•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Québec dépose le projet de loi 31 pour élargir les pouvoirs des pharmaciens

Le premier ministre François Legault serre la main de la ministre de la Santé, Danielle McCann.

Le premier ministre François Legault serre la main de la ministre de la Santé, Danielle McCann.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

La ministre de la Santé, Danielle McCann, a déposé jeudi le projet de loi 31 – Loi modifiant principalement la Loi sur la pharmacie afin de favoriser l'accès à certains services – afin d'élargir les pouvoirs des pharmaciens.

« Après les infirmières praticiennes spécialisées et les hygiénistes dentaires, les pharmaciens pourront maintenant à leur tour profiter d’un élargissement de leur champ de compétence pour mieux servir les Québécois », a déclaré la ministre, jeudi.

« Nous sommes extrêmement heureux de pouvoir collaborer avec le ministère et son équipe afin d’élargir les soins à la population », a pour sa part indiqué le président de l'Ordre des pharmaciens du Québec, Bertrand Bolduc.

Ce projet de loi apporte des modifications visant à ajouter des activités réservées aux pharmaciens dans le cadre de l'exercice de la pharmacie.

Le projet de loi prévoit ainsi que, dans certains cas ou selon des conditions et modalités déterminées par règlement, les pharmaciens pourront :

  • prescrire et administrer des vaccins et, en situation d'urgence, certains autres médicaments;
  • prescrire tous les médicaments en vente libre;
  • administrer un médicament par voie intranasale;
  • ajuster ou prolonger les ordonnances de tous les prescripteurs, non seulement celles des médecins;
  • cesser une thérapie médicamenteuse selon une ordonnance ou à la suite d'une consultation effectuée à la demande d'un prescripteur;
  • substituer au médicament prescrit un autre médicament même s'il n'appartient pas à la même sous-classe thérapeutique;
  • prescrire et interpréter non seulement des analyses de laboratoire, mais tout autre test, aux fins du suivi de la thérapie médicamenteuse.

Enfin, le projet de loi prévoit que les pharmaciens pourront évaluer la condition physique et mentale d'une personne dans le but d'assurer l'usage approprié des médicaments.

Comment seront-ils payés?

Maintenant qu'une loi est en cours de processus d'adoption, une grande question demeure : quel sera le mode de rémunération des pharmaciens pour les nouveaux gestes qu'ils poseront? Est-ce que ces nouveaux actes seront couverts par la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ)?

La ministre et les pharmaciens sont toujours en négociations à ce sujet. « Je ne peux pas vraiment répondre à ce moment-ci. Il y a beaucoup de choses encore à discuter sur le mode de rémunération des pharmaciens, qu’il faut moderniser. Il faut prendre le temps de faire ces travaux, les discussions vont bien, les échanges sont francs, nous allons arriver à bon port, mais il faut prendre le temps de bien faire les choses. On vise la gratuité pour le citoyen », a dit la ministre McCann, jeudi après-midi.

À l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP), on salue la volonté du gouvernement de faire ainsi appel aux plus de 2000 pharmacies du Québec, mais on rappelle aussi qu'il « sera important de donner aux pharmaciens les moyens de mettre en place cet ambitieux projet ».

« Il est nécessaire de revoir le mode de rémunération, qui n’a pas évolué depuis les années 70 », a indiqué jeudi le président de l'AQPP, Jean Thiffault.

Entrevue avec Jean Thiffault, président de l'Association québécoise des pharmaciens propriétaires, au Téléjournal 18 h

Les pharmaciens propriétaires identifient en grande majorité les frais imposés aux patients – la franchise et la coassurance – comme le principal obstacle à l’accroissement de leur participation à la première ligne de soins, a aussi expliqué M. Thiffault.

« Les patients ne veulent pas ou ne peuvent pas payer pour des services qu’ils obtiennent gratuitement ailleurs. Il s’agit d’un obstacle qu’il faudrait régler rapidement », a-t-il dit, jeudi.

« Il y a une volonté tellement grande que je pense qu’on va régler ça dans de bons délais », a conclu la ministre McCann.

Avec les informations de La Presse canadienne

Politique provinciale

Politique