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Sainte-Marthe-sur-le-Lac : l'automobiliste qui a foncé sur un immeuble accusé

Des bornes en béton devant une façade réparée au contreplaqué.
Des réparations de fortune ont été effectuées au centre communautaire de Sainte-Marthe-sur-le-Lac. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

L'homme de 38 ans qui a lancé mercredi son véhicule contre le centre communautaire de Sainte-Marthe-sur-le-Lac a comparu devant la justice. Il reviendra en cour le 15 juillet, après un mois d'évaluation de sa santé mentale.

L'individu en question, Jean-François Chénier, a été accusé d'agression armée, de conduite dangereuse, ainsi que d'avoir endommagé un bien d'une valeur dépassant 5000 $ lorsqu'il a foncé dans le bâtiment municipal.

De telles accusations pourraient lui valoir une peine allant jusqu'à 10 ans d'emprisonnement.

La défense et la poursuite ont demandé conjointement que l'état psychiatrique de l'accusé soit évalué. Ce dernier reviendra en cour dans un mois.

D'ici là, le ministère public s'est opposé à sa remise en liberté, notamment pour des raisons de sécurité du public.

L'accusation d'agression armée a été étendue pour comprendre l'ensemble des personnes qui se trouvaient dans le centre au moment des faits, soit des employés de la Sécurité civile et des bénévoles de la Croix-Rouge.

« Un geste inconcevable »

Le geste, survenu mercredi soir vers 18 h, a rapidement été jugé délibéré par les policiers.

Après qu'on lui eut refusé de l'aide financière relativement aux importantes inondations qui ont forcé l'évacuation d'une bonne partie de la municipalité, à la suite du bris d'une digue, M. Chénier serait monté à bord de son véhicule avant de foncer dans la façade vitrée du centre communautaire, qui sert également de centre pour l'aide aux sinistrés.

Arrêté sur place, il a été transporté à l'hôpital, entre autres pour y évaluer sa santé mentale.

Quelques heures après l'événement, on a appliqué des plaques de contreplaqué pour boucher le trou béant laissé par l'accident, et placé des blocs de béton pour protéger l'accès à la façade du centre qui donne sur le stationnement.

Les activités doivent reprendre vendredi.

« C'est triste que ce monsieur-là ait fait ce geste-là, parce que dans le fond, ça ne lui apporte rien », a déclaré la mairesse de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, Sonia Paulus.

« Et ce n'est pas parce qu'on ne s'est pas occupé de lui; toute la journée, des gens se sont occupés de lui. Malheureusement, il a posé un geste inconcevable », a-t-elle ajouté.

À Québec, le premier ministre François Legault a soutenu que son gouvernement « fait tout ce qu'il est possible d'être fait », mais qu'il est « impossible d'éviter une certaine détresse chez des personnes qui ont perdu leur maison ».

Une détresse perceptible

La détresse, justement, marque la vie de nombreux sinistrés de Sainte-Marthe-sur-le-Lac. Tout près de la digue qui retient les eaux du lac des Deux Montagnes, une résidente, Sophie Lajoie, est forcée de vivre dans une roulotte avec son conjoint et ses deux enfants depuis les inondations.

Le reportage de Julie Marceau

À quelques pas de là, sa maison est toujours debout, mais à l'intérieur, il n'en reste plus que le squelette. Les planchers et les murs, gâtés par les eaux, ont été arrachés pour ne laisser que les poutres et les fils électriques.

Face au geste commis par Jean-François Chénier, geste qui a été désapprouvé par les autres sinistrés de la municipalité, Mme Lajoie dit toutefois « comprendre un peu » la frustration de l'individu en question.

« On est à bout de souffle, on est fatigués, on veut savoir où on va », mentionne-t-elle.

« C'est un geste que l'on ne cautionne pas, mais on a vu que c'est un exemple qui représente bien le grand désespoir, la grande détresse que l'on voit dans notre quartier depuis les dernières semaines », poursuit une autre sinistrée, Myriam Sabourin.

Le gouvernement doit annoncer lundi les règles qui régiront la construction et la reconstruction dans les zones touchées par les inondations.

Avec les informations de Pascal Robidas et Julie Marceau

Grand Montréal

Justice et faits divers