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Les ministres des Finances coordonnent leur lutte contre le blanchiment d'argent

Des billets de devises canadiennes.
Un récent rapport estime à près de 47 milliards de dollars le total de l’argent blanchi au Canada en 2018. Photo: Getty Images / joshlaverty
Adrien Blanc

Afin de lutter contre le blanchiment d’argent, l’identité réelle des bénéficiaires de transferts de fonds entre entreprises a été abordée lors d’une réunion des ministres des Finances du Canada jeudi.

À la sortie de la rencontre à Vancouver, le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, a fait savoir que les discussions avaient d'abord porté sur les transactions financières internationales et nationales. Nous avons discuté non seulement des moyens de savoir qui possède certaines entreprises, mais aussi du partage de ces informations, a-t-il indiqué.

M. Morneau, en compagnie du ministre de la Réduction du crime organisé, Bill Blair, a dit que le Manitoba et l'Ontario semblaient particulièrement désireux de rendre plus transparente la propriété réelle, c'est-à-dire la destination finale des fonds que s'échangent les entreprises.

La Colombie-Britannique s'est déjà engagée à tenir un registre des bénéficiaires réels de la vente et de l'achat de maisons, dont l'identité peut être différente du nom inscrit sur le contrat de vente quand la transaction est faite par le biais d'une entreprise.

Au début du mois de mai, un comité d'experts a estimé que 7,4 milliards de dollars ont été blanchis en Colombie-Britannique en 2018. La ministre des Finances de la province, Carole James, a noté que le recyclage de l'argent sale fausse l'économie, alimente la crise des opioïdes et fait grimper les prix de l'immobilier.

Le ministre fédéral des Finances a aussi annoncé l'octroi de 10 millions de dollars supplémentaires à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) pour renforcer la coordination des différents services dans la lutte contre le blanchiment d'argent. Il a rappelé que le budget 2019 prévoit près de 160 millions de dollars pour les moyens d'enquête sur le blanchiment d'argent.

Avant la réunion ministérielle, le procureur général de la Colombie-Britannique, David Eby, avait affirmé : Sans un engagement financier important du gouvernement pour faire respecter la loi et le paiement des impôts en Colombie-Britannique, les familles qui travaillent dur et respectent les règles continueront à être désavantagés par rapport aux criminels et aux tricheurs.

Un problème national

Bill Morneau a plusieurs fois félicité la Colombie-Britannique pour avoir été à la tête de la lutte contre le recyclage de l'argent sale, notamment dans l'immobilier. Nous devons aborder le problème de manière coordonnée à l'échelle nationale. C'est de juridiction provinciale, mais je pense que tout le monde autour de la table a reconnu l'importance du problème , a-t-il déclaré.

Carole James a déjà fait remarquer que le blanchiment d'argent ne s'arrête pas aux frontières de la Colombie-Britannique. C'est un problème national, et le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux doivent agir avec force a-t-elle dit dans un communiqué.

Bill Morneau a aussi annoncé que le gouvernement fédéral collaborerait plus étroitement avec les barreaux des différentes provinces dans la lutte contre le blanchiment d'argent.

Un des rapports sur le blanchiment d'argent en Colombie-Britannique recommande par exemple que les avocats de la Colombie-Britannique qui participent aux démarches juridiques signalent les transactions suspectes aux autorités fédérales, comme le font les notaires.

Colombie-Britannique et Yukon

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