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Mort des soeurs Bélanger : 7 ans plus tard, leur père réclame une indemnisation

Audrey et Noémi Bélanger Photo: Famille Bélanger
Radio-Canada

Sept ans après la mort tragique des sœurs Audrey et Noémi Bélanger en Thaïlande, leur père réclame une indemnisation pour les proches des victimes d’actes criminel à l’étranger.

Les années ont passé, mais leur absence et la rage se font toujours sentir sous le toit de Linda et Carl Bélanger, déménagés depuis à Lévis pour fuir d’une certaine façon ce drame qui leur colle à la peau.

La boule que j’ai est toujours là. Ça fait sept ans, la rage que j’ai est toujours là, laisse tomber le père, qui a décidé de parler aux médias à visage couvert pour préserver son anonymat.

Le couple a quitté la petite communauté de Pohénégamook pour pouvoir refaire sa vie.

Je ne veux pas me faire prendre en pitié, souligne le père qui se bat aujourd’hui pour ses filles, mortes le 13 juin 2012 dans une chambre d’hôtel sur l’île thaïlandaise de Koh Phi Phi.

Identifier un coupable

Le gouvernement thaïlandais a reconnu que les deux Québécoises étaient mortes intoxiquées par un puissant pesticide utilisé pour tuer les punaises de lit, mais aucune accusation n'a été déposée.

Il n’y aura jamais personne au bout qui va payer, c’est ce qui est dur pour nous, admet Carl Bélanger.

En 2013, la Thaïlande a offert un dédommagement de 20 000 $ à la famille Bélanger, mais la somme n’a jamais été transférée.

L'avocat Marc Bellemare veut entreprendre des démarches pour que l'engagement soit honoré, mais il interpelle aussi le gouvernement Legault.

En campagne électorale, la Coalition avenir Québec (CAQ) s'est engagée à moderniser la Loi qui encadre l'indemnisation des victimes d'acte criminel (IVAC)

À l'heure actuelle, les proches d'une personne victime d'un crime à l'étranger sont laissés à eux même.

La famille Bélanger vit des difficultés avec ça, mais il y a beaucoup d'autres familles au Québec dont les enfants ou les parents ont été blessés ou assassinés en dehors du Québec, soulève Me Marc Bellemare.

Une indemnisation?

Toutefois, la ministre de la Justice semble prioriser une réforme du droit de la famille. Des consultations publiques ont d’ailleurs été lancées au printemps.

Me Marc Bellemare ne nie pas l’importance du droit de la famille, mais il aimerait que la ministre Sonia Lebel prenne une décision concrète.

La ministre est là pour livrer les engagements électoraux et la Loi de l'IVAC en fait partie, dit-il.

Les accidents ça peut arriver n’importe où dans le monde, mais moi je pense qu’en étant citoyen québécois, que tout le monde aurait droit à ça, ajoute le père endeuillé.

Même si la douleur demeure vive, Carl Bélanger se dit qu'un jour, il pourra la surmonter.

J'ai même posé la question à mon épouse. “J'ai dit si t'avais su que t'aurais perdu deux filles à 20 ans et 25 ans, est-ce que tu les aurais eus quand même?” On avait tous les deux la même réponse : oui. Ce qu'elles nous ont apporté ces années-là, c'est indescriptible.

Avec les informations de Pascal Poinlane et Olivier Lemieux

Québec

Justice