•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Oiseaux migrateurs : mobilisation pour interrompre des coupes forestières en Nouvelle-Écosse

Une paruline bleue photographiée sur une branche à Grand Bend, en Ontario.

La paruline bleue est l'un des oiseaux migrateurs qui seraient menacés par les coupes forestières dans le comté d'Annapolis.

Photo : Getty Images / Brian Lasenby

Radio-Canada

La mobilisation s’organise contre des coupes forestières durant la saison où des oiseaux migrateurs font leurs nids. L’entreprise forestière WestFor insiste qu’elle a le droit et l’intention de procéder à ces coupes. Les opposants affirment qu’elle désobéirait à une loi fédérale.

WestFor Management compte reprendre ses coupes sur 76 hectares de terres de la Couronne situées entre le lac Corbett et le lac Dalhousie, dans le comté d’Annapolis, en Nouvelle-Écosse.

Or, c’est la saison de nidification des oiseaux migrateurs et une loi fédérale interdit de détruire ou de perturber leurs nids et leurs oeufs. Des naturalistes disent avoir observé plus d’une douzaine d’oiseaux chanteurs néotropicaux dans ce secteur.

En trois heures, j’avais dressé une liste de 13 oiseaux chanteurs migrateurs qui se reproduisent dans ces environs , dit Scott Leslie, naturaliste auteur de plusieurs livres sur les oiseaux. Des martinets ramoneurs, une espèce en péril, ont également été filmés.

M. Leslie dit que la plupart de ces espèces ne quittent pas leur lieu de reproduction avant la fin août, au plus tôt. À mon avis, des coupes avant la fin septembre, ou même la mi-octobre, contreviendraient à la Loi sur la convention concernant les oiseaux migrateurs, car il y a une probabilité élevée que des espèces d’oiseaux migrateurs se trouvent toujours sur le site , écrit-il dans un courriel.

Un martinet ramoneur en vol.

Au moins une douzaine d'espèces, dont le martinet ramoneur, ont été observées ces derniers jours.

Photo : Getty Images / Dan Logan

Gregory Heming, un conseiller de la Municipalité du comté d’Annapolis, relate avoir vu de nombreux biologistes et naturalistes passer la forêt au peigne fin le week-end dernier pour identifier les oiseaux.

Je n’ai jamais vu un groupe de scientifiques citoyens si informés et si bien organisés , dit le conseiller municipal. Quand ils sont revenus avec toutes les informations, il nous est apparu clair qu’il ne devrait pas y avoir de coupes.

Les coupes auront lieu, insiste l’entreprise WestFor

L’entreprise forestière WestFor Management n’est pas de cet avis et rappelle avoir en main toutes les autorisations nécessaires pour procéder à des coupes.

Pour la survie de l’industrie forestière, il faut procéder à des coupes durant la majeure partie de l’année, soutient Marcus Zwicker, le directeur général de WestFor.

M. Zwicker dit qu’il n’y a pas eu de coupes cette semaine, mais que l’entreprise a le droit de les reprendre quand elle le désire. La compagnie, indique-t-il, fondera sa décision sur les exigences du marché et les conditions météorologiques.

WestFor dit respecter les directives du ministère provincial des Terres et de la Foresterie. Lorsqu’une espèce en péril est repérée, il existe des procédures pour empêcher la destruction de leur habitat, affirme M. Zwicker, par exemple de respecter des zones tampons autour des nids des oiseaux de proie.

Il assure que son personnel est formé pour être à l’affût de la faune. Pour les espèces en péril, en particulier les oiseaux, les tortues… ils [le personnel] ont avec eux des fiches avec le nom [de l’espèce], des photos et des descriptions , dit Marcus Zwicker.

Les directives du ministère incluent la protection des arbres qui ont des cavités qui peuvent servir d’habitat aux oiseaux.

L’une des espèces observées dans la forêt des lacs Corbett et Dalhousie, le martinet ramoneur, connu pour ses folles virées aériennes et ses joyeux pépiements , niche dans des endroits sombres, par exemple de larges troncs d’arbres creux, et parfois dans les fissures des rochers.

Des plaintes à Environnement Canada, mais pas d’enquête

Environnement et Changement climatique Canada a reçu de nombreux messages lui demandant de faire appliquer la Loi sur la convention concernant les oiseaux migrateurs, qui interdit notamment d’endommager, de détruire, d’enlever ou de déranger les nids.

Une porte-parole du ministère fédéral a indiqué mardi soir qu’il n’y avait aucune enquête en cours au sujet de ces plaintes.

Pas d’inquiétude, selon le ministre

Iain Rankin, le ministre provincial des Terres et de la Foresterie, dit que la Nouvelle-Écosse, à l’instar d’autres provinces, permet les activités forestières durant la saison de nidification lorsque celles-ci s’accompagnent de mesures pour éviter la destruction des habitats des oiseaux.

Iain Rankin en conférence de presse le 3 décembre 2018.

Le ministre Iain Rankin.

Photo : Radio-Canada / Pat Callaghan/CBC

Il a expliqué que les coupes forestières entre les lacs Corbett et Dalhousie ont été approuvées et qu’aucune inquiétude nécessitant une action particulière du ministère n’avait été relevée. Des coupes partielles sur ces terres de la Couronne, qui ne représentent pas une zone protégée, ont été jugées acceptables par les fonctionnaires de son ministère.

M. Rankin dit avoir été informé des observations d’oiseaux migrateurs et a relayé l’information à WestFor Management . Lorsque nous recevons des informations, nous nous assurons que le détenteur d’un permis soit au courant , a dit le ministre mardi.

Avec les informations de La Presse canadienne et CBC

Nouvelle-Écosse

Protection des espèces