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Frustration et inquiétude chez les sinistrés du Pontiac

Une maison de deux étages sur une butte de terre entourée par l'eau
Une maison isolée par la crue sur la rue Clarendon, à Quyon. Photo: Radio-Canada / Christian Milette
Radio-Canada

Des sinistrés des inondations du Pontiac ont exprimé leur frustration lors de la rencontre publique de lundi soir qui s'est tenue à Luskville.

De nombreux sinistrés des inondations de la région du Pontiac ont pu obtenir les détails du nouveau programme d'indemnisation et d'aide financière du gouvernement du Québec.

Des résidents ont l'impression que les employés gouvernementaux et municipaux ne sont pas présents pour les aider à se débarrasser des nombreux déchets laissés sur leur terrain par les inondations ou pour assurer leur sécurité.

Plusieurs citoyens ont été forcés d'évacuer leur maison lorsque la rivière des Outaouais est sortie de son lit ce printemps.

Irène Nadeau, une sinistrée, a souhaité recevoir plus d’informations et de l’aide pour remplir les nombreux formulaires.

J’ai besoin d’aide pour remplir les formulaires, c’est clair, mais des fois il y a des points d’interrogation. Ça fait deux fois que j’appelle et je n’ai pas de réponse. Je suis très déçue de ça , a fait valoir Mme Nadeau.

De son côté, Roland Normandeau, 81 ans, a de la difficulté à identifier les dangers présents dans sa maison qui a été inondée.

J’aimerais que quelqu’un vienne chez moi pour dire : ça, il y a du danger, ça, il n’y a pas de danger , a affirmé M. Normandeau lors de la rencontre de lundi soir.

En 2017, l’assurance a tout payé, cette année l’assurance ne paie plus.

Roland Normandeau

Des citoyens ont dénoncé la façon dont le programme d'indemnisation et d'aide financière a été pensé. Selon eux, le programme ne prend pas en considération la réalité des milieux ruraux, dont la disponibilité des entrepreneurs.

Alain Goulet répond aux questions du journaliste.Alain Goulet se dit déçu de la façon dont la municipalité a géré le nettoyage des inondations printanières. Photo : Radio-Canada / Matthew Kupfer

C'est une préoccupation pour Alain Goulet, un résident du Pontiac qui attend toujours le dédommagement pour son immeuble locatif de 2017.

Le ministère de la Sécurité publique demande un minimum de deux soumissions d’entrepreneur avec une licence RBQ pour faire des travaux [...] ici dans le Pontiac c’est presque impossible, car les entrepreneurs savent qu’ils ont juste 50% des chances d’obtenir le contrat et ils chargent plus cher parce qu’il faut voyager pour venir ici , a expliqué M. Goulet.

Conteneur à déchets

Alain Goulet, qui habite sur le chemin Dion, dit que ses voisins ont décidé de louer leur propre benne à ordures lorsqu'ils ont appris que la municipalité ne s'acquitterait pas de cette tâche.

Nous nous sommes débrouillés seuls parce que la municipalité n'était manifestement pas là pour nous , a mentionné M. Goulet. Étonnamment, les désastres rapprochent les gens.

On s'est tous réunis, on a loué un conteneur, on a désigné un endroit pour la ferraille recyclable.

Alain Goulet

Selon la mairesse de Pontiac, Joanne Labadie, le ministère de la Sécurité publique du Québec avait d'abord prévu indemniser les résidents pour la location de conteneurs.

Elle a déclaré que ce plan avait été développé à la suite de plaintes déposées en 2017 au sujet de l'emplacement et de la date de mise en place des conteneurs. Cette année-là, dit-elle, Luskville a loué 300 bennes à ordures en trois semaines au coût de 80 000 $.

Joanne Labadie répond aux questions du journaliste.La mairesse Joanne Labadie dit qu'elle parcourt les 47 kilomètres de berges inondées de sa collectivité depuis le début des inondations. Photo : Radio-Canada / Laura Osman

Toutefois, Mme Labadie a déclaré que la pénurie de bennes à ordures, la complexité des contrats de location et la réticence des entreprises à louer aux résidents plutôt qu'à la municipalité ont amené le gouvernement à intervenir.

Nous allons distribuer des poubelles dans les semaines à venir. Nous devons lancer un appel d'offres pour l'achat des bennes à ordures parce que nous ne sommes plus en état d'urgence , a précisé Mme Labadie.

Elle a ajouté que la Municipalité distribuera des bennes à ordures cette fin de semaine, afin que les résidents puissent commencer à nettoyer avant la fin de l'appel d'offres.

La mairesse a fait valoir qu'une partie du nettoyage a été plus lent que prévu parce que l'eau s'est retirée très tard cette année et que les ingénieurs ont dû s'assurer que les routes étaient sécuritaires.

Avec les informations de Matthew Kupfer et Laurie Trudel

Ottawa-Gatineau

Politique municipale