•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le groupe d’extrême droite les Soldats d'Odin inquiète à Dawson Creek

Des membres masqués des Soldats d'Odin lors d'une manifestation.

Des membres des Soldats d'Odin présents à Dawson Creek inquiètent certains habitants de la ville.

Photo : Radio-Canada / Maxime Corneau

Radio-Canada

Une pétition des habitants, des publications censurées par Facebook, une réponse ambiguë de la Ville... Le groupe d’extrême droite les Soldats d'Odin donne du fil à retordre aux habitants de Dawson Creek, une petite municipalité dans le nord-est de la Colombie-Britannique qui ne sait trop comment gérer cette présence encombrante.

Dans cette bourgade d'environ 11 000 âmes, certaines s’inquiètent de l’implantation en son sein des Soldats d’Odin, un groupe suprémaciste blanc anti-immigration.  

À l’instar de Stephanie Goudie, une habitante de Dawson Creek qui a lancé une pétition en ligne sur le site Internet change.org.

Stephanie Goudie porte des lunettes assise devant son ordinateur devant une bibliothèque.

Stephanie Goudie, une habitante de Dawson Creek, a lancé une pétition en ligne pour mobiliser les pouvoirs publics.

Photo : Radio-Canada / Sam Martin

Intitulée « Dénoncer les Soldats d’Odin dans la région de Peace », sa lettre critique la participation du groupe extrémiste à des manifestations communautaires.

En 2017 et en 2018, des membres des Soldats d’Odin revêtant le logo de leur organisation ont pris part à la marche « Take Back the Night » à Dawson Creek.

Celle-ci visait à promouvoir la sécurité des femmes, des membres LGBT et d'autres minorités qui pourraient se sentir en danger lorsqu'ils marchent seuls le soir.

Je pense que n’importe quel groupe dont la vision est haineuse et qui encourage la discrimination ne devrait pas être toléré.

Stephanie Goudie
Des gens habillés en noir marchant avec des ballons bleus.

Des membres des Soldats d'Odin à la marche « Take Back the Night », à Dawson Creek, en septembre 2018.

Photo : Dawson Creek Mirror

Ces dernières années, les Soldats d’Odin se sont illustrés dans des manifestations anti-immigration, de Montréal à Vancouver, provoquant parfois des altercations avec leurs opposants.  

L’organisation, née en Finlande, infiltre aussi les activités communautaires et d'autres programmes de surveillance de quartiers « dans le but de blanchir leur image auprès de la population », avancent leurs détracteurs.

« Il est vital de s’exprimer haut et fort contre la haine dans nos communautés, de refuser de travailler ou d’encourager les Soldats d’Odin de quelque manière que ce soit, » peut-on lire dans la pétition que Stephanie Goudie a lancée avec deux autres personnes.  

Celle-ci vise à interpeller les pouvoirs publics, les leaders de la communauté et les candidats municipaux à prendre ouvertement position contre ce groupe néonazi.

La GRC désamorce les craintes  

Un détachement local de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a même fait part de ses observations lors d’un conseil municipal en octobre dernier. Selon le sergent Damon Werrell, la police était au fait du travail de recrutement des Soldats d’Odin et de leur présence dans la région albertaine voisine.

« Depuis qu'ils sont là, il n’y a eu aucun signe d'un quelconque acte criminel associé à ce groupe, » a-t-il affirmé en réunion.

Il n’y a eu aucun élément criminel associé à leurs membres autoproclamés au sein de Dawson Creek jusqu’à présent.

Damon Werrell, agent de la GRC

La police locale n’avait rien à ajouter depuis octobre dernier et les représentants nationaux du groupe ont décliné une entrevue à CBC. Dans un communiqué, la police rappelle seulement qu’elle n’enquête pas à partir des mouvements et des idéologies, mais « sur l’activité criminelle de n’importe quel individu qui constitue une menace pour la sécurité et la protection des Canadiens ».

Un appel à la mobilisation

Le Réseau anti-haine canadien (Canadian Anti-Hate Network) a néanmoins envoyé une lettre à la Ville ainsi qu’à la police, en décembre dernier, les exhortant à « envoyer un message fort de non-soutien aux groupes haineux tels que les Soldats d’Odin. » Il n’a pas encore reçu de réponse.

La semaine dernière, la Légion royale canadienne a changé ses politiques de location immobilière à la suite des révélations de CBC, selon lesquelles elle avait loué une salle aux Soldats d’Odin à Grande Prairie, en Alberta, pour leur repas pascal.

La nouvelle réglementation interdit désormais aux affiliations locales de la Légion de louer leurs infrastructures à un groupe haineux.

Une réponse timorée de la Ville

Dans un communiqué en décembre, le maire de Dawson Creek, Dale Bumstead, a assuré que le groupe ne constituait pas un danger public.

Gros plan sur le visage d'un homme portant des lunettes.

Le maire Dale Bumstead a invité les Soldats d'Odin à s'exprimer sur leur présence à Dawson Creek, mais n'a pas obtenu de réponse.

Photo : Radio-Canada / Sam Martin

Les trois ou quatre individus ne me donnent aucune raison d’être inquiet au sujet de leurs interactions avec la communauté.

Dale Bumstead, maire de Dawson Creek

Mais dans un témoignage plus récent recueilli par CBC, le maire s’est montré plus ferme : « Nous avons été très clairs dans la dénonciation de tout message, toute organisation ou tout groupe qui va encourager la haine au sein de notre communauté. »

Timothy Ryan, qui se présente à titre de président de la région de Peace River, à la frontière entre la Colombie-Britannique et de l'Alberta, a refusé de répondre à CBC.

Il décrit seulement les Soldats d'Odin comme « des personnes qui font tout pour s’assurer que les moins fortunés, ceux qui ont des faibles revenus et sont vulnérables, reçoivent ce dont ils ont besoin ».  

En décembre dernier, Timothy Ryan avait publié une longue diatribe sur Facebook reprochant au premier ministre Justin Trudeau sa politique migratoire.

Avec les informations de Raffy Boudjikanian

Colombie-Britannique et Yukon

Crime haineux