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Les Autochtones surreprésentés dans les rues de Vancouver

Un homme assis sur un sac poubelle contenant des canettes, d'autres sacs l'entourent sur le trottoir.

Un itinérant dans le quartier Downtown Eastside, à Vancouver.

Photo : Radio-Canada / Alexandre Lamic

Timothé Matte-Bergeron

Le nombre de sans-abri est en constante augmentation à Vancouver, selon un recensement mené en mars dernier. La Ville a dénombré 2223 itinérants, dont 39 % d’Autochtones.

C’est un nombre record depuis le premier décompte, effectué en 2002. C'est aussi une hausse de 2 % du nombre de sans-abri par rapport à 2018, où ils étaient 2181.

Nous sommes près de la stabilisation, puisque la population de Vancouver a augmenté de 1 % [en un an] affirme le maire, Kennedy Stewart, qui qualifie toutefois la situation d’inacceptable, et appelle à un meilleur financement de la part des autres ordres de gouvernement.

Les sans-abri, selon la définition de la Ville, sont des personnes qui vivent soit dans la rue, soit dans un refuge, ce qui comprend ceux qui se trouvaient dans un établissement de santé au moment de l’exercice. Parmi eux, 614 vivaient dans la rue, les autres étaient dans des hôpitaux ou des refuges. Ils étaient 659 en 2018.

Surreprésentation des autochtones

La surreprésentation des Autochtones, qui constituent 39 % des sans-abri mais seulement 2 % environ de la population de Vancouver, ne surprend pas Perry Omeasoo, de l’organisme Aboriginal Health.

Ils viennent de partout au Canada, du nord de la Colombie-Britannique et quelquefois, ils n’ont pas les habiletés pour réussir ici: ils doivent s’adapter, apprendre à vivre dans cette société.

Perry Omeasoo

Actif dans le Downtown Eastside depuis plus de 25 ans, Perry Omeasoo affirme qu’il est notamment difficile, pour quelqu’un qui vient d’une petite communauté, d’apprendre à gérer ses finances correctement, particulièrement si on considère le prix élevé du logement dans la région de Vancouver.

Il y a beaucoup de problèmes de pauvreté, de chômage, de dépendance, de santé mentale, qui ont leur origine dans ce qui s’est passé dans les années 1950 et 1960, dit-il, faisant allusion, entre autres, aux pensionnats autochtones.

Par ailleurs, selon le recensement, 6 sans-abri sur 10 vivent dans le quartier Downtown Eastside.

Une femme assise sur une chaise pliante, entournée de toile bleue et de parapluies.

Une femme itinérante dans le quartier Downtown Eastside, où vivent 62 % des sans-abri de Vancouver, selon un décompte effectué par la Ville.

Photo : Radio-Canada / Alexandre Lamic

Des données imprécises

L’ensemble de ces données sont à prendre avec précaution, précise toutefois la Ville, parce qu’elles sont complexes à collecter, mais elles peuvent donner une bonne idée de l’évolution de la situation.

Les responsables du décompte admettent qu'il est possible que le nombre réel de sans-abri soit en fait plus élevé, comme le constatent d’ailleurs des membres d’organismes communautaires.

Avec des informations de Valérie Gamache

Colombie-Britannique et Yukon

Santé publique