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Laurence Nerbonne : la fierté d’écrire en français

 Laurence Nerbonne est assise devant ses instruments d'enregistrement.
Laurence Nerbonne est originaire de Gatineau. Photo: Radio-Canada / Michel Aspirot
Marilou Lamontagne

Avec son deuxième album, Laurence Nerbonne a décidé de prendre des risques. Sans complètement délaisser la pop, elle explore cette fois le hip-hop. Malgré le réel défi que cela représente, l’artiste originaire du secteur Aylmer a choisi de le faire dans la langue de Molière. Elle viendra présenter son nouveau matériel au 44e Festival franco-ontarien, jeudi soir.

Après avoir touché à l’électro-rock au sein d’Hôtel Morphée, baigné dans la pop dansante sur son premier disque XO, Laurence Nerbonne ose, avec FEU, les rythmes hip-hop et trap. Chaque fois, elle défend des textes en français.

La chanteuse de 34 ans n’a pas eu besoin de se poser de question : le français vient naturellement et fait partie de son identité.

On dirait que si je chantais juste en anglais, j’aurais vraiment l’impression de faire quelque chose qui est loin de moi. C’est plus sincère de chanter en français.

Laurence Nerbonne, auteure-compositrice-interprète

Et si quelques mots en anglais ou anglicismes se glissent ici et là dans ses chansons, ils représentent aussi sa réalité d’avoir grandi en Outaouais, où les deux langues se côtoient.

Correction :

Une précédente version de ce texte indiquait qu'il s'agissait du 42e Festival franco-ontarien. Il s'agit plutôt de la 44e mouture de l'événement.

Promouvoir la culture francophone

Pour elle, il s’agit d’une façon d’accrocher et de plaire aux publics plus jeunes : en leur offrant une musique plus urbaine et actuelle, qui pourrait les empêcher de se tourner vers la musique américaine.

C’est important de promouvoir une musique en français qui est nouvelle et qui évolue face à ses racines. Si on n’arrive pas à intéresser nos jeunes à la musique francophone, malheureusement, la culture va se perdre.

Laurence Nerbonne se réjouit de voir les festivals ajouter à leur programmation des artistes au style plus urbain. À ses yeux, le FFO est un bon exemple, alors qu’elle partagera la scène avec Fouki, Alaclair ensemble et Sarahmée, jeudi, lors de la soirée d’ouverture de l’événement.

On est prêt pour ça en Outaouais. J’ai plein d’amis qui écoutent du hip-hop. Je trouve ça cool que l’Outaouais emboîte le pas face à plein d’autre monde qui ont plus de difficulté à prendre des risques.

Écrire en français n’est pas de tout repos

Bien qu’il soit une part de son identité, le français donne du fil à retordre à l’auteure-compositrice-interprète, parce qu'il est plus difficile à marier aux mélodies, affirme-t-elle.

Le rythme ou le beat de la chanson s’avère la source d’inspiration pour Laurence Nerbonne. Elle commence toujours par la musique pour ensuite y ajouter le texte.

Ça demande beaucoup d’essai-erreur pour les textes, pour trouver la bonne phonétique [...] qui ne venait pas déranger la fluidité du beat, explique-t-elle. Des fois, ça prend des jours, et je me pète un peu la tête sur les murs, parce que c’est comme mon plus grand combat... Ç’a été ça dans XO et c’est encore ça aujourd’hui.

Ce travail d’écriture en français, qu’elle qualifie de colossal, la rend d’autant plus fière du résultat.

Pour y aller :

Soirée d’ouverture du Festival franco-ontarien
Le 13 juin, 19 h 30
Parc Major’s Hill

Ottawa-Gatineau

Musique