Les agents ont ensuite placé Jamal Boyce à l'arrière de leur véhicule pendant environ 10 minutes.

Selon Christopher Kelley-Bisson, les personnes témoin de l'incident se sont assurés que l'étudiant allait bien.

M. Boyce a écrit de nombreux messages pour s'insurger contre le traitement qu'on lui aurait réservé.

Ce fut une expérience humiliante et gâchée. La sécurité de l'Université d'Ottawa a usé de son autorité pour me harceler et me rabaisser. Est-ce ainsi que les étudiants continueront à être traités sur le campus?, a-t-il écrit.

Sur Twitter, le compte du Bureau des droits de la personne de l'université a communiqué avec M. Boyce. On ignore si une rencontre a eu lieu.

Le pouvoir des agents

Le Service de police d'Ottawa (SPO) a indiqué qu'il a été contacté par le personnel du Service de la protection pour que le SPO l'aide à identifier l'étudiant qui était en état d'arrestation en vertu de la Loi sur la violation de la propriété pour s'être livré à une activité interdite sur une propriété privée et pour ne pas s'être identifié.

Le personnel du Service de la protection de l'université a voulu apprendre cette règle à l'étudiant, obtenir son identité et il ne compte pas le poursuivre ni même porter des accusations contre lui, explique l'agente Amy Gagnon, porte-parole du SPO, dans un courriel.

Le SPO n'a aucune autre implication dans cet incident. L'homme a été libéré sans condition, ajoute-t-elle.

Dans sa politique 33 sur la sécurité, l'Université d'Ottawa indique que les terrains et bâtiments de l'Université constituent une propriété privée et l'Université se réserve le droit d'y interdire l'accès à qui que ce soit.

Les membres du Service de la protection peuvent également demander aux personnes sur le campus de fournir une preuve de leur identité. Or, on ne retrouve aucune explication claire sur l'obligation d'une personne de fournir cette preuve d'identité lorsque demandée.

La seule indication qu'on a en ce sens est relative aux rondes de surveillance après les heures normales de travail, où le personnel de la sûreté note les noms de toutes les personnes qui se trouvent encore dans les immeubles fermés à clef.

S'il s'agit d'exécution de fonctions autorisées, seul le responsable est tenu d'établir son identité, est-il écrit.

Les membres du personnel de la sécurité sont également autorisés à retirer les cartes d'identité périmées de l'Université d'Ottawa.

Avec des informations de Claudine Richard, de Stéphane Leclerc et de CBC

Ottawa-Gatineau

Éducation