•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La sécurité des femmes autochtones près des camps de travailleurs jugée inquiétante

Quatre blocs de rangées de logements industriels identiques sont aménagés entre des routes et de la forêt.

Les employés vivent en communauté dans les camps de travailleurs, comme celui-ci situé à proximité des installations pétrolières de Fort McMurray, en Alberta.

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Radio-Canada

Le rapport de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA) pointe du doigt les violences perpétrées aux abords des camps de travailleurs sur les chantiers de ressources naturelles. En Colombie-Britannique, les avis divergent sur les solutions à apporter.

La secrétaire parlementaire à l’équité des genres en Colombie-Britannique, Mitzi Dean, a déclaré dans un article du Toronto Star daté du 8 juin que le gouvernement provincial regarderait de près tout incident lié à deux camps de travailleurs qui doivent ouvrir cet été.

Les deux camps évoqués seront situés près de MacKenzie et de Fraser Lake, dans le centre de la Colombie-Britannique, à proximité du chantier du gazoduc Coastal Gas Link qui doit s’étendre de Dawson Creek à Kitimat.

Selon le constructeur Horizon North, la nombre de personnes dans les camps fluctuera en fonction des besoins, mais ils devraient atteindre un pic de population de 1900 travailleurs d’ici 2020.

Or, le rapport de l’ENFFADA note que : les camps de travailleurs associés à l’industrie d’extraction de ressources entraînent des taux plus élevés de violence à l’égard des femmes autochtones dans les camps mêmes et dans les communautés voisines.

Un rapport du groupe de recherche Firelight publié en 2017 affirme ainsi que, dans la région de Fort St James, les agressions sexuelles ont augmenté de 38 % dans la première année qui a suivi la construction d’un camp.

L’entreprise Coastal Gas Link n’a pas donné suite à une demande d’entrevue, mais indique sur son site Internet qu’elle mène son propre programme de consultation des communautés locales et surveille l’impact socio-économique de ses chantiers.

Sollicitée pour une entrevue par Radio-Canada, Mitzi Dean a répondu par courriel : Nous travaillons avec les communautés et les entreprises pour mieux comprendre et réagir aux impacts potentiels des camps industriels. Pour cela, nous nous appuyons sur le rapport final de l’enquête nationale et sur le rapport du groupe Firelight intitulé “Camps industriels et communautés autochtones.

Tolérance zéro

Selon Elba Bendo, juriste à l’association de défense des droits des femmes West Coast Leaf, il faut en faire plus. Le gouvernement doit financer une surveillance constante de l’impact des camps industriels sur les communautés, dit-elle. Il faut par exemple qu’un enquêteur évalue la sécurité du camp.

La militante autochtone Wanda Good, qui défend la sécurité des femmes autochtones le long de la route 16, surnommée La route des larmes, pense que le gouvernement pourrait prendre exemple sur le camp de l’entreprise minière Pretium, à Bruce Jack, et le camp de l’entreprise gazière LNG Canada, à Kitimat.

Wanda Good explique qu’en plus d’appliquer une tolérance zéro envers l’alcool et les drogues, les entreprises responsables de ces deux camps transportent les travailleurs en autobus. Ainsi, explique-t-elle, aucun d’eux ne risque de s’arrêter dans notre communauté, à moins qu’il y habite.

Colombie-Britannique et Yukon

Industrie pétrolière