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La TELUQ veut embaucher des correcteurs malgré une grève de ses tuteurs

L'entrée d'un bâtiment de la TELUQ à Québec.

Les tuteurs et tutrices de la TELUQ sont en grève depuis le 28 janvier.

Photo : Radio-Canada

David Rémillard

Plus de 13 000 travaux ou examens sont en attente de correction à l'Université TELUQ, où les 190 tutrices et tuteurs sont en grève générale illimitée depuis le 28 janvier. Pour remédier à la situation, l'établissement songe à faire appel au privé, ce qui a fait bondir le syndicat.

La TELUQ a lancé un appel d'offres le 7 juin dernier pour l'octroi d'un contrat de « services de correction d'examens et de travaux universitaires ».

La direction de l'Université offrant de la formation à distance confirme qu'il s'agit d'une décision prise directement par rapport à la grève des tutrices et tuteurs.

« C'est une mesure exceptionnelle que nous avons a décidé de prendre pour nos étudiants. Présentement, plusieurs étudiants sont bloqués dans leur cheminement académique », explique Caroline Brassard, directrice de l'enseignement et de la recherche à l'Université TELUQ 

La direction estime à 13 700 le nombre de travaux ou examens en attente de correction pour les étudiants touchés par la grève.

Légal?

Mme Brassard a refusé de commenter la question de la légalité de cet appel à des travailleurs à l'externe. « Vous me permettrez de ne pas faire le débat juridique ici », a-t-elle dit en entrevue téléphonique à Radio-Canada.

On a travaillé avec nos procureurs pour s'assurer que l'appel d'offres respecte les lois du travail en vigueur.

Caroline Brassard, directrice de l'enseignement et de la recherche à l'Université TELUQ

L'Université TELUQ s'était retrouvée dans la tourmente, l'an dernier, justement pour avoir fait appel à des travailleurs du privé.

Caroline Brassard assure que la situation n'est pas la même, d'autant plus que, cette fois, il y a appel d'offres. « Nous sommes dans une situation d'urgence dans le cas qui nous occupe. On veut permettre aux étudiants de terminer leurs cours. » 

Des briseurs de grève, selon le syndicat

Le syndicat s'explique mal la décision de lancer un appel d'offres plutôt que d'accélérer le processus de négociation.

Depuis le début de la grève, à la fin du mois de janvier, seules trois rencontres ont été tenues entre les parties.

« On ne comprend pas le geste de la TELUQ à ce moment. Pour nous, il y avait urgence d'agir, de négocier, de régler », a lancé Nancy Turgeon, présidente du Syndicat des tuteurs et tutrices de la TELUQ (CSN).

Mme Turgeon souligne que la TELUQ a tout intérêt à régler le conflit.

Il y a environ 10 000 étudiants qui sont sans service d'encadrement depuis plus d'un trimestre. La TELUQ a affirmé qu'il y avait 60 % moins d'inscriptions cet été par rapport au trimestre de l'été dernier.

Nancy Turgeon, président du Syndicat des tuteurs et tutrices de la TELUQ

Nancy Turgeon ne cache pas que l'appel d'offres « envenime » la situation. Le Syndicat n'hésite pas à qualifier les futurs travailleurs contractuels comme des « briseurs de grève ».

Valeur des diplômes

Le Syndicat soutient que le principal débat de cette négociation concerne la sauvegarde d'emplois des tuteurs et tutrices d'expérience. « C'est l'enjeu principal depuis le début. »

Le Syndicat craint un effritement de la qualité de la formation si la prochaine convention collective ne protège par les emplois des tuteurs.

Toujours selon le Syndicat, et la direction ne s'en cache pas, leurs tâches sont de plus en plus confiées à d'autres employés.

« La TELUQ cherche à remplacer les tuteurs d'expérience par de nouvelles catégories d'emploi », a soutenu Mme Turgeon, qui avance que ce personnel a moins d'expérience ou de qualifications que les tuteurs et tutrices.

La direction réplique qu'elle veut impliquer davantage le corps professoral dans l'accompagnement des étudiants. Caroline Brassard assure que ces employés ont pour la plupart des doctorats ou des postdoctorats.

Elle rejette l'idée selon laquelle la qualité des diplômes soit diminuée. Mme Brassard assure que les tutrices et tuteurs auront toujours un rôle « dans la stratégie », mais n'a pas précisé lequel.

Une rencontre de négociations est prévue pour le 18 juin.

Québec

Éducation