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Génocide acadien : un sujet clos, selon l'historien Maurice Basque

L'historien Maurice Basque lors d'un passage en studio.
Maurice Basque, historien et professeur à l'Université de Moncton. Photo: Radio-Canada
Jessica Savoie

Devrait-on qualifier le Grand Dérangement de génocide des Acadiens? L'historien Maurice Basque revient à la charge après avoir juré, il y a quelques semaines, de ne plus se prononcer sur le sujet. Il rompt son silence pour conseiller aux gens « de ne pas se faire manipuler par des personnes qui ont très peu de crédibilité sur cette question ».

Le débat est très présent sur la place publique : comment devons-nous qualifier le passé des Acadiens?

La discussion a récemment été relancée par la Coopérative des Arcadiens, avec comme porte-parole l'ancien ministre libéral et ancien maire de Kedgwick, Jean-Paul Savoie.

Maurice Basque, historien et professeur à l'Université de Moncton, s'était lancé dans le débat, avant de promettre que c'était la dernière fois qu'il abordait le sujet. Toutefois, en voyant la place que prend cette discussion dans la place publique, il ne peut faire autrement que de réagir.

En bon Acadien, je vais le dire, ça m'énerve. C'est comme si on n'avait pas fait de recherche sur la question.

Maurice Basque, historien

L'historien est déçu que le débat soit encore si présent. Il se dit surpris de la décision du président de la Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB), Robert Melanson, de faire une place à cette question lors de la prochaine réunion. À son avis, ce n'est pas une question qui touche tout le monde.

Je peux comprendre la décision de cet organisme, mais je suis surpris quand même que je ne vois personne d'autre que ces quelques individus que ça touche vraiment , dit-il.

Pour Maurice Basque, c'est une question qui a été réglée il y a bien longtemps.

Il précise que la majorité des historiens et des historiennes ont étudié la question dans le passé et que ces derniers s'entendent sur le fait que l'intention réelle des Britanniques n'était pas de faire disparaître physiquement les Acadiens.

Les historiens, depuis des décennies, des sociologues, des juristes bien connus se sont posé la question. Je ne dis pas que tous les professionnels sont d'accord sur la question, mais la grande majorité oui , ajoute-t-il.

Il dit n'avoir aucun problème à ce qu'on discute et argumente sur l'histoire ou à ce qu'on érige un monument à l'effigie des Acadiens. Il croit simplement que le débat sur le terme «  génocide » n'a pas sa place.

Il y a des gens qui ne seront jamais convaincus avant qu'ils aient les mots "génocide acadien" de placardés partout.

Maurice Basque, historien

Aux yeux de l'historien, c'est une question pour laquelle on risque de ne jamais avoir de consensus. Toutefois, il croit important de bien s'informer sur le sujet des deux côtés de l'histoire avant de se faire sa propre idée sur le débat.

Il y a tellement d'autres priorités en Acadie, que ce soit l'environnement, le vieillissement de la population, l'éducation. Je ne vois pas pourquoi on doit encore une fois concentrer de l'énergie et des efforts parce que le groupe de Restigouche décide de créer un monument , conclut-il.

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