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Faire payer l’industrie pour transporter du pétrole par train? Le gouvernement albertain y réfléchit

Des wagons-citerne sur un chemin de fer, par une journée ensoleillée.

En attendant la construction d'un nouveau pipeline, l'Alberta compte sur le transport ferroviaire pour exporter son surplus de production pétrolière.

Photo : Radio-Canada / Mirna Djukic

Radio-Canada

Face au manque de pipelines, le premier ministre de l’Alberta, Jason Kenney, entame des discussions avec les pétrolières pour leur faire payer les contrats de transport par train qui avaient été conclus par le gouvernement néo-démocrate.

C’était une promesse de campagne. Le Parti conservateur uni avait annoncé vouloir mettre fin aux accords conclus par l’ancien gouvernement de Rachel Notley pour transporter plus de pétrole par rail vers les marchés américains et internationaux.

Selon ces accords, il était question de payer 3,7 milliards de dollars pour des contrats avec, notamment, les compagnies ferroviaires Canadien Pacifique (CP) et Canadien National (CN).

Le programme de transport par train, signé par le gouvernement provincial précédent, devait débuter en juillet. Un projet financièrement inapproprié pour les contribuables, selon Jason Kenney, qui veut le repenser.

« Des discussions confidentielles sont en cours entre le gouvernement et les acteurs du secteur privé », a déclaré le premier ministre albertain après son discours à la conférence Global Petroleum, à Calgary, mardi. « Nous voulons que le secteur privé prenne en charge ces contrats. »

Des prix bas

L’Alberta est la principale province productrice de pétrole brut du Canada et abrite les plus vastes champs de sables bitumineux du pays, mais le manque de capacité des pipelines entraîne des engorgements et se répercute sur le prix du baril canadien par rapport au pétrole américain.

Cette situation a atteint des niveaux records à la fin de 2018, ce qui a poussé l'ancien gouvernement néo-démocrate (NDP) à réduire la production de pétrole en Alberta.

Avant sa défaite aux élections du mois d’avril, le NPD avait donc signé des accords portant sur la location de 4400 wagons qui achemineraient du pétrole brut.

Les contrats de 3,7 milliards de dollars conclus par Rachel Notley devaient permettre de transporter 20 000 barils par jour à compter du mois de juillet, avant d’atteindre 120 000 d’ici la moitié de l'année 2020.

Réaction du secteur privé

Un porte-parole de la Compagnie du chemin de fer canadien du Pacifique (CP) a dit « travailler avec l'industrie et la province de l'Alberta sur les possibilités de livrer le pétrole brut par chemin de fer de manière sûre et efficace au marché ».

Les dirigeants des entreprises Husky et Cenovus ont déjà évoqué la possibilité de reprendre ces transactions avec le gouvernement.

Dans un courriel adressé à CBC News, Cenovus a qualifié le geste du gouvernement d’étape « positive » et dit qu'il était logique de transférer les contrats aux producteurs d'énergie plutôt que de les annuler complètement.

L’Association canadienne des producteurs pétroliers a qualifié le transport par chemin de fer d'« essentiel » pour l’industrie, affirmant que l’accroissement de l’accès au marché du pétrole et du gaz canadiens devait être une priorité.

Pour Richard Masson, chercheur à l'École des politiques publiques de l'Université de Calgary, il est encourageant de voir que le gouvernement n’annule pas purement et simplement les contrats, mais les détails sont importants dans ce dossier.

« Tout dépend du nombre d'entreprises qui pensent pouvoir utiliser cette capacité de manière efficace, ce qui déterminera le prix qu'elles sont disposées à payer », a-t-il dit.

Les restrictions pourraient durer plus longtemps

Jason Kenney a également dit, mardi, que les réductions de production de pétrole, introduites par le NPD, pourraient durer plus longtemps que prévu.

Un homme parle sur un podium.

Lors d'une conférence à Calgary, Jason Kenney a mis l'accent sur ses projets de loi pour réduire les barrières au commerce en Alberta.

Photo : Radio-Canada

La réduction à 325 000 barils par jour à compter du 1er janvier 2019 devait tomber à environ 175 000 barils par jour en juin.

« Nous voulions éliminer les réductions d'ici la fin de 2020, mais avec le retard d'un an du remplacement de la ligne 3, nous envisageons de continuer ces réductions durant toute l’année 2020 », a précisé le premier ministre albertain.

Gary Mar, président de l'Association des services pétroliers du Canada, nuance l’importance du transport de pétrole par train.

« Le chemin de fer était un moyen économique par le passé, mais maintenant que le différentiel entre le pétrole canadien et américain a été réduit en raison de restrictions, le transport par train revient cher », a-t-il affirmé.

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