•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Louise et Nicolas, une histoire d’immigration comme les autres?

Louise Alcaraz et Nicolas David devant leur boulangerie au Bic

Photo : Jean-Pierre Perouma

Jean-Pierre Perouma

Louise Alcaraz, vendeuse en boulangerie, et Nicolas David, boulanger, sont originaires de la France. Avec leurs deux enfants, ils ont choisi de s’installer au Bic. Propriétaires de leur propre entreprise, ils ont dû affronter vents et marées pour immigrer. Retour sur un parcours d’immigration pas si unique.

Louise et Nicolas découvrent le Québec en 2014 pendant leurs vacances. Durant leur périple, la famille fait escale au Bic et rencontre les propriétaires de la boulangerie Folles farines.

Ce séjour amène Louise et Nicolas à s'interroger sur les possibilités de venir travailler et vivre au Québec. Face aux délais et ce qui leur a semblé de vrais méandres administratifs, ils renoncent à ce projet.

Ils retournent en France, non sans que Louise explique à Nicolas que s'ils doivent venir vivre un jour au Québec, elle souhaite que ce soit à Tadoussac ou bien au Bic.

En juillet 2017, la propriétaire de la boulangerie contacte Nicolas : elle a besoin de lui. Cet appel renouvelle l’intérêt de la famille à venir vivre et travailler au Québec. Sauf que cela implique de lancer des démarches administratives, mais aussi de vendre la boulangerie dont Nicolas et Louise sont propriétaires.

Les procédures pour immigrer, c'est vraiment très long et très compliqué, ça demande vraiment de l'investissement.

Louise Alcaraz

Le futur employeur doit tout d’abord lancer une information sur le marché du travail (IMT). Cette démarche permet de valider que le besoin de main-d’oeuvre d’un employeur ne peut être comblé faute de personnel disponible et qualifié sur le marché du travail québécois. En parallèle, Nicolas et Louise doivent préparer leur départ éventuel.

Pendant un an, il a fallu trouver une solution pour que je puisse arriver le plus vite possible.

Nicolas David

Cette période, Nicolas la qualifie de 12 travaux d’Astérix, référant à la bande dessinée où le héros doit affronter les dédales administratifs de la maison des fous. Cette période dure dix mois où se cumulent stress, motivation, pleurs et heurts entre les époux.

Dans ces cas-là, on appelle nos ancêtres et on leur demande : "s'il-vous-plaît, aidez-nous!"

Louise Alcaraz

Finalement, Louise et Nicolas obtiennent leur visa pour venir travailler au Québec. Leur boulangerie est vendue le 27 avril 2016, deux jours avant leur départ pour le Québec.

Mais pas de répit pour la famille. Il faut arriver, s’installer dans un nouveau logement, se meubler, et régulariser sa situation au regard de la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ) et autres administrations. En parallèle, Nicolas commence à travailler en mai. Il se retrouve seul à la production, sept jours sur sept durant treize mois.

Césarine et Alexandre, leurs deux enfants, doivent amorcer leur scolarité et se faire de nouveaux amis tout en vivant le choc culturel incontournable pour tout nouvel arrivant. Cette acclimatation ne se fait pas sans heurt, notamment pour Alexandre. Heureusement, avec le temps, sa vie québécoise a fini par le ravir.

Pour Alexandre ça a été plus dur [...]. C'est un travail à faire sur soi, mais c'est pas évident. [...] Césarine, elle, le dit : je suis Québécoise.

Nicolas David

Depuis quelques mois, le couple s’est porté acquéreur de la boulangerie Folles farines et poursuit maintenant le développement de l’entreprise. Ce ne sont pas moins de 12 personnes qui travailleront cet été, ce qui représente quatre fois plus de personnel qu’à l’arrivée de Nicolas.

Au final, le couple ne regrette pas d’avoir plongé dans cette aventure. Si ce n’est des aléas administratifs et des délais de traitement des demandes qui handicapent leur enracinement dans la région qu’ils ont choisie.

Ils le disent, ils invitent celles et ceux qui souhaiteraient tenter l'expérience québécoise à venir en région. Parce que le Québec, c’est dans les régions.

C'est une super expérience de vie, je regrette rien personnellement. Je le referais sans hésiter malgré les cheveux blancs que ça peut donner.

Louise Alcaraz

S’ils avaient un souhait qu'ils pouvaient réaliser, ce serait justement de réduire les délais d’instruction et surtout d'obtenir la citoyenneté maintenant. Comme beaucoup d’autres immigrants, l’accès à la citoyenneté est à l’image de la quête du Graal : fastidieuse et engageante.

Bas-Saint-Laurent

Immigration