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Le gouvernement Kenney songe à une loi pour retarder les négociations avec les travailleurs

Travis Toews parle à l'Assemblée législative.

Le ministre des Finances de l'Alberta, Travis Toews, veut attendre le rapport d'un comité d'experts avant d'entamer les négociations salariales avec le secteur public.

Photo : Assemblée législative de l'Alberta

Radio-Canada

Le gouvernement conservateur souhaite repousser les négociations salariales avec les membres de la fonction publique et, pour ce faire, il songe à introduire une loi qui lui permettrait d’ignorer les délais prévus dans les négociations collectives.

Plusieurs syndicats de la fonction publique ont été avertis que le nouveau gouvernement « explore toutes les options dont celle d’une loi », afin de retarder les négociations salariales prévues dans leur convention collective.

Ce dernier souhaite ainsi se donner plus de temps pour étudier les finances de la province.

« Un délai supplémentaire pourrait donner au gouvernement le temps de prendre une décision informée sur la meilleure façon d’approcher l’arbitrage sur les négociations salariales, en se basant en partie sur les conseils du comité MacKinnon », peut-on lire dans un courriel signé par la sous-ministre des Finances et du Conseil du Trésor de l’Alberta, Athana Mentzelopoulous.

Le message enjoint aux syndicats de faire part de leur avis sur cette possibilité. Le ministre des Finances, Travis Toews, explique que le gouvernement aimerait attendre le premier rapport du comité chargé d’étudier les finances publiques de l’Alberta, qui est présidé par l’ancienne ministre des Finances de la Saskatchewan Janice MacKinnon.

Ce rapport est attendu le 15 août.

« Nous croyons que le fait de retarder les négociations est le bon choix, le choix responsable, dit le ministre. C'est dans l'intérêt des Albertains de nous permettre de trouver une façon de les sortir du désastre fiscal que nous a légué le gouvernement précédent. ».

L’opposition néo-démocrate a mis la main, mardi, sur le courriel qui a été envoyé le 16 mai à plusieurs syndicats du secteur public, dont l’United Nurses Alberta (UNA), l’Alberta Union of Provincial Employees (AUPE), la Health Sciences Association of Alberta (HSAA) ainsi que l’Alberta Teachers Association (ATA).

David Eggen brandit une feuille sur laquelle est imprimé le courriel. Il s'adresse aux médias dans une salle de l'Assemblée législative.

Le député néo-démocrate David Eggen a mis la main sur un courriel envoyé par le ministère des Finances au syndicat des enseignants de l'Alberta.

Photo : Radio-Canada

Pour David Eggen, député néo-démocrate dans Edmonton-Nord Ouest, il s’agit d’un bien mauvais signal à envoyer aux travailleurs.

« Quand un nouveau gouvernement donne le ton pour ses premières semaines au pouvoir, il donne le ton pour tout son mandat », croit-il.

« Et ce qu’on a vu depuis le début avec ce gouvernement, ce sont des réductions d’impôts pour les corporations qu’il cherche une manière de financer en coupant dans les salaires et les services des Albertains », ajoute M. Eggen.

Des négociations prévues cet été

Plusieurs syndicats, dont l’UNA et l’AUPE, ont accepté des gels de salaires lors des dernières négociations, à condition de pouvoir les renégocier dans la dernière année de leur contrat de travail de trois ans.

Les négociations des infirmières devaient avoir lieu avant le mois de juin, mais un arbitre a accepté de les suspendre à la demande du gouvernement.

Le syndicat s’est alors adressé à la Commission des relations de travail, mais celle-ci a refusé de s’en mêler et lui a suggéré de recourir au système judiciaire.

Le gouvernement a aussi essayé de suspendre les négociations salariales de l’AUPE, qui représente un large éventail de travailleurs du secteur public, notamment les shérifs, les agents correctionnels et certains employés de Services de santé Alberta.

Cependant, dans ce cas, l’arbitre a refusé. Le processus, qui a commencé en janvier, devrait reprendre le 11 juin.

Alberta

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