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Au Canada, 9 personnes sur 10 ont déjà été bernées par de fausses nouvelles

Un homme surfe sur le web.
L'enquête a été réalisée auprès de plus de 25 000 utilisateurs d'Internet à travers le monde, dont au Canada. Photo: Unsplash/Lee Campbell
Bouchra Ouatik

Au Canada, 90 % des gens admettent avoir été bernés au moins une fois par des fausses nouvelles sur Internet, citant Facebook comme la principale source d’information trompeuse, selon une enquête mondiale.

L'enquête menée par Ipsos pour le compte du Centre pour l'innovation dans la gouvernance internationale (Nouvelle fenêtre) (CIGI) a sondé plus de 25 000 utilisateurs et utilisatrices d'Internet de 25 pays dans le monde, dont le Canada.

Seulement 10 % des personnes sondées au Canada disent ne jamais avoir été bernées par des fausses nouvelles, définies par le sondage comme de l'information complètement ou partiellement fausse.

Si plus de la moitié des personnes interrogées ont affirmé avoir « rarement » été trompées par des fausses nouvelles, un tiers d'entre elles ont dit que cela leur était arrivé « parfois », tandis que 5 % ont admis que cela leur était arrivé « fréquemment ».

Au Canada, le taux de personnes qui ont admis avoir été trompées par des fausses nouvelles est légèrement supérieur à la moyenne mondiale, qui s’établit à 86 %, et à la moyenne nord-américaine, qui s’établit à 87 %, selon le sondage.

L’Égypte présente le taux le plus élevé, avec 93 % des personnes sondées qui ont admis avoir été trompées par des fausses nouvelles. Le taux le plus bas est celui du Pakistan, où 72 % des personnes interrogées ont affirmé avoir été trompées par de fausses nouvelles.

Le Canada se classe donc légèrement au-dessus de la moyenne mondiale, puisqu’à travers le monde, 86 % disent avoir déjà cru à de fausses nouvelles. Le sondage ne définit pas toutefois ce qui constitue une fausse nouvelle, puisque ce terme est utilisé autant pour décrire des articles satiriques que des tentatives de désinformation. Il est aussi possible que des répondants aient cru à de fausses nouvelles sans le réaliser.

Les Canadiens considèrent que les réseaux sociaux sont une cause plus importante de l’érosion de la confiance sur Internet que ne l’est la cybercriminalité.

Les médias sociaux blâmés

Au Canada, le sondage révèle une méfiance généralisée des gens envers les médias sociaux.

Questionnées sur les sources des fausses nouvelles, plus des deux tiers des personnes qui ont répondu au sondage au Canada ont blâmé Facebook et les médias sociaux en général, tandis que 62 % citaient « l’Internet en général ».

À titre de comparaison, la télévision est citée par 45 % des personnes interrogées, suivie des « médias de masse », cités à 43 %, et par les médias écrits, cités à 35 %.

Au Canada, les répondants blâmaient aussi le gouvernement canadien (57 %), les gouvernements étrangers (74 %), les organisations internationales (66 %), les ONG (68 %), les utilisateurs de réseaux sociaux (71 %) et les internautes en général (64 %).

Quant aux partis politiques, les Canadiens blâment autant la droite que la gauche, puisque 75 % des répondants considèrent que les partis de droite sont responsables des fausses nouvelles, et contre 72 % pour les partis de gauche.

Le sondage demandait aussi aux internautes de nommer le pays qui est le plus responsable de la propagation des fausses nouvelles. Pour les Canadiens, comme pour les Turcs, les États-Unis étaient le plus grand responsable. Fait surprenant, les Américains pointaient également du doigt leur propre pays comme principal responsable. La Russie a été considérée comme le plus grand auteur de fausses nouvelles par les Britanniques et les Polonais, tandis que les habitants de Hong Kong, du Japon et de l’Inde étaient plus enclins à blâmer la Chine.

Peu de conséquences sur la politique intérieure selon les Canadiens

Les Canadiens sont parmi les moins perturbés par les fausses nouvelles en ce qui concerne les débats politiques.

Ils ne sont que 31 % à croire que cela a un impact très négatif sur la politique de leur pays, contre 54 % des Américains. Dans certains pays, tels que le Nigeria, le Kenya et la Tunisie, plus de 60 % des répondants considèrent que les fausses nouvelles nuisent à la politique intérieure.

Les discussions politiques entre amis et en famille seraient également peu perturbées par les fausses nouvelles, selon les Canadiens, qui n’étaient que 21 % à considérer que cela avait un effet négatif, soit moins que les Américains (34 %) et que la moyenne mondiale (33 %).

Les répondants canadiens considéraient également que les fausses nouvelles avaient peu de nouvelles sur les discussions politiques en général. À ce sujet, 32 % ont identifié que cela avait un effet fortement négatif, contre 55 % des Américains. À l’échelle mondiale, ce taux se situait à 43 %.

Les Canadiens sont par exemple nombreux à croire que les réseaux sociaux ont favorisé l’ingérence étrangère en politique, soit 43 % des répondants.

Une méfiance généralisée envers Internet

À l’échelle mondiale, une personne sur quatre ne fait pas confiance à Internet, selon le sondage.

Parmi les personnes qui ne font pas confiance à Internet, 81 % ont cité comme raison les cybercriminels, et 75 %, les plateformes de médias sociaux. Soixante-six pour cent ont mentionné les gouvernements étrangers et le gouvernement en général, et 65 % ont attribué leur méfiance aux moteurs de recherche, tels que Google.

Que faire pour régler le problème des fausses nouvelles?

À travers le monde, la majorité des répondants considèrent que les géants d’Internet et les gouvernements ont tous une part de responsabilité dans le problème.

Près de la moitié des Canadiens (46 %) croient que le gouvernement devrait intervenir pour restreindre la propagation de fausses nouvelles.

Les Canadiens sont par contre très nombreux à croire que les réseaux sociaux devraient supprimer des comptes liés aux fausses nouvelles (83 %) ou supprimer des publications jugées fausses (84 %).

La majorité des répondants aimeraient que les utilisateurs humilient ceux qui partagent des fausses nouvelles, et 70 % des Canadiens ont dit qu’ils appuyaient cette proposition. Les Canadiens préfèrent par contre miser sur l’éducation pour éradiquer le problème (88 %). Bon nombre de répondants croient aussi que la suppression automatique de fausses nouvelles serait une bonne solution (71 % des Canadiens).

Quant à savoir qui devrait déterminer ce qui constitue une fausse nouvelle — les gouvernements, les réseaux sociaux, les utilisateurs eux-mêmes, les organisations internationales ou autre — la plupart des répondants croient que personne ne devrait être responsable de prendre cette décision.

Finalement, plus d’un Canadien sur quatre dit s’être tourné vers un site de vérifications de faits dans la dernière année en réaction aux fausses nouvelles, tandis qu’un sur cinq dit utiliser les médias sociaux moins souvent à cause de ce problème.

Méthodologie

Le sondage a été mené du 21 décembre 2018 au 10 février 2019 dans 25 pays. La marge d'erreur varie de plus ou moins 3,1 à 3,5 %, 19 fois sur 20, selon que l'enquête a été réalisée en ligne ou en personne.

Avec des informations d'Elizabeth Thompson de CBC et de La Presse canadienne.

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