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Des plaintes pour harcèlement « alimentées par un sentiment de vengeance », selon Lehouillier

Le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, en marge d'une rencontre politique.

Le maire de Lévis, Gilles Lehouillier

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Marc-Antoine Lavoie

C’est pour se venger d’avoir perdu leur emploi que trois ex-employées du cabinet du maire de Lévis auraient déposé des plaintes de harcèlement psychologique contre lui, affirme Gilles Lehouillier. Cette sortie est dénoncée par les plaignantes.

Les plaintes étaient non fondées, farfelues et alimentées par un sentiment de vengeance , pouvait-on lire dans le communiqué émis par l’équipe de Gilles Lehouillier pour réagir aux rejets des dénonciations des plaignantes à la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST).

En marge de la séance du conseil municipal de la Ville de Lévis, le maire a précisé ce qu'il entendait par un sentiment de vengeance . Selon lui, les personnes qui ont porté plainte avaient déjà été avisées, bien avant le début de la campagne électorale (de l’automne 2017), qu’elles ne feraient plus partie de l'équipe dans un deuxième mandat .

En ce sens, après, il y a eu une série de gestes qui ont été posés

Gilles Lehouillier, maire de Lévis

Les incidents allégués se seraient déroulés lors du premier mandat de Gilles Lehouillier comme maire de Lévis, entre 2013 et 2017.

Questionné à savoir pourquoi les plaignantes auraient été renvoyées, le maire s’est contenté de répondre qu’il s’agissait d’une question de gestion interne à la suite de la restructuration de son cabinet.

C’est n’importe quoi!

Les explications du maire Gilles Lehouillier sont démenties par les plaignantes. Rejointes par Radio-Canada, deux d’entre elles se défendent avec vigueur d’avoir porté plainte à la CNESST par opportunisme ou pour se venger d'avoir perdu un emploi.

C’est n’importe quoi , a réagi l'une des trois plaignantes, qui rappelle avoir quitté le cabinet à l’hiver 2017, soit bien avant les élections municipales de l’automne. J’ai éclaté de rire en écoutant ses explications , a-t-elle ajouté.

Une autre plaignante a admis qu’elle avait quitté son emploi au début de 2018, mais maintient que le comportement du maire était inacceptable depuis son entrée en poste, en 2013.

C’est l’accumulation des épisodes de harcèlement qui m’a incité à dénoncer, pas un quelconque esprit de vengeance , a-t-elle tenu à préciser.

Les jeunes femmes concernées, des anciennes employées de son cabinet, prétendent avoir été mêlées à plusieurs altercations verbales et physiques avec lui.

L’autre côté de la médaille

Gilles Lehouillier s’est dit déçu que la CNESST rejette les plaintes pour des raisons de délais.

J’avais d’ailleurs donné l’instruction à mon avocat de ne pas invoquer le délai de prescription , a-t-il affirmé.

Le maire a souvent mentionné qu’il avait hâte de faire connaître son côté de la médaille .

Maintenant que les plaintes sont abandonnées, il ne sait pas s’il ajoutera de l’huile sur le feu .

Maintenant, c'est la décision de la CNESST. Nous, on va voir demain ou dans les jours qui viennent comment on va réagir face à ça. Nous, on ne veut pas faire un spectacle avec ça , a soutenu Gilles Lehouillier.

Au total, Radio-Canada a pu recueillir les témoignages d’une demi-douzaine de personnes ayant travaillé auprès du maire de Lévis depuis 2013.

Ces ex-employés n’ont pas porté plainte contre Gilles Lehouillier, mais ont souligné l’existence d’un climat de travail malsain et inacceptable au sein de son cabinet.

Avec la collaboration d’Olivier Lemieux

Québec

Politique municipale