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Sainte-Marthe-sur-le-Lac : Québec affirme comprendre la détresse des sinistrés

Geneviève Guilbault devant les caméras en mêlée de presse.
La ministre québécoise de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault Photo: Radio-Canada / Ivanoh Demers
Radio-Canada

Le sinistré des inondations du printemps qui a foncé mercredi avec son véhicule sur les bureaux d'aide aux victimes à Sainte-Marthe-sur-le-Lac devra répondre à des accusations d'agression armée et de conduite dangereuse. Le gouvernement assure pour sa part être tout à fait conscient du niveau de détresse auquel font face les personnes qui vivent ces inondations.

L'homme de 38 ans venait, peu auparavant, de se faire montrer la sortie des lieux par les forces de l'ordre. Les employés de la Croix-Rouge avaient appelé la police, car l'homme manifestait une certaine agressivité, a indiqué l'agent Christopher Harding.

Il y avait de huit à dix employés et bénévoles des services d'aide à l'intérieur de l'édifice, a indiqué la Croix-Rouge. Les policiers qui étaient intervenus quelques minutes plus tôt s'y trouvaient encore au moment où la voiture a foncé dans l'édifice.

Une voiture gît à l'intérieure d'un immeuble aux vitrines défoncées.Le centre communautaire qui abrite le centre d'aide aux sinistrés de Sainte-Marthe-sur-le-Lac a été lourdement endommagé. Photo : Radio-Canada / Louis de Belleval

Selon toute vraisemblance, il s'agit d'un geste intentionnel, a indiqué M. Harding, de la Régie de police du Lac des Deux-Montagnes.

L'homme a été transporté à l'hôpital de Saint-Eustache par mesure préventive et pour évaluer sa santé mentale a affirmé M. Harding.

L'individu a comparu jeudi au palais de justice de Saint-Jérôme.

Le centre d'assistance de la Croix-Rouge sera quant à lui fermé toute la journée.

Nos activités sont suspendues pour demain et devraient reprendre vendredi, a dit Carl Boisvert, de la Croix-Rouge, évoquant un programme d'aide pour les employés.

Des policiers se tiennent à l'extérieur de la bâtisse. On voit qu'une partie de la baie vitrée manque et que la voiture est encastrée dans un mur, plus loin dans le bâtiment.Un homme a foncé avec sa voiture sur les locaux qui hébergeaient temporairement les bureaux pour les sinistrés des inondations, à Sainte-Marthe-sur-le-Lac. Photo : Radio-Canada / Alain Béland

Une « détresse palpable » dans la communauté

Questionnée jeudi à l'entrée du caucus de la Coalition avenir Québec (CAQ) sur la détresse que vivent les citoyens dans les zones inondées ce printemps, la ministre de la Sécurité publique du Québec, Geneviève Guilbault, a assuré que son gouvernement est tout à fait conscient de la situation.

On comprend très bien la détresse des gens sinistrés, notamment de Sainte-Marthe-sur-le-Lac. On comprend tout à fait la détresse dans laquelle ils peuvent vivre, mais ce genre de geste, c’est inacceptable.

Geneviève Guilbault, ministre québécoise de la Sécurité publique

« Je veux rappeler notre gratitude envers nos équipes. Elles sont toujours sur le terrain pour offrir cette aide aux citoyens. On travaille pour que le centre communautaire qui abritait notre bureau puisse rouvrir dès que possible », a pour sa part assuré la ministre Guilbault.

Mercredi, les commentaires se multipliaient sur les réseaux sociaux, où des sinistrés ont critiqué les délais et certaines incohérences des programmes d'aide qui exaspèrent les citoyens dont les maisons ont été inondées par des crues historiques au début du printemps.

Nous ne cessons de mentionner aux élus et aux personnes responsables qu’il y a une détresse palpable dans notre communauté. Je sais que le réseau de la santé est très sollicité, et il déploie d’ailleurs de très nombreux intervenants psychosociaux que je croise de façon très régulière sur le terrain. Mais la longue attente et tout le processus plein d’incohérences dans lequel les sinistrés doivent passer auprès du MSO [ministère de la Sécurité publique] sont un facteur de blessure en soi, a fait valoir Myriam Sabourin.

Mme Sabourin faisait partie d'un groupe de six familles de Sainte-Marthe-sur-le-Lac qui s'est rendu à l’Assemblée nationale récemment pour réclamer une aide spéciale du gouvernement en raison de la détresse des sinistrés.

Les travailleurs sociaux sont sur le territoire. […] Ils sont là toute la journée et ils travaillent très fort avec la population, mais ce n’est pas toutes les personnes qui pensent de venir ici.

Sonia Paulus, mairesse de Sainte-Marthe-sur-le-Lac

Selon la mairesse Paulus, qui est elle-même une sinistrée des inondations, ce qui met le moral de ses concitoyens à rude épreuve, c'est l'incertitude qui entoure actuellement la redéfinition des zones inondables par le gouvernement du Québec, car si l'emplacement de leur maison est déclaré zone inondable, les propriétaires inondés ne pourront pas reconstruire au même endroit. En attendant le verdict de Québec, ils doivent attendre.

Ce qui est le plus long pour la population actuellement, c’est de savoir : est-ce qu’on est en zone inondable ou si on ne le sera pas? C’est ça l’enjeu actuellement pour la population.

Sonia Paulus, mairesse de Sainte-Marthe-sur-le-Lac

Pendant ce temps, la mairesse a fait installer des cloches de béton devant le centre communautaire de la ville pour éviter qu’un autre incident du genre se produise.

Les sinistrés peuvent obtenir du soutien en composant le 1 866 appelle.

Justice et faits divers