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Une guêpe asiatique à l'assaut de l'agrile du frêne

Agrile du frêne. Photo: Radio-Canada / Daniel Coulombe
David Rémillard

Faute d'ennemis en sol québécois de l'agrile du frêne, Ressources naturelles Canada fait appel à une guêpe asiatique pour en venir à bout ou du moins en limiter la prolifération.

Des mini-guêpes asiatiques (Tetrastichus planipennisi) ont été relâchées jeudi matin au parc du Bois-de-Coulonge, à Québec, dans le cadre d'un projet de recherche de Ressources naturelles Canada.

Ces guêpes, originaires d'Asie, tout comme l'agrile, sont des prédateurs naturels du coléoptère indésirable. De la taille d'une tête d'aiguille, elles sont inoffensives pour l'humain, précise-t-on.

Quelque 3000 femelles de cette espèce seront relâchées au cours de la saison estivale, au Bois-de-Coulonge, mais aussi sur les plaines d'Abraham, lieux connus pour la présence de l'agrile dans la capitale.

Tête chercheuse

Les guêpes ont été insérées dans des bûchettes, lesquelles contenaient des larves d'agriles.

Tels des missiles à tête chercheuse, elles ont la capacité de détecter leur cible sous l'écorce.

8CF67C13-78DF-46DA-9C22-9EA8923FFA3DCes bûchettes contiennent des mini-guêpes prêtes à éclore et à s'attaquer aux larves d'agrile du frêne. Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Selon les explications des chercheurs de Ressources naturelles Canada, les parasitoïdes pondent leurs oeufs directement dans les larves d'agrile.

« Les parasitoïdes sont [donc] prêts à sortir et aller chercher de l'agrile pour l'attaquer », explique Véronique Martel, chercheuse en entomologie à Ressources naturelles Canada.

Adversaire coriace

Ce nouveau projet s'ajoute à d'autres mesures prises par les autorités de la Ville de Québec et ailleurs en province pour lutter contre l'agrile du frêne, détecté pour la première fois dans la capitale en 2017.

Il existe déjà les traitements de TreeAzin pour les propriétaires de frênes, ou encore l'abattage pur et simple des arbres. D'autres expériences ont été menées avec un champignon.

Traitement d'un frêne atteint par l'agrile.Un frêne traité avec du TreeAzin, à Montréal. Photo : Radio-Canada

« Tout ça est complémentaire. Pour lutter contre l'agrile du frêne, on va utiliser différents outils, de façon à réduire les niveaux de population », explique Robert Lavallée, chercheur en gestion des ravageurs forestiers.

Malgré ces moyens, vaincre un tel adversaire relève probablement de l'impossible, de l'avis des experts. « Le terme ''éradication'' ne s'applique pas dans le cas de l'agrile du frêne », soutient M. Lavallée.

C'est un insecte qui est trop furtif, il nous échappe tout le temps.

Robert Lavallée, chercheur scientifique, gestion des ravageurs forestiers

Détecté en 2002

L'agrile du frêne a été détecté en Amérique du Nord en 2002 à Détroit. Sa présence pourrait toutefois remonter aux années 1990, selon Ressources naturelles Canada.

Les scientifiques du Service canadien des forêts (SCF) estiment que les coûts des traitements, d’enlèvement et de remplacement des arbres touchés par l’agrile du frêne dans les municipalités canadiennes peuvent atteindre 2 milliards de dollars sur une période de 30 ans.

Avec les informations de Mireille Roberge

Québec

Environnement