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La taxe sur le carbone devra augmenter pour atteindre les cibles canadiennes

Le pistolet d'une pompe à essence dans une station service du Nouveau-Brunswick

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Marc Godbout

Pour respecter les engagements du Canada en vertu de l’Accord de Paris, une hausse substantielle de la tarification sur le carbone sera nécessaire. Le directeur parlementaire du budget prévient que le prix imposé en 2030 devra être cinq fois plus élevé qu’aujourd’hui.

De combien de dollars le prix du carbone devra-t-il augmenter pour que le Canada respecte ses engagements en vertu de l’Accord de Paris?

Le directeur parlementaire du budget (DPB) a calculé la réponse. Il avertit les Canadiens qu’une tarification supplémentaire du carbone, de 6 $ la tonne en 2023 à 52 $ en 2030, sera nécessaire.

C’est la conclusion d’Yves Giroux dans un nouveau rapport qui risque de faire du bruit à Ottawa. Sa publication survient dans un contexte préélectoral et à quelques jours du dévoilement du plan environnemental du Parti conservateur.

Une image de la page couverture du rapport

La page couverture du rapport du directeur parlementaire du budget, Yves Giroux

Photo : Radio-Canada / Marc Godbout

Le Canada s’est engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 30 % d’ici 2030, par rapport à 2005. La cible canadienne porterait ainsi les émissions totales du pays à 513 mégatonnes. Mais les projections du ministère de l’Environnement et du Changement climatique prévoient que le Canada sera à court de 79 mégatonnes.

Les modèles de simulation utilisés par le DPB démontrent que pour combler cet écart, une tarification supplémentaire du carbone serait nécessaire à compter de 2023 jusqu’en 2030. Selon ces calculs, en 2030, le prix devrait atteindre 102 $, soit plus de cinq fois la taxe actuelle.

Ça voudrait dire 23 ¢ de plus le litre comparativement à avant l’entrée en vigueur de la tarification fédérale

Yves Giroux, directeur parlementaire du budget

Le régime fédéral de tarification du carbone prévoit, pour l’instant, une hausse graduelle du prix jusqu’en 2022. D’ici là, le tarif doit passer de 20 $ la tonne, son prix actuel, à 50 $.

Malgré tout, selon Yves Giroux, la tarification du carbone demeure la façon la moins coûteuse d'atteindre la cible de réduction des gaz à effet de serre.

L’expérience de plusieurs pays démontre qu’une taxe est plus efficace qu’une intervention ciblée

Yves Giroux, directeur parlementaire du budget

Il note également que la tarification supplémentaire du carbone réduirait de manière « assez modeste » le taux de croissance annuelle du PIB réel entre 2023 et 2030. Celui-ci serait réduit de 0,04 point de pourcentage.

Dans son analyse, Yves Giroux suppose qu’après 2022, la tarification supplémentaire s’appliquerait à l’ensemble des provinces et des territoires, ainsi qu’à tous les secteurs sauf à celui de l’agriculture. Elle ne tiendrait pas compte de certains changements qui pourraient survenir en cours de route, indique Yves Giroux.

S’il y a des avancées technologiques qui font en sorte qu’on est en mesure de réduire les émissions à effet de serre, on n’aura pas besoin de tarifer autant, ou si le prix du pétrole augmente de façon phénoménale, les gens vont se tourner vers des énergies qui sont moins intensives en carbone.

Yves Giroux, directeur parlementaire du budget

Le directeur parlementaire du budget indique qu’il a lui-même pris l’initiative de mener cette analyse compte tenu de l'importance de cet enjeu et du fait que le plan du gouvernement Trudeau s'arrête en 2022.

Entrevue avec Steven Guilbeault à l'émission 24/60

Scheer saute sur l'occasion

Il n'en fallait pas plus au chef du Parti conservateur du Canada, Andrew Scheer, afin de rappeler que selon lui, la tarification sur le carbone est une mauvaise politique publique.

« La taxe sur le carbone de Trudeau n'est pas un plan sur les émissions, c'est un plan pour prendre votre argent », a-t-il publié sur Twitter peu de temps après la publication du rapport du DPB. Il a ajouté que la hausse du prix de l'essence de 22 ¢ évoquée par M. Giroux est cinq fois plus élevée que prévu.

On s'attend à ce que les conservateurs présentent leur propre plan en matière d'environnement, qui de toute évidence ne proposera pas de tarifer le carbone, la semaine prochaine.

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