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Une cinéaste acadienne essaie de faire entendre raison à Revenu Canada

Monique LeBlanc assise à son bureau

La cinéaste acadienne Monique LeBlanc dit se heurter à un mur d'incompréhension chez Revenu Canada

Photo : Radio-Canada / Michel Nogue

Michel Nogue

Dans son travail comme réalisatrice, Monique LeBlanc a l'habitude de trouver des solutions. Mais elle est à bout de ressources dans un différend avec Revenu Canada.

Ses déboires commencent en 2016 quand une adjointe administrative de son entreprise, CinImage Productions, lui verse son salaire à partir du compte d'une autre de ses compagnies.

Ce n'est que plus tard, quand elle m'a remis un T4 que j'ai dit : "C'est quoi ça?" J'ai dit : "'Mais il ne faut pas me payer avec ça. Il n'y a pas de déduction", raconte la cinéaste de Bouctouche, au Nouveau-Brunswick.

L'automne dernier, soit deux ans après la découverte de cette erreur, l'Agence du revenu du Canada lui réclame de nouvelles cotisations. Avec les intérêts, le montant en souffrance dépasse maintenant 6000 $. Pourtant, à trois reprises, le comptable de Mme LeBlanc a soumis un formulaire pour annuler le T4 erroné. La situation n'est pas rentrée dans l'ordre pour autant. Je me demande s'ils ont un monstre qui mange les documents, lance à la blague la femme d'affaires.

Il y a trois semaines, elle reçoit un appel téléphonique d'un préposé du service de recouvrement de l'agence fédérale. Et cela, même si son dossier est toujours en traitement.

Ça n'a juste pas de sens! Quand on veut régler ses choses, puis on ne peut pas les régler, conclut la cinéaste exaspérée.

La femme d'affaires est d'autant plus frustrée que lorsqu'elle se plaint de ne pas pouvoir régler le problème, elle se fait répondre qu'elle doit consulter le site web de Revenu Canada.

 Je ne veux que pouvoir parler de cette situation-là avec une personne, une vraie personne, puis qu'on règle ça une fois pour toutes. Mon comptable et son personnel passent énormément de temps à communiquer, puis ça ne donne rien. Donc, je me bute partout à des murs. 

Monique LeBlanc propriétaire et productrice, CinImage Productions

Revenu Canada répond

Radio-Canada a tenté d'obtenir des explications de l'Agence du revenu du Canada. Dans un courriel, un agent d'information répond que Revenu Canada ne peut pas commenter un cas particulier.

Notre objectif est de nous assurer que l'Agence offre des services équitables, utiles et faciles à utiliser. L'Agence n'a pas l'intention de causer de difficultés financières à quiconque.

Alexandre Igolkine, agent de relations avec les médias, Agence du revenu du Canada

Des entrepreneurs mécontents

Le cas de Monique LeBlanc ne serait pas unique. Pas moins de 12 % des appels que reçoit de ses membres la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante portent sur Revenu Canada.

Chaque année, la FCEI évalue la façon dont Revenu Canada traite les contribuables et les gens d'affaires. Dans le dernier bulletin, l'agence fédérale obtient la note « C ».

Le directeur des affaires législatives provinciales de la FCEI à Moncton, Louis-Philippe Gauthier, constate que l'agence fédérale s'est améliorée, mais qu'il reste beaucoup à faire.

Une chose qui est importante, c'est surtout se prévaloir des services que Revenu Canada offre. À titre d'exemple, s'il y a une erreur ou des problèmes au niveau des services comme tels, les entrepreneurs peuvent faire une plainte. Ils devraient le faire. Il y a le service de l'ombudsman de Revenu Canada qui est disponible. Ils devraient s'en prévaloir. Souffrir en silence, ce n'est pas une option. Faut vraiment en parler.

Louis-Philippe Gauthier, directeur des affaires législatives provinciales de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante
Louis-Philippe Gauthier en entrevue

Louis-Philippe Gauthier, de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, reconnaît qu'il est parfois frustrant pour une personne d'affaires de traiter avec Revenu Canada

Photo : Radio-Canada / Michel Nogue

D'ailleurs, M. Gauthier conseille à la propriétaire de CinImage Productions de verser le montant réclamé par Revenu Canada. Elle pourra tenter de se faire rembourser par la suite. Ainsi, elle évitera d'accumuler des frais d'intérêts comme elle le fait présentement.

À ce sujet, Monique LeBlanc dit ne pas avoir les moyens de verser les 6000 $ que lui réclame l'agence fédérale. De toute façon, elle craint que Revenu Canada prenne trop de temps à régler son cas.

 Si ça leur prend autant de temps à régler une petite problématique comme la mienne, combien de temps vous pensez avant qu'on aille plus loin dans cette affaire, qu'ils reconnaissent qu'ils sont fautifs et qu'ils me remboursent? 

Monique LeBlanc, propriétaire et productrice, CinImage Productions

Elle prévoit continuer à talonner Revenu Canada comme elle le fait depuis décembre pour régler ce différend. Entre-temps, ce qu'elle redoute, c'est que l'agence fédérale gèle ses comptes bancaires et ses cartes de crédit tandis qu'elle se trouve à l'extérieur du pays en tournage.

Nouveau-Brunswick

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