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L’Hôpital Saint-Boniface redirige des patients vers d’autres établissements

L'Hôpital Saint-Boniface

Photo : Radio-Canada

Gavin Boutroy

Le président-directeur général de l’Office régional de la santé de Winnipeg (ORSW) confirme qu’à deux occasions, le 3 et le 12 juin, l’Hôpital Saint-Boniface (HSB) a redirigé ailleurs les patients faisant appel à certaines unités de soins.

Réal Cloutier indique cependant que cette pratique n’est pas inhabituelle, même si ce sont les deux seules fois que des unités de soins ont refusé tout nouveau patient dans la région sanitaire de Winnipeg.

La présidente directrice générale de l’HSB, Martine Bouchard, confirme l’existence d’une note de service destinée au personnel de l’hôpital faisant état de conditions dangereuses et critiques.

Je le reconnais, le titre de la note était ambigu et portait à confusion. Dans la première phrase, parler de niveaux critiques et dangereux, c’est peut-être un peu fort.

Martine Bouchard, PDG, Hôpital Saint-Boniface

Hier, la situation n’était pas inhabituelle par rapport à ce qu’on a régulièrement, dit-elle en parlant du nombre de patients qui ont franchi les portes des urgences, soit 129 personnes. Elle précise qu’un grand nombre de ces patients sont arrivés au même moment. Selon elle, c’est cet afflux qui est à l’origine de la note de service et de la décision de diriger des patients ailleurs.

Les patients qui ont été dirigés ailleurs relevaient entre autres des services de chirurgie et cardiologie de l’Hôpital. La PDG ne pouvait préciser où ont été redirigés les patients mercredi. Mais ce que nous comprenons, c’est que nous avons redirigé des patients normalement, comme nous le faisons tous les jours, ajoute Réal Cloutier.

Ces patients ont été vus par les urgences, mais n’avaient pas besoin de soins urgents. Nous devons nous assurer que nos espaces, à l’urgence, sont au service des gens qui ont réellement besoin de soins urgents, dit-il.

Mme Bouchard indique qu’elle va travailler avec ses chefs de service et l'administration pour se parler et trouver des solutions et pour faire en sorte que les patients qui se présentent aient besoin des soins d’urgence du type de ceux qu’offre un hôpital tertiaire.

Des patients se rendent aux urgences de l’hôpital, alors que leur cas n’est pas urgent, et c’est ce dont nous devons discuter, dit-elle. En faisant une analyse systémique, Martine Bouchard dit qu'on s'assure d'avoir des patients qu’on soigne aux bonnes places par la bonne personne au bon moment.

En pleine transformation du système de santé

Martine Bouchard fait ainsi un appel aux médias pour aider les établissements à faire comprendre à la population qu’il existe toutes sortes d’options pour obtenir des soins. Les urgences, dit-elle, doivent servir à traiter les problèmes urgents.

Si vous avez besoin de soins urgents, venez à Saint-Boniface, mais si vous avez besoin d’autres types de soins, vous pouvez aller à une clinique, à Accès santé. N’allez pas à l’urgence, allez ailleurs.

Martine Bouchard

Ces événements surviennent alors que les services des urgences des hôpitaux de Winnipeg sont en pleine réorganisation. Martine Bouchard mentionne un changement de culture nécessaire pour soigner le système de santé.

Réal Cloutier admet que, si les changements en cours entraînent des difficultés et de la confusion, ils donnent aussi des résultats positifs une fois bien implantés. Il cite l’exemple de l’Hôpital Victoria, où, dit-il on voit davantage de patients appropriés pour le niveau des services d’urgence disponibles dans l’établissement et où le personnel est davantage satisfait.

Il y a une semaine, l’ORSW a fermé le service d’urgence de l’Hôpital Concordia pour le transformer en un centre de soins urgents, une mesure qui s’inscrit dans une réorganisation importante du système de soins de santé à Winnipeg.

La fermeture de l’urgence de Concordia en cause

La nouvelle, qui a causé un certain embarras à l’HSB, arrive à la suite d’un rapport dévastateur, publié lundi, qui fait état de préoccupations concernant la planification bâclée de la fermeture des urgences de Concordia.

Un homme entouré de microphones.

Le président-directeur général de l’Office régional de la santé de Winnipeg, Réal Cloutier

Photo : Radio-Canada / Gavin Boutroy

Réal Cloutier nie catégoriquement que la situation à l’HSB ait été causée par cette fermeture. Cependant, les partis de l’opposition ont tenu à faire le lien.

C’est frustrant parce que tout était prédit par des médecins du Manitoba au mois de décembre 2017, ça fait plus de 18 mois qu’on sait que c’est un problème, lance le chef du Parti libéral du Manitoba, Dougald Lamont.

Ils ont dit : "Si vous fermez les salles d'urgence aux hôpitaux de Concordia, de Seven Oaks et de Victoria, Saint-Boniface ne sera pas prêt. ", poursuit-il. Il fallait ralentir, il fallait arrêter. Il pense que la province aurait dû attendre la fin de la première phase des rénovations des urgences de l’HSB, prévue pour le 24 juin.

C’était également le message de Wab Kinew, le chef du Nouveau Parti démocratique. On a fermé la salle d’urgence à Concordia, maintenant il y a bien plus de patients ici à Saint-Boniface, dit-il.

Le premier ministre est en vacances. Maintenant, le ministre de Santé n’est pas capable de dire aux Manitobains quelle est la situation, ou ce que le gouvernement va faire pour améliorer la situation, poursuit-il.

Wab Kinew a tenu à rappeler que le premier ministre avait enclenché une période de silence préélectoral volontairement, mercredi, ce qui empêchera le public de s’informer sur cette question.

Manitoba

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