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Un projet de loi pour retarder l’arbitrage salarial des fonctionnaires albertains

Des infirmières passent dans un couloir d'hôpital.

Le gouvernement a déjà obtenu de reporter les discussions avec le syndicat des infirmières de l'Alberta.

Photo : Radio-Canada

Laurent Pirot

Le gouvernement conservateur albertain veut retarder un arbitrage salarial prévu par plusieurs conventions collectives de la fonction publique et n’exclut pas de légiférer ensuite pour revoir les salaires à la baisse.

Les syndicats dénoncent le projet de loi 9 comme une « attaque » contre les bonnes relations entre les employés et y voient la première étape d’une stratégie visant à obtenir des baisses de salaire sans négociation.

Le projet de loi propose de repousser jusqu’au 31 octobre les arbitrages salariaux prévus dans 24 conventions collectives concernant plusieurs dizaines de milliers d’employés.

Deux ans de gel de salaire

Les syndicats avaient accepté deux ans de gel de salaire contre la promesse de rouvrir les négociations en 2019. Les premières réunions en vue d’un arbitrage ont déjà eu lieu, tandis que d’autres devaient commencer à l’automne.

« Nous souhaitons simplement un délai », a plaidé le ministre des Finances, Travis Toews. Il juge que c’est une « chose raisonnable », parce que le gouvernement a demandé à un groupe d’experts de lui donner des conseils sur la façon de réduire les dépenses de la province cet été.

« Le groupe [présidé par Janice] McKinnon va proposer des options pour ramener la province à l’équilibre », a ajouté le ministre.

« Simple délai »

Il n’a pas écarté l’idée d’un autre projet de loi pour forcer les fonctionnaires à accepter une baisse de salaire. « Nous n’avons pris aucune décision à ce sujet. C’est pour ça qu’il est si important pour nous d’entendre ce que le groupe McKinnon aura à nous dire ».

Le président du principal syndicat de la fonction publique albertaine, Guy Smith, a dénoncé ce qu'il qualifie d'une attaque contre les négociations avec les syndicats et une violation des droits garantis par la Charte canadienne des droits et libertés.

Le projet de loi 9 est un abus du pouvoir législatif du gouvernement et il rompt des contrats qui lient le gouvernement.

Guy Smith, président du Syndicat albertain de la fonction publique

Les responsables syndicaux s'attendent à ce que ce projet de loi soit suivi, à l’automne, d’un autre pour imposer des baisses de salaires.

Le projet de loi du gouvernement ne porte pas sur un report. Il vise à rompre un contrat et à imposer des baisses de salaires.

Gil McGowan, président de la Fédération des travailleurs de l’Alberta

Les syndicats ont menacé de saisir les tribunaux et n’écartent pas des actions plus fortes. « Si je ne peux pas garantir la stabilité d’une convention collective, alors je ne peux pas garantir la paix sociale pour cette province », a menacé Mike Parker, le président de l’Association des professionnels de la santé.

La chef de l’opposition néo-démocrate, Rachel Notley, juge que le gouvernement manque de respect envers ses employés en menaçant de contourner la négociation par la loi.

Ses députés ont promis de s’opposer fermement à ce projet de loi. Ils ont d’ailleurs forcé la tenue d’un vote lors de la première lecture du texte.

La tradition est plutôt que les députés acceptent à l’unanimité le dépôt d’un projet de loi avant d’en débattre par la suite.

Alberta

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