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L'École Roméo-Dallaire face aux défis des enfants de militaires

L'école Roméo-Dallaire à Winnipeg doit faire face chaque année à une cinquantaine de départs et d'arrivées d'enfants de militaires.

Photo : Radio-Canada

Abdoulaye Cissoko

Les mutations de familles de militaire ne touchent pas que les parents : les enfants sont également concernés par ces changements de pays, de ville et d'école. Comment les établissements scolaires gèrent-ils ces départs et ces arrivées? À Winnipeg, près de moitié des élèves de l'École Roméo-Dallaire sont des enfants de militaires.

À la prochaine rentrée scolaire, cet établissement de la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM) devrait accueillir 180 élèves, indique son directeur, Bernard Desautels. De ce nombre, environ 40% sont des enfants de militaires provenant principalement de la 17e Escadre de Winnipeg, une base militaire située à quelques minutes seulement de l'école.

Un homme souriant qui parle dans un microphone.

Bernard Desautels, directeur de l'École Roméo-Dallaire, à Winnipeg.

Photo : Radio-Canada

Ici, des élèves partent et arrivent en plein milieu de l'année scolaire. Selon Bernard Desautels, l'administration peut gérer près d'une cinquantaine de cas au cours d'une seule année.

Des défis majeurs

Sur le plan scolaire, le directeur affirme qu'il faut savoir réagir vite. Dans les dernières semaines, par exemple, trois enfants de militaires ont quitté l'établissement parce que leurs parents ont été mutés ailleurs.

Il fallait que leurs bulletins et tous leurs dossiers soient prêts avant. Des fois, lors des missions, on nous informe seulement une semaine à l'avance , dit-il.

Une école avec un drapeau du Canada qui flotte dessus.

L'École Roméo-Dallaire est située près de la base de la 17e Escadre, à Winnipeg.

Photo : Radio-Canada

La clé : avoir une bonne communication lorsqu'il s'agit, par exemple, d'accueillir des familles. Car, selon Bernard Desautels, si certaines préviennent la direction de l'établissement avant de venir, très souvent, ce sont des visites à l'improviste.

Il faut être proactif et aussi réactif. Ce matin, j'avais des choses planifiées, mais je reçois des parents venus inscrire leur enfant. Alors j'arrête tout pour les accueillir et m'assurer que je réponds à leurs questions , affirme-t-il.

La famille en question, c'est celle du caporal Guillaume Thibault-Dubuc. Ce militaire de la base de Valcartier, au Québec, est muté à Winnipeg, où il doit s'installer en septembre. Avec sa conjointe, il est venu visiter l’école dans le but d'y inscrire leur fille de 7 ans.

Deux hommes et une femme debout en train de discuter.

Le caporal Guillaume Thibault-Dubuc et sa conjointe visitant l'école.

Photo : Radio-Canada

D'après M. Desautels, ces rencontres sont importantes, car elles permettent de faire des évaluations afin de s'assurer que les futurs élèves n'ont pas de besoins spéciaux, par exemple. Si c'est le cas, il convient de voir ce qu'il faut mettre en place pour bien les accueillir et les inclure, indique le directeur.

J'ai eu dernièrement des rencontres avec une famille dont la petite fille a des défis particuliers. Nous avons fait appel à nos spécialistes divisionnaires et nous avons ainsi pu discuter avec les parents , précise-t-il.

Il explique qu'il y a parfois aussi des défis avec des familles qui rentrent de missions militaires et qui vivent différentes sortes de stress.

Si Bernard Desautels est à l'aise à ce sujet, c'est qu'il sait de quoi il parle. Il a passé 42 ans dans l'Armée canadienne. Une expérience qui lui permet de mieux répondre aux besoins des familles de militaires et de réagir en conséquence.

J'ai fait plusieurs missions et je comprends les familles qui arrivent ici avec des soucis liés au stress du déménagement, et tout ce que cela peut causer chez l'enfant, mais aussi chez les parents.

Bernard Desautels, directeur de l'École Roméo-Dallaire

Du côté des enseignants, les défis ne sont pas moins importants. Tiffany Lyon enseigne dans une classe de maternelle de 20 élèves, dont 11 sont des enfants de militaires.

Une enseignante de maternelle assise avec deux fillettes.

Tiffany Lyon en compagnie de deux élèves de la maternelle dont les parents vont quitter Winnipeg très prochainement.

Photo : Radio-Canada

Deux élèves ont déjà quitté sa classe au cours de l'année, et deux autres ne seront plus à Winnipeg à la prochaine rentrée.

Elle aussi a appris à être réactive. C'est difficile de tout préparer, car on ne sait pas combien d'élèves vont arriver. J'ai donc toujours des choses en surplus. J'ai également appris à être plus flexible et à accueillir tout le monde , explique-t-elle.

Une enseignante debout en face d'une éleve.

Janelle Paradis, enseignante à l'École Roméo-Dallaire

Photo : Radio-Canada

Accueillir, mais également tenir compte de l'état psychologique des enfants. Il faut être conscient qu'ils peuvent passer par des changements de comportements en classe lorsque leurs parents sont en mission, ce qui peut affecter leur rendement scolaire , fait remarquer Janelle Paradis, enseignante de 2e année.

Des émotions à gérer

Il faut donc gérer les émotions des enfants, et parfois celles des parents eux-mêmes. J'ai une élève qui est partie plus tôt cette année. C'est la maman que j'ai dû consoler. Elle trouvait difficile de déraciner sa fille en pleine année scolaire , se souvient Tiffany Lyon.

Une fillette avec des lunettes.

Nora Hansen, élève de 2e année.

Photo : Radio-Canada

Des enfants qui changent d'école, Nora Hansen, élève de 2e année, en a connu. Trois de ces camarades de classe ont quitté Winnipeg.

J'étais triste parce que je pensais que c'était des amis pour longtemps.

Nora Hansen, élève de 2e année

Si elle dit s'être fait de nouveaux amis depuis, cette enfant de militaire n'a pas rompu avec ses anciens camarades avec lesquels elle communique toujours grâce aux médias sociaux.

Aurélie Pelletier, élève de 4e année, a également trouvé dur de quitter le Québec et, par la suite, l'Allemagne, l'année dernière, quand ses parents ont été mutés à Winnipeg.

Une élève de 4e année debout.

Aurélie Pelletier, élève de 4e année

Photo : Radio-Canada

Je pleurais dans l'autobus. Je ne savais rien de Winnipeg. Mes parents m'ont dit qu'il fera plus chaud et plus froid , se souvient-elle.

Le caporal Guillaume Thibault-Dubuc raconte que sa fille de 7 ans n'était pas ouverte à l'idée de perdre ses amis. Elle nous a demandé si l'on pouvait les amener avec nous , raconte-t-il en souriant.

Il ajoute qu'il a fallu aussi répondre à une série de questions de sa fille : y a-t-il un cinéma à Winnipeg, quels animaux trouve-t-on au zoo, ou encore, est-ce qu'elle va pouvoir jouer au soccer une fois à Winnipeg?

On l'a rassurée en lui disant que Winnipeg est une belle ville avec beaucoup d'activités pour les enfants , raconte-t-il. Et depuis, elle se sent moins stressée.

Manitoba

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