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L'immersion française crée-t-elle un système d'éducation à deux vitesses?

Des élèves dans une classe.

Le Conseil scolaire du district d'Ottawa-Carleton passera l'été à déterminer la nécessité d'offrir un programme d'immersion française.

Photo : Radio-Canada / Sherry Vivian

Radio-Canada

L'immersion française crée-t-elle un système d'éducation à deux niveaux dans lequel les enfants privilégiés apprennent le français tandis que les nouveaux arrivants et les élèves ayant des difficultés d'apprentissage se retrouvent dans des programmes en anglais seulement?

C'est une question controversée que le Conseil scolaire du district d'Ottawa-Carleton (OCDSB) étudie actuellement.

Le personnel du conseil scolaire passera l'été à étudier si le « classement social » est un problème à Ottawa.

Nous pourrions avoir beaucoup plus d'immigrants, d'apprenants de langue anglaise et de besoins particuliers en matière d'éducation dans un programme plutôt que dans un autre , a déclaré Rob Campbell, administrateur de l'OCDSB. Une résolution qui demande au personnel du conseil d'administration d'examiner la question a récemment été adoptée.

En fin de compte, on vole à l'aveuglette. Nous n'avons pas cette information. Tout le monde a des anecdotes, mais mettons de côté les anecdotes. Mettons les faits réels sur la table et tenons certaines de ces discussions importantes , a-t-il déclaré à l'émission Ottawa Morning de CBC.

L'opinion des auditeurs

Cette conversation a suscité beaucoup de commentaires sur Twitter, dont la majorité a affirmé que l'immersion française crée un système de ségrégation.

Pareil pour moi. Je n'ai pas grandi au Canada, on a dit à mon enfant qui avait de légers problèmes d'attention qu'elle devrait déménager dans une école anglaise plus facile, même si son père est francophone. On a insisté pour qu'elle reste en immersion française et elle va bien maintenant, mais ç’a été toute une révélation pour moi , a écrit l'utilisateur @SCMcLean76 (Nouvelle fenêtre).

En finir avec l'immersion

Au Nouveau-Brunswick, une province officiellement bilingue qui s'efforce depuis plus d'une décennie d'enseigner le français aux élèves, l'universitaire Doug Willms pense qu'il serait préférable d'éliminer complètement l'immersion française.

M. Willms, ancien titulaire de la Chaire de recherche du Canada en alphabétisation et en développement humain à l'Université du Nouveau-Brunswick, dirige maintenant une entreprise qui effectue des évaluations et des enquêtes dans les écoles.

Dans le système actuel, qui offre l'immersion précoce en français, seulement quatre à cinq pour cent d'une cohorte entière d'élèves atteignent un niveau élevé de compétence en français , a-t-il mentionné.

Il pense que l'immersion française ne devrait pas être offerte. Au lieu de cela, les élèves ne devraient pas recevoir un enseignement en français avant le secondaire, moment où les élèves et les parents peuvent décider s'ils veulent poursuivre leurs études en français et le faire par leurs propres moyens.

Combien d'argent les contribuables devraient-ils payer pour créer un système d'écoles privées au sein du système scolaire public, alors que seulement quatre ou cinq pour cent des enfants, à la fin de la journée, acquièrent des compétences avancées?

Doug Willms

Si vous voulez que votre enfant apprenne le français, je pense qu'il doit se battre pour un système inclusif, un système qui développe les compétences en français au fur et à mesure, et si un parent veut rendre son enfant encore plus compétent, demandez-lui des cours supplémentaires. Ça ne devrait pas être aux frais de l'État , a ajouté Doug Willms.

Les enseignants donnent leur avis

Marie-Pier Demers, qui était une élève du programme d'immersion française de l'OCDSB et qui enseigne maintenant pour le Conseil des écoles catholiques français, a dit que l'immersion française est « essentielle  » pour la survie de la culture francophone.

Je crois que l'immersion est importante et qu'elle devrait le rester, et quand vous dites des mots comme système privé, c'est incendiaire et ça fait sauter les gens , a-t-elle dit.

Je comprends que les ressources sont limitées et je crois qu'elles devraient aller là où elles sont nécessaires, mais je pense que si vous supprimez tout cela, nous ruinons des progrès très importants qui ont été réalisés dans cette société pour reconnaître la langue française comme une partie intégrante de la fondation du Canada , a-t-elle conclu.

Avec les informations de Laura Osman

Ottawa-Gatineau

Éducation