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Du DDT épandu au Nouveau-Brunswick il y a 50 ans subsiste dans l’environnement

Radio-Canada

Des taux inquiétants de l’insecticide polluant DDT ont été détectés dans cinq lacs du centre-nord du Nouveau-Brunswick par des chercheurs de l’Université Mount Allison.

Les chercheurs ont analysé des sédiments prélevés au fond des lacs Upsaquitch, California, Sinclair, Goodwin et Middle Peaked Mountain, qui font chacun partie d’un différent bassin versant.

Les scientifiques cherchaient à savoir comment un écosystème se rétablit après l’épandage de produits chimiques. Ils ont plutôt découvert des taux de DDT suffisamment élevés pour nuire à toute forme de vie dans ces lacs: les poissons, les insectes, les oiseaux.

Josh Kurek devant un pavillon du campus

Josh Kurek, de l'Univesité Mount Allison, est le principal auteur de l'étude sur le legs de l'épandage de DDT au Nouveau-Brunswick.

Photo : CBC/Tori Weldon

Lorsque l’on épand beaucoup de DDT, l’environnement se rétablit très peu, explique le chercheur principal, Josh Kurek, spécialiste de l’environnement à l’Université Mount Allison. L’épandage était si grave que ses effets se font sentir très longtemps sur la vie aquatique, ajoute-t-il.

L’une des raisons pour lesquelles le Canada a interdit cet insecticide en 1972 est sa tendance à persister dans l’environnement et à s’accumuler dans les organismes vivants.

Le DDT (Dichlorodiphényltrichloroéthane) était épandu dans le cadre d’une campagne contre la tordeuse du bourgeon de l’épinette menée il y a une cinquantaine d'années.

Le Nouveau-Brunswick en avait épandu beaucoup plus que les provinces voisines, souligne Josh Kurek, soit au moins 5,7 millions de kilogrammes de 1952 à 1968. Le Québec, par exemple, en avait épandu moins de 1 million de kilogrammes durant la même période.

Une rangée de grandes tentes

Cette photographie tirée de l'étude de Josh Kurek indique que l'aérodrome « Budworm City » a été établi près du lac Upsalquitch au début des années 1950 pour servir à l'épandage de DDT au Nouveau-Brunswick.

Photo : D. C. Anderson

Un reportage de CBC diffusé en 1957 précise que 220 avions au Nouveau-Brunswick épandaient ce produit chimique qui était considéré à ce moment comme étant miraculeux . Les avions étaient basés dans un aérodrome isolé surnommé Budworm City , c’est-à-dire la ville de la tordeuse du bourgeon de l’épinette.

Le produit était efficace pour tuer les insectes, mais on a ensuite compris qu’il était dévastateur pour les oiseaux. Le faucon pèlerin, notamment, a connu un déclin rapide par la suite. Il a été inscrit sur la liste des espèces menacées en 1978, et il n’a été retiré de cette liste qu’en 2017.

Une chenille sur une plante

Des infestations de la tordeuse du bourgeon de l'épinette surviennent naturellement.

Photo : Ressources naturelles Canada

Les mesures prises il y a plusieurs décennies exercent toujours un impact sur les écosystèmes lacustres, ajoute Josh Kurek.

D’autres études ont démontré que les produits contaminants peuvent se déplacer assez facilement de l’eau à la terre, dit-il. Des oiseaux ou des grenouilles risquent de manger des insectes contaminés. Le DDT se transmet ainsi d’une espèce à l’autre et s’accumule dans leurs tissus, explique le chercheur.

Le produit se trouve encore dans les eaux douces, le sol des forêts et tous les organismes vivants y sont encore exposés.

Des centaines d’autres lacs dans toute la province sont probablement tout aussi contaminés, estime Josh Kurek.

L’étude des chercheurs de l’Université Mount Allison est publiée dans la revue Environmental Science and Technology de l'American Chemical Society .

Avec les renseignements de Tori Weldon, de CBC

Nouveau-Brunswick

Pollution