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Le gouvernement du Québec fait « erreur », dénonce Airbnb

Une main tient un téléphone portable muni de l’application Airbnb.
Airbnb s'oppose au projet de règlement déposé le 5 juin par les ministres du Tourisme et des Affaires municipales, Caroline Proulx et Andrée Laforest. Photo: Radio-Canada
Romain Schué

Airbnb dénonce le projet de règlement proposé par le gouvernement du Québec, visant à encadrer la location touristique. « Ces nouvelles règles alourdiront le processus de location », affirme la firme californienne dans un courriel envoyé à ses utilisateurs.

« Merci de dire aux ministres [Caroline Proulx et Andrée Laforest] pourquoi elles font erreur et faites-le dès maintenant », écrit Airbnb dans un message envoyé mardi après-midi, en français et en anglais, à ceux qui louent leur logement par l'intermédiaire de cette plateforme.

« Le gouvernement du Québec fait fausse route », assure l’entreprise américaine dans l’objet de ce courriel.

Airbnb invite les utilisateurs de sa plateforme à « réclamer une réglementation équitable sur le partage de résidence qui profiterait à tous les Québécois, et pas seulement au lobby du secteur hôtelier du Québec ».

Un lien est d’ailleurs proposé pour envoyer un texte déjà rédigé – qu’il est possible de modifier −, au nom de l'utilisateur. Ce dernier n’a qu’à valider l’opération.

On peut y lire que l’utilisateur s’« interroge sur la pertinence de la nouvelle réglementation qui cible directement les hôtes Airbnb du Québec », en évoquant « d’inutiles tracasseries administratives ».

« Il semble que le gouvernement ait choisi de soutenir la grande entreprise plutôt que les citoyens et citoyennes du Québec », souligne l’entreprise, en faisant référence aux commentaires positifs de l’industrie hôtelière après l’annonce, la semaine passée, du gouvernement provincial.

Un courriel écrit par AirbnbAirbnb propose un texte à envoyer au gouvernement du Québec pour dénoncer ce projet de règlement. Photo : Radio-Canada

Un numéro d’enregistrement obligatoire

Tel que l’avait révélé Radio-Canada, Québec compte obliger les propriétaires et les locataires souhaitant louer leur résidence principale à obtenir un numéro d’enregistrement auprès de la Corporation de l’industrie touristique du Québec (CITQ).

Ce numéro devra impérativement être affiché dans les annonces de location, sous peine d’amende. L’accord du syndicat de copropriété sera également indispensable.

Avec ces nouveaux éléments, qui viennent enrichir une loi sur les établissements touristiques jugée « floue » et « désuète » par la ministre du Tourisme, Québec souhaite donner « plus de mordant » aux inspecteurs de Revenu Québec, chargés d’enquêter et de délivrer, si nécessaire, des constats d’infraction.

Dans ce message proposé aux locateurs, Airbnb invite le gouvernement à faire « la distinction entre les personnes partageant leur domicile ou leur résidence secondaire, comme un chalet ou un logement étudiant, et les professionnels de la location de courte durée ».

Ces nouvelles règles alourdiront le processus de location et limiteront la capacité des Québécois de partager leur logement Airbnb.

Airbnb, dans un courriel envoyé aux utilisateurs de sa plateforme

Alors que toutes les personnes souhaitant louer leur résidence principale pourront le faire sans limitation sur le nombre de nuitées − sauf si un règlement municipal voit le jour, comme cela est envisagé par la Ville de Québec −, ce ne sera pas le cas pour les résidences secondaires.

Lorsque ce projet de règlement sera en vigueur, les propriétaires voulant louer leur résidence secondaire devront obtenir une attestation de classification, quelle que soit la fréquence de location.

Québec ajoute « une source de friction », selon Airbnb

Dans un courriel envoyé à Radio-Canada, Airbnb assure que Québec « a décidé d’ajouter une couche de bureaucratie et une source de friction pour » les Québécois voulant louer l’un de leurs logements. « Cette proposition est dépourvue de la nuance nécessaire à réglementer de façon efficace le partage de logement », mentionne Alex Dagg, porte-parole de l’entreprise au Canada, tout en indiquant que la firme a « hâte d’en savoir plus sur le processus d’application que le gouvernement propose ».

Les commentaires seront pris en compte, répond Québec

Contacté par Radio-Canada, le cabinet de Caroline Proulx n’a pas voulu faire de commentaires sur le contenu de ce message. L’équipe de la ministre du Tourisme admet cependant que « quelques messages » lui ont déjà été envoyés par des utilisateurs.

« Airbnb a le droit d’avoir son point de vue, comme tout acteur impliqué dans ce dossier. C’est le but de ce processus de consultation : entendre tout le monde qui est concerné. Ces commentaires seront comptabilisés et pris en compte », explique Raphaël Melançon, porte-parole de Caroline Proulx.

Au terme de ce processus de consultation d’une durée de 45 jours, des ajustements pourraient être apportés, avait précisé la ministre Proulx le 5 juin, en présentant officiellement ce projet de règlement. Une entrée en vigueur est envisagée pour cet automne.

Avec la collaboration de Naël Shiab

Tourisme

Économie