•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'Université Saint Mary's hérite d'une importante banque d'ADN de baleines noires

Les experts ont observé sept baleineaux cette année, dans les eaux de la Floride et de la Géorgie.

Une baleine noire femelle nage avec son baleineau au large de la Géorgie.

Photo : John Carrington/Savannah Morning News/AP

Radio-Canada

Des chercheurs de l’Université Saint Mary’s, à Halifax, héritent d’une importante collection d’échantillons d’ADN de baleines noires de l’Atlantique Nord.

Jusqu’au début juin, cette banque de données se trouvait à l’Université Trent, à Peterborough, en Ontario. Mais son responsable, le professeur Bradley White, prend sa retraite et lègue la collection au laboratoire du professeur adjoint Tim Fraser, à Saint Mary’s.

Avec une aide financière annuelle de 25 000 $ du gouvernement fédéral pour les quatre prochaines années, Tim Fraser ajoutera des échantillons à la collection et l’utilisera afin de mieux comprendre la baleine noire, une espèce en voie de disparition.

Cette banque de données permet entre autres d’identifier rapidement les individus, sans avoir à examiner de nombreuses photos d’archives. C’est devenu particulièrement important après la mort d’au moins 18 baleines noires dans les eaux canadiennes et américaines en 2017.

Une biologiste à Pêches et Océans Canada, Cathy Merriman, indique que la population du cétacé se portait plutôt bien pendant une vingtaine d’années, jusqu’à 2010. À partir de 2010, il y a eu un déclin, mais ça nous a pris six ou sept ans avant de le comprendre , indique-t-elle.

À peu près au même moment où l’on constatait ce déclin, on a eu cette catastrophe de 2017.

Les scientifiques peuvent normalement identifier les baleines de deux façons :

  • en examinant attentivement les taches et les callosités de l’animal et en les comparant à de nombreuses photographies d’archives;
  • en prenant un échantillon de la peau de la baleine et en comparant son ADN à d’autres échantillons d’une banque de données.

Il peut être extrêmement difficile d’identifier visuellement une espèce de baleines, sans parler des individus, à partir de 40 tonnes de chair en décomposition flottant à la dérive depuis des semaines.

À l'époque, Pêches et Océans avaient eu de la difficulté à déterminer s'il s'agissait d'un animal mort récemment ou s'il s'agissait d'une même carcasse aperçue plus tôt dans l'été.

La carcasse d'une baleine noire s'est échouée sur la côte de Terre-Neuve, en 2017.

Photo : Radio-Canada / CBC/Colleen Connors

De plus, les callosités, ces taches blanches rugueuses qui permettent aux scientifiques de reconnaître facilement les individus, ne se développent qu’au fil des ans. Il est donc difficile d’identifier les baleineaux à partir de photos.

Dans le passé, les femelles et leurs baleineaux pouvaient être facilement retracés et identifiés dans la baie de Fundy, qui est relativement petite. Mais les baleines noires se sont déplacées dans le vaste golfe du Saint-Laurent, ce qui rend la tâche beaucoup plus ardue.

Les experts se servent donc de plus en plus de l’ADN des baleines pour les identifier.

420 échantillons

Le chercheur Tim Fraser indique que les quelque 420 échantillons de la collection permettent de dessiner une image plus claire des liens entre les individus, de leur hérédité et de leur consanguinité.

Le taux de reproduction des baleines noires est beaucoup plus bas que celui d’autres cétacés de leur taille. Tim Fraser étudie d’ailleurs les effets de la consanguinité sur l’espèce et sur le taux de survie de sa progéniture. Il précise que la baleine noire a une des plus faibles diversités génétiques de toutes les espèces de cétacés.

En 2017, des nécropsies ont montré que de nombreuses baleines sont mortes après s'être empêtrées dans des cordages.

Une baleine noire empêtrée dans de l'équipement de pêche, au large de Cape Cod, au Massachusetts.

Photo : Center for Coastal Studies

Ce qu’on essaie de faire, dans le fond, c’est d’établir l’arbre généalogique des baleines noires de l’Atlantique Nord , dit-il. On veut déterminer qui se reproduit avec qui et voir les caractéristiques génétiques des individus ayant un bon succès reproductif par rapport aux autres.

La baleine noire est une espèce en voie de disparition, et ne compte environ que 417 individus dans le monde.

Les nécropsies ont montré que bon nombre des baleines mortes en 2017 étaient empêtrées dans de l’équipement de pêche ou avaient été heurtées par des navires, ce qui a incité le fédéral à imposer des restrictions sur la pêche commerciale et sur la vitesse des bateaux dans certaines zones.

Taux de reproduction faible

Aucun baleineau n’a été observé durant la saison de reproduction de 2018. Cette année, les experts en ont observé sept au large de la Floride et de la Georgie, ce qui peut à priori sembler une bonne nouvelle.

C’est mieux que zéro. Mais la moyenne annuelle pour les 30 dernières années, c’est 17 baleineaux , dit Tim Fraser. On ne peut pas dire que c’est une bonne année. Je veux vraiment comprendre pourquoi ce taux de reproduction est si bas, en utilisant la génétique.

Avec les informations de Cassie Williams, de CBC

Nouvelle-Écosse

Faune marine