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Attaques dans le Golfe : une guerre de mots et d'images entre les États-Unis et l'Iran

Un bateau-pompe arrose le pétrolier norvégien Front Altair endommagé par une série d'explosions jeudi dans le Golfe d'Oman.

Photo : AFP/Getty Images / -

Radio-Canada

Alors que les accusations se multiplient entre l'Iran et les États-Unis au lendemain de l'attaque de deux pétroliers étrangers dans le golfe d'Oman par des forces inconnues, le département américain de la Défense a publié une vidéo montrant selon lui des marins iraniens retirant une mine non explosée de la coque d'un des navires attaqués.

Pour le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, ces attaques, qui n'ont pas été revendiquées et dont l'origine est inconnue, ne peuvent être que l’œuvre de l'Iran, qui tente selon lui de perturber le marché mondial du pétrole.

Le gouvernement des États-Unis estime que l'Iran est responsable des attaques en mer d'Oman.

Mike Pompeo, secrétaire d'État des États-Unis

Selon le chef de la diplomatie américaine, ces actes représentent une menace claire pour la paix et la sécurité internationales, une attaque flagrante contre la liberté de navigation et une escalade des tensions inacceptable de la part de l'Iran.

Son homologue britannique, Jeremy Hunt, lui a emboîté le pas plus tard dans la journée, disant être « presque certain » que l'Iran était derrière les attaques de pétroliers en mer d'Oman.

Je condamne les attaques d'hier [jeudi] contre deux navires dans le golfe d'Oman. Notre propre évaluation nous amène à conclure que la responsabilité des attaques incombe presque certainement à l'Iran, a déclaré le chef de la diplomatie britannique dans un communiqué.

Ottawa condamne les attaques

Le gouvernement canadien a dénoncé les attaques contre les deux navires dans le golfe d’Oman.

« Le Canada est une nation commerçante qui dépend de la liberté de navigation et du passage ininterrompu du commerce maritime. Ces attaques contre le transport maritime civil préoccupent le Canada et plusieurs de nos partenaires internationaux », lit-on dans un communiqué d’Affaires mondiales Canada.

Le Canada se dit aussi « profondément préoccupé par l’augmentation de la violence dans une région déjà tendue ». Il ajoute qu’« une détérioration de la situation irait à l'encontre de la sécurité régionale, du commerce mondial, de l'ordre fondé sur des règles, et des intérêts du Canada et du monde entier ».

Jeudi matin, une série d'explosions a gravement endommagé le pétrolier norvégien Front Altair, qui a pris feu au large des côtes iraniennes alors que, quelques centaines de milles nautiques plus au sud, le pétrolier japonais Kokuka Courageous était évacué en mer après avoir subi d'importants dommages à sa coque à la suite de tirs dont on ignore la provenance, selon l'exploitant du navire. Les équipages des deux bateaux ont été secourus en mer par les marines iranienne et américaine.

Selon le patron de la société propriétaire du navire, l'équipage a signalé avoir vu un objet volant viser l'embarcation. Puis il y a eu une explosion.

Vendredi, le commandement central américain (CENTCOM) a publié une vidéo de ce qu'il présente comme l'accostage du Kokuka Courageous par une vedette rapide des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran, qui retirerait, selon le CENTCOM, une mine non explosée de la coque du pétrolier.

Des marins iraniens, selon Washington, retirent une mine non explosée de la coque d'un des pétroliers attaqués jeudi en mer d'Oman.

Donald Trump y voit la signature de l'Iran

À Washington, le président Donald Trump a soutenu les affirmations de son secrétaire d'État en déclarant vendredi sur les ondes de Fox News que les images du Pentagone ne mentent pas, et que ces attaques sont signées par l'Iran.

L'Iran a fait ceci. On voit le bateau, avec une mine qui n'a pas explosé, et c'est signé par l'Iran.

Donald Trump, président des États-Unis

Le gouvernement iranien s'est aussitôt défendu d'être à l'origine de ces attaques.

Commentant les images publiées par Washington, la chaîne d'information de la télévision d'État iranienne, Press TV, a écrit sur Twitter : Voici les faits : les Gardiens de la Révolution étaient la force la plus proche du lieu de l'incident. L'Iran a été le premier à se rendre sur place pour sauver les équipages.

À Téhéran, le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif a accusé sur Twitter les États-Unis de sabotage diplomatique et de maquillage de son terrorisme économique contre l'Iran. Le diplomate a ajouté que les accusations contre son pays sont sans fondement.

En visite au Kirghizistan, le président iranien Hassan Rohani a, lui, accusé les États-Unis de représenter une grave menace à la stabilité dans la région et dans le monde, en violant toutes les règles internationales.

On ignore toujours pour le moment qui est à l'origine des attaques qui ont sérieusement endommagé les deux bâtiments de plus de 100 000 tonnes qui croisaient jeudi dans le golfe d'Oman au large des Émirats arabes unis et de l'Iran.

Plusieurs forces sont présentes dans ce détroit hautement stratégique, dont la 5e flotte américaine, basée au Bahreïn et veillant aux intérêts de l'Arabie saoudite et des monarchies du Golfe, ainsi que la marine iranienne, qui contrôle toute la côte est du golfe persique.

Julie Emond vous explique au Téléjournal 18 h ce qu'il faut savoir sur le détroit d'Ormuz, au coeur du commerce mondial de pétrole.

Escalade des tensions dans le golfe Persique

Des flammes et une colonne de fumée s'élèvent d'un pétrolier en mer.

Le pétrolier Front Altair affiche de lourds dommages après avoir été la proie de plusieurs explosions en mer d'Oman.

Photo : AFP/Getty Images / -

La région subit une escalade des tensions entre l'Iran et l'administration de Donald Trump, qui a claqué la porte, il y a près d'un an, de l'accord international sur le nucléaire iranien et rétabli les sanctions économiques et diplomatiques contre Téhéran.

Début mai, les États-Unis ont envoyé des renforts militaires au Moyen-Orient, accusant l'Iran de préparer des attaques imminentes contre des intérêts américains.

Les attaques répétées contre les pétroliers et les installations pétrolières dans le Golfe risquent de perturber l'approvisionnement du marché mondial et de provoquer un conflit armé impliquant l'Iran, estiment des analystes.

Il y a juste un mois, les États-Unis avaient accusé l'Iran d'être très vraisemblablement derrière les sabotages, le 12 mai, de quatre pétroliers au large des Émirats arabes unis, ce que Téhéran avait aussi nié.

Nouvelle attaque de drones contre l'Arabie saoudite

Vendredi, les Émirats arabes unis, pays allié de l'Arabie saoudite, ont dénoncé une dangereuse escalade après les attaques de la veille.

Allié des États-Unis et principal rival de l'Iran dans la région, le royaume saoudien a de nouveau été la cible d'une attaque de drones menée depuis le Yémen voisin par les rebelles soutenus politiquement par Téhéran.

Cinq drones ont été interceptés au cours d'une deuxième attaque en deux jours contre l'aéroport d'Abha (sud-ouest).

Après les attaques contre des pétroliers, les prix du pétrole ont continué de grimper face à la menace d'un conflit ouvert autour du détroit d'Ormuz, par lequel transitent quelque 15 millions de barils de brut par jour.

Tôt ce matin, le baril de light sweet crude (WTI), référence américaine du brut, pour livraison en juillet, gagnait 21 cents, à 52,49 $ US, dans les échanges électroniques en Asie. Le baril de Brent, référence européenne, pour août, progressait de 44 cents, à 61,75 $ US.

Avec les informations de Agence France-Presse

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