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Netflix veut créer le Roma et le Narcos du Québec

L'écran d'une tablette, tenue par un homme dont on aperçoit les pieds en arrière plan, affiche le logo de Netflix.
Stéphane Cardin, directeur des politiques publiques pour Netflix au Canada, ne le nie pas : il y a bel et bien une stratégie de développement sérieusement amorcée au Québec par Netflix. Photo: AFP / Elise Amendola
Angie Landry

Dans une rare entrevue accordée par le directeur des politiques publiques de Netflix Canada, Stéphane Cardin, la chroniqueuse culturelle Catherine Richer, de l'émission Le 15-18, a recueilli les grandes visées du géant de l’écoute en ligne pour le Québec. Rien n’est plus clair : Netflix veut solidement s’implanter dans la province et a plusieurs projets sur la planche à dessin.

À plus ou moins long terme, ce que Netflix souhaite, selon Stéphane Cardin, c’est de voir une série et un long métrage québécois avoir autant de succès que les très populaires Narcos, La casa de papel ou Roma, produits localement.

Ce dernier ne le nie pas : il y a bel et bien une stratégie de développement sérieusement amorcée au Québec par Netflix.

Dans les derniers mois, l’entreprise a multiplié ses approches auprès de différentes organisations culturelles au Québec; que l’on parle des Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM), du Gala Québec Cinéma, de l’École nationale de l’humour, de l’INIS, ou encore de sa très récente entente de partenariat avec le Wapikoni mobile, il est clair que l’équipe du diffuseur américain est en mode séduction dans la Belle Province.

Des coproductions avec Radio-Canada ?

Des partenariats, il y en a d’autres en branle , confirme Stéphane Cardin. Et pas les moindres. À terme, ce que Netflix souhaite, c’est de coproduire des œuvres avec des producteurs et des diffuseurs québécois, qu'ils soient du secteur public ou du privé.

C’est d’ailleurs ce qui s’est déjà produit au Canada anglais, notamment avec l’émission Anne with an E, chez CBC.

Du côté de Radio-Canada, on confirme qu’il y a bel et bien eu des discussions avec Netflix « comme tous les diffuseurs», mais que pour l’instant, « il n'y a rien de concret ». D'autres diffuseurs québécois auraient été approchés.

Netflix pourrait aussi continuer d’acquérir des productions d’ici, comme ça a été le cas pour Les Affamés, un film de Robin Aubert. Ainsi, plusieurs modèles de partenariats avec des diffuseurs sont à l’étude.

Au Québec, on parle souvent des difficultés d’augmenter nos budgets de séries télé ou de longs métrages. Quelque part, l’opportunité qui s’offre à nous, c’est de collaborer avec les diffuseurs pour que nous, on aide à bonifier ces budgets de production, et qu’on permette aux productions d’être compétitives à l’international.

Stéphane Cardin

Selon Stéphane Cardin, il y aurait toutefois certains points de discorde au sein des discussions entamées.

Et pour cause. En tant que « plus gros joueur » de sa catégorie, Netflix sait dans quel écosystème il arrive lorsqu’il pose pied au Québec, surtout celui dans lequel survivent les plateformes d'écoute en ligne comme Club Illico (Quebecor) et ICI Tou.tv (Radio-Canada).

Les partages de droits et les exclusivités [en font partie], certainement. Mais les discussions sont en cours et j'ai bon espoir qu’on va y arriver.

Stéphane Cardin

Attirer les créateurs

On reconnait qu’en matière de contenu local, notre offre reste relativement mince , soutient Stéphane Cardin. On s’emploie à la bonifier le plus rapidement possible, et ce, autant du côté du long métrage, mais aussi, on multiplie les discussions avec des diffuseurs et producteurs pour des projets autant en français qu’en anglais.

Ce dernier rappelle toutefois les efforts de son entreprise pour l’actuelle production du « premier film Netflix du Québec », Jusqu'au déclin, réalisé par Patrice Laliberté, le récent partenariat annoncé avec le producteur Roger Frappier (Max films) et la prochaine captation du spectacle de l'humoriste Martin Matte.

À cet égard, le souhait du géant américain est de bâtir un bassin considérable de créateurs québécois associés à Netflix.

Mais si l’entreprise se targue de ne pas imposer de « premier droit de regard » avant la diffusion d’une œuvre pour attirer les artistes, cette stratégie fait aussi en sorte qu’une multitude de projets seront éventuellement soumis et qu’elle aura, à ce moment, l’opportunité de choisir ceux qui sont l’intéresse davantage.

C’est une stratégie qui témoigne de notre volonté d’être ici et d’y rester , répond à cela Stéphane Cardin.

Favoriser la diversité culturelle partout au Canada

Pour Netflix, il est important de refléter la diversité culturelle de ses abonnés.

Dans une volonté de développer la prochaine génération de créateurs autochtones au pays, l’entreprise a d’ailleurs annoncé mardi un partenariat avec les organismes d’audiovisuel Wapikoni mobile, imagineNATIVE et le Bureau des productions audiovisuelles autochtones.

Stéphane Cardin soutient que ce genre de démarche s’inscrit « dans une volonté de soutenir l’émergence de nouveaux talents », que l’on parle des scénaristes, des réalisateurs, ou des producteurs, « avec un angle favorisant, je dirais, les créateurs issus de la diversité », dit-il.

La majorité des membres de Netflix sont maintenant à l’extérieur de l’Amérique du Nord, c’est donc important pour nous que nos membres puissent avoir accès, de plus en plus, à du contenu qui leur ressemble , ajoute le représentant de Netflix pour le Canada.

Avec les informations de Catherine Richer, de l'émission Le 15-18

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