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Deux victimes d'une arnaque immobilière racontent leur mésaventure

Un homme appuie sur les touches du clavier d'un ordinateur portable
Au moins deux femmes sont tombées dans une arnaque lorsque des malfaiteurs ont répondu à leurs annonces où elle disaient chercher un appartement à Charlottetown. Photo: Shutterstock / maradonna 8888
Radio-Canada

Deux femmes qui cherchaient un appartement à Charlottetown disent avoir perdu quelques milliers de dollars en tombant dans une arnaque.

L’une d’elles, Kayla Westhaver-Covin, de la Nouvelle-Écosse, avait accepté de faire un stage à l’Île-du-Prince-Édouard et elle cherchait, en février, un appartement sur le site Kijiji.

Ses recherches étant infructueuses, elle a publié une annonce indiquant ce qu’elle cherchait. Elle a alors reçu un message d’une personne disant avoir un appartement disponible le 1er juin, avenue Belvedere.

La personne lui a envoyé des photographies qui lui ont donné une bonne impression et qui n’ont pas éveillé sa méfiance, explique Westhaver-Covin. La personne lui a ensuite envoyé un contrat de location de 10 pages qui semblait en bonne et due forme.

Ils sont restés en contact par courriel pendant trois mois, poursuit Mme Westhaver-Covin. La personne lui a ensuite dit qu’elle avait déménagé à New York dans le cadre de son emploi et leurs transactions devraient être faites par l’entremise de son avocat.

Kayla Westhaver-Covin a donc fait un virement de 600 $ pour le dépôt de garantie et un autre de plus de 600 $ pour le premier versement du loyer.

Portrait de Mme Westhaver-Covin sur un bateau devant une côteKayla Westhaver-Covin Photo : Facebook/Kayla Westhaver-Covin

Étant donné que la date de son déménagement approchait, elle a demandé plusieurs fois les clés de l’appartement. On lui a dit que les clés lui étaient expédiées. Mais quand elle a demandé le numéro de suivi de l’envoi et qu’elle a cessé d’obtenir des réponses, elle a commencé à ressentir des doutes.

Kayla Westhaver-Covin a compris qu’elle était victime d’une arnaque et elle a porté plainte à la police. Elle estime avoir perdu 1300 $ dans cette mésaventure qui l’a bouleversée.

Elle était si préoccupée par la recherche d’un logement dans cette ville où le taux de vacance des appartements est près de 0 % et si contente d’en avoir trouvé un qu’elle ne pensait pas à se méfier d’une possible arnaque, explique-t-elle.

De l’Alberta à l’Île-du-Prince-Édouard pour le même appartement

Patricia Manguiob a aussi fait des paiements et elle a conduit d’Edmonton à Charlottetown où elle est tombée dans la même arnaque.

Elle avait publié une annonce sur le site Kijiji et reçu un message d’une personne qui lui proposait un appartement à 800 $ par mois tout inclus. Les photographies étaient prometteuses, explique-t-elle, et le tout lui semblait parfait.

Elle a demandé à cette personne si son ami qui vivait dans la province pouvait jeter un coup d’oeil à l’appartement, mais elle n’a reçu que des excuses et aucune visite n’a eu lieu.

Désespérée et craignant de se retrouver sans logement, elle a fait un virement d’environ 1100 $. Mais lorsqu’elle est arrivée à Charlottetown et qu’elle a voulu obtenir les clés, elle a découvert que cet appartement appartient à l’agence immobilière Capreit et non aux arnaqueurs.

Patricia Manguiob explique qu’elle s’est effondrée en larmes, déçue et en colère d’avoir été ainsi dupée. Elle a aussi porté plainte à la police.

Un stratagème répandu au pays

Cette arnaque se produit partout au pays de temps en temps, selon une vice-présidente de l’entreprise Capreit, Trish MacPherson, qui a envoyé un courriel à CBC. Elle encourage les victimes à communiquer aux policiers tous les détails de leur mésaventure.

Kayla Westhaver-Covin et Patricia Manguiob ont découvert grâce aux médias sociaux qu’elles étaient tombées dans la même arnaque. Elles disent avoir entendu la même histoire de la part des malfaiteurs, d’avoir reçu le même contrat de la part du même avocat.

Tout était semblable, affirme Mme Manguiob, qui souhaite que tout le monde tire des leçons de sa mésaventure.

Les appels, messages et courriels envoyés par CBC aux contacts des deux victimes sont restés sans réponse.

Difficile de reconnaître la supercherie

Le service policier de Charlottetown a reçu une dizaine de plaintes depuis décembre 2018 pour des publicités trompeuses, de la fraude ou des arnaques en matière de loyers, affirme le sergent Chris Watts.

Il est facile pour des malfaiteurs qui répondent à des annonces sur Internet de se faire passer pour d’honnêtes gens, dit-il, particulièrement lorsque les annonceurs cherchent désespérément un logement.

Il est très difficile de discerner le vrai et le faux dans de tels cas, explique M. Watts. Les fraudeurs contactent l’annonceur et leur proposent un appartement réel et dont ils ne sont pas les propriétaires.

Kijiji rappelle que son site comprend des conseils pour éviter la fraude immobilière, dont les suivants:

  • Le prix est-il réaliste compte tenu du nombre de pièces, du quartier et des commodités offertes?
  • Méfiez-vous des photos de mauvaise qualité ou qui ont l’air retouchées et professionnelles (par exemple, une maison modèle ou une suite) si la propriété est vendue ou louée par un particulier.
  • Pourrez-vous visiter l’endroit avant de verser un dépôt?
  • De nombreux fraudeurs étrangers vont proposer des photos mais vous ne pourrez pas les voir. Ils prétendront être outre-mer, mais en réalité ils ne sont pas propriétaires de la propriété annoncée. C’est une fraude.
  • Dans les annonces de location, méfiez-vous des descriptions trop détaillées et des longues listes de caractéristiques qui ne sont pas pertinentes pour les locataires. Mais uniquement pour les acheteurs.

Source : kijiji.ca

Avec les renseignements de Cody MacKay, de CBC

Île-du-Prince-Édouard

Fraude