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Crise des opioïdes : des villes ontariennes inquiètes

Une dose injectable de naloxone, qui sert d'antidote aux opioïdes

Le naloxone sert d'antidote aux opioïdes

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La crise des opioïdes continue à faire des ravages en Ontario. Tandis que Peterborough fait face à un triste nombre record de surdoses ce mois-ci, la médecin-hygiéniste en chef de Toronto sonne l'alarme concernant une augmentation « sans précédent » des surdoses mortelles dans la métropole canadienne et appelle les gouvernements à agir.

Le conseiller municipal Joe Cressy, qui préside la Commission de la santé publique de Toronto, ne mâche pas ses mots. Il parle d'une crise de santé publique et estime que la province faillit à son rôle.

Nous sommes au milieu d'une des crises de santé publique les plus meurtrières en Ontario et à Toronto. Chaque jour, nous perdons trois personnes à cause d'une surdose qu'on aurait pu éviter , déclare-t-il.

M. Cressy se désole qu'au cœur de cette crise, la province n'ait accepté de financer que six des neuf centres de prévention des surdoses à Toronto.

En attendant, les trois autres centres continuent de fonctionner, mais leur avenir est incertain, indique le conseiller.

Les centres qui ont perdu leur financement de la province doivent faire des collectes de fonds, ce qui est inacceptable en 2019

Joe Cressy, conseiller municipal

Au mois d'avril, ces centres avaient pu compter sur une aide du fédéral qui a pris fin depuis.

Selon les données préliminaires du Bureau du coroner, il y a eu 1363 décès par surdose d'opioïdes en Ontario l'an dernier, dont 294 à Toronto. Et toutes le enquêtes du coroner ne sont pas terminées alors on peut s'attendre à ce que ces données augmentent encore , indique Susan Shepherd, la directrice au Soutien stratégique à la Santé publique Toronto.

Deux trousses de naloxone

Les trousses de naloxone sont offertes sous forme injectable ou en vaporisateur.

Photo : Radio-Canada / Fanny Lachance-Paquette

Le Bureau de santé de la Ville compte d'ailleurs demander la semaine prochaine au conseil municipal de réviser son plan d'action de prévention des surdoses qui n'a pas été revu depuis deux ans.

Le Bureau recommande entre autres à la Ville de fournir de meilleurs services aux communautés défavorisées, et demande à la province de rétablir le financement des centres de prévention des surdoses retiré en mars dernier.

Un financement toujours attendu

La province a promis une enveloppe de 31,3 millions pour ces 15 sites de consommation et de traitement comme elle les a renommés. Pour le moment, ce financement se fait toujours attendre.

L'opposition néo-démocrate s'en inquiète. La porte-parole du NPD en matière de santé mentale et des toxicomanies, Bhutila Karpoche, a fait savoir par voie de communiqué qu'il était honteux de refuser des demandes et de suspendre le financement de ces centres en plein milieu d'une crise de surdoses d'opioïdes.

De son côté, la chef de l'opposition néo-démocrate, Andrea Horwath, conteste le choix de la province de restreindre le nombre de ces sites à 21 au total.

Il y a des demandes qui se font refuser et il y a des besoins dans plusieurs municipalités. Pourquoi seulement 21 ?

Andrea Horwath, chef du NPD Ontario porte un petit manteau bleu marine et un foulard à fleurs elle est dans une rue d'Ottawa.

Andrea Horwath, chef du NPD Ontario

Photo : Radio-Canada

Le gouvernement affirme pour sa part qu'il est en train d'élaborer un système mieux coordonné , citant entre autres la création d'un Centre d'excellence en santé mentale et en lutte contre les dépendances et la nouvelle méga-agence Santé Ontario.

Le ministère de la Santé et des Soins de longue durée collabore activement avec les sites approuvés pour faciliter leur transition, notamment en finalisant les accords de financement dans le cadre du nouveau modèle plus complet associant les patients à des soutiens complets pour le traitement et la réadaptation. Tous les sites approuvés recevront rapidement les accords de financement du ministère , écrit dans un courriel la porte-parole de la ministre de la Santé Christine Elliott, Hayley Chazan.

Ailleurs dans la province

Du côté de London, un seul des trois centres de prévention des surdoses souhaités a pu ouvrir ses portes. Les deux autres n'ont pas pu, faute de moyens.

À Ottawa, le centre d'injection supervisée de la rue Clarence continue également de fonctionner, mais sans les fonds provinciaux.

Les 15 centres financés par la province :

  • Toronto : 6
  • Ottawa : 3
  • London, Kingston, Guelph, Hamilton, Ste. Catharines et Thunder Bay : 1 chacun

La province ajoute qu'elle est toujours en train d'examiner les demandes d'organisations intéressées à ouvrir un site de consommation et de traitement. Les demandes continueront d'être examinées sur une base continue, en fonction des critères énoncés , conclut Mme Chazan.

Toronto

Politique provinciale