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Ségolène Royal applaudit la « différence » dans le discours environnemental de Legault

Ségolène Royal discute.
L'ex-ministre française Ségolène Royal se réjouit des engagements environnementaux du Canada et du Québec. Photo: Radio-Canada / Ivanoh Demers
Romain Schué

« Ça y est, la dimension climatique est intégrée » dans le discours de François Legault, assure l'ex-candidate à l'élection présidentielle française et ancienne ministre de l'Environnement, Ségolène Royal. Cette dernière, de passage à Montréal, vante « la vraie volonté » du Canada à lutter contre les changements climatiques.

Lors de la dernière visite de François Legault en France, en janvier, l’environnement n’avait pas assez de place , souligne Ségolène Royal, dans une entrevue accordée à Radio-Canada.

Je vois la différence , poursuit-elle.

Installée dans un canapé du bar de l’hôtel Bonaventure, l’ex-ministre française de l’Environnement (1992-1993, puis 2014-2017) vient tout juste de quitter la table d’honneur de la Conférence de Montréal, un événement organisé par le Forum économique international des Amériques (FEIA), qui se tient dans la métropole québécoise jusqu’à jeudi.

Un peu plus tôt, le premier ministre Legault avait prononcé un discours devant un parterre de personnalités, dont celle qui a été nommée, après l’élection d’Emmanuel Macron, ambassadrice chargée de la négociation internationale pour les pôles arctique et antarctique.

« Les choses ont évolué » et « je m’en réjouis », mentionne la première femme à accéder au second tour de l’élection présidentielle française, en 2007 [elle a été battue par Nicolas Sarkozy], en faisant référence à la volonté de François Legault de mettre de l’avant l’hydroélectricité québécoise.

La prise de conscience s’est faite. Puis il y a eu aussi toutes ces manifestations des jeunes. Personne ne peut nier les conséquences du dérèglement climatique.

Ségolène Royal, ex-ministre de l’Environnement en France
Entrevue avec Ségolène Royal à l'émission 24/60

L'environnement autrefois perçu comme « un sujet de femmes », rappelle Royal

Membre influente de l’historique Accord de Paris en 2015, qui a mené à une série d’engagements internationaux, reniés ensuite par les États-Unis de Donald Trump, Ségolène Royal insiste sur les changements de mentalité au fil des dernières années.

Au cours de son premier passage à la tête du ministère de l’Environnement, au début des années 1990, il y avait de la condescendance , détaille la politicienne de 65 ans.

C’était des sujets pour les femmes, des sujets de femmes. Il y avait l’idée que c’était antiéconomique. Il fallait choisir entre environnement et économie , poursuit-elle.

Pour certains, ajoute l’ancienne compagne du président François Hollande (2012-2017), il y avait l’idée que l’environnement se résumait aux oiseaux et aux petites fleurs .

Ségolène Royal se tient debout.Ségolène Royal assure voir une différence entre le discours de François Legault réalisé à Paris le 22 janvier et ses prises de parole actuelles. Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le Québec, salue-t-elle, a eu des gens visionnaires pour dire que ce ne sera pas le nucléaire, [mais] l’hydroélectricité .

« Dans les années 50, 60, en France, les énergies renouvelables n’étaient pas considérées comme des énergies nobles, déplore-t-elle. Tous les investissements ont été engloutis dans le nucléaire. »

Un retour actif pas exclu

A-t-elle tiré un trait sur une vie politique plus active? Non, pas forcément , confie-t-elle, sans vouloir donner davantage de détails. J’ai refusé des propositions dans le privé. Pour l’instant, je me consacre toujours à l’intérêt général et à l’enjeu environnemental. C’est le sens de ma vie de toute façon [...] La suite, on verra , avance celle qui a quitté le Parti socialiste. Je ne me reconnais plus dans l’appareil du parti [...] mais je regarde avec bienveillance ce qu’ils font , avoue-t-elle.

Royal dénonce les « lobbys de l'automobile et du pétrole »

Quel est le rôle, désormais, de l’ex-députée? Je défends la continuité et l’application de la COP21 (l’Accord de Paris) [dans le but] d’éliminer le pétrole , résume Ségolène Royal, avant de décrire sa mission.

La question des pôles [arctique et antarctique] est cruciale , puisqu’il s’agit de la partie du globe la plus fortement victime du dérèglement climatique , affirme l'ex-conseillère du président François Mitterrand. Tout ce qui se passe à l'échelle de la planète dépend aussi de cette dégradation de la fonte des glaces avec le premier impact sur le niveau de la mer , expose-t-elle.

À ses yeux, le Canada est sur la bonne voie. Que pense-t-elle de l’achat du pipeline Trans Mountain par le gouvernement fédéral, que Justin Trudeau doit régulièrement défendre?

On ne peut pas arrêter du jour au lendemain, malheureusement, les puits de pétrole, puisque la substitution n’est pas encore mise en place. C’est très lent pour passer à l’automobile propre , lâche-t-elle, en taclant la puissance des « lobbys de l’automobile et du pétrole ».

Vous vous rendez compte que, si demain, il y a une voiture électrique bon marché, tout le monde va l’acheter. D’ailleurs, les pays industrialisés ont intérêt à se bouger, sinon c’est la Chine et l’Inde qui la mettront sur le marché.

Ségolène Royal, ex-ministre de l’Environnement en France

L’environnement touche à des enjeux financiers considérables. Je l’ai vu avec la bataille que j’ai menée sur le glyphosate. Je le vois sur l’huile de palme, sur les pollutions chimiques , dit-elle.

Emmanuel Macron et Ségolène Royal discutent en marchant, devant l'Élysée.Ségolène Royal et Emmanuel Macron ont travaillé ensemble dans le même gouvernement socialiste, sous la présidence de François Hollande. Photo : Reuters / Philippe Wojazer

Ne pas miser sur la « rentabilité à court terme »

A-t-elle une position avant les proches élections fédérales de cet automne?

Tout en disant ne pas vouloir faire d’ingérence dans la politique du Canada , Ségolène Royal dénonce néanmoins, sans avancer de noms, ceux qui misent sur des satisfactions à court terme et une rentabilité à court terme qui sacrifie la rentabilité de demain .

Les électeurs sont citoyens de la planète. Chacun doit se demander dans quel état on va transmettre la planète à nos enfants. C’est tout , précise-t-elle.

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