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Grenville-sur-la-Rouge : des citoyens mettent des bâtons dans les roues de Canada Carbon

Des citoyens de Grenville-sur-la-Rouge se sont mobilisés, devant l'église, samedi après-midi contre le projet minier projeté dans leur municipalité. On y voit une affiche qui dit « non à la mine .»
Des citoyens de Grenville-sur-la-Rouge lors d'une manifestation contre Canada Carbon (archives). Photo: Radio-Canada / Claudine Richard
Jérôme Bergeron

Une soixantaine de propriétaires interdisent à la minière Canada Carbon l’accès à plus de 100 lots et terrains de Grenville-sur-la-Rouge. Un défi de taille pour l’entreprise, qui souhaite exploiter une mine de graphite et une carrière de marbre sur le territoire de la petite municipalité des Basses-Laurentides.

Ils vont être empêchés de faire leur travail sur ces terrains-là , explique le co-porte-parole du groupe SOS Grenville-sur-la-Rouge (SOS GSLR), Normand Éthier.

Les 65 propriétaires ont déposé aux membres du conseil municipal mardi soir une copie des lettres qu'ils ont déjà envoyées à la minière.

Carole Gratton s’adresse au conseil municipal.Une résidente, Carole Gratton, s’adresse au conseil municipal de Grenville-sur-la-Rouge. Photo : Radio-Canada / Denis Babin

« Nous venons vous remettre une copie des lettres de refus des propriétaires détenant plus de 100 propriétés au périmètre du projet de mine proposé. Pour les propriétaires qui désireraient signer une lettre de refus pour l’accès à leur propriété, parce qu’un claim affecte leur propriété, nous prévoyons être présents à l’extérieur de l’hôtel de ville 30 minutes avant chaque réunion du conseil », a mentionné Carole Gratton.

Les opposants rappellent que la Loi sur les mines du Québec exige, depuis 2013, que les propriétaires de terrains et résidences fournissent une autorisation écrite à une entreprise avant qu’elle ne puisse accéder à leur terrain et y faire des travaux d’exploration minière.

Ce n'est vraiment pas l’endroit pour une mine à ciel ouvert! Ces lettres sont la preuve concrète que l’acceptabilité sociale n’a jamais été là.

Normand Éthier, co-porte-parole du groupe SOS Grenville-sur-la-Rouge

Ces lettres, qui auraient une valeur juridique selon le regroupement, interdisent totalement à la minière l’accès aux terrains.

Ils ne veulent pas que la mine aille faire des prélèvements ou du forage. Dès que ces lettres-là sont reçues et que tout le monde est au courant, ils n’ont pas le droit d’aller faire quoi que ce soit sur ces terrains-là , ajoute monsieur Éthier.

Au total, près de 80 % des propriétaires les plus directement touchés par les futures activités de la minière auraient rempli ces documents, qui seront également acheminés au ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles du Québec (MERN).

Les résidents craignent l’impact environnemental du développement de cette mine.

Vous imaginez une mine à ciel ouvert qui vient s’installer à moins de 1,25 km d’un camp de vacances pour enfants, à moins de 1,5 km d’un lac dont l’eau est réputée pour être très pure [...] les gens ne veulent pas que leur milieu de vie soit bouleversé de cette façon , avancent-ils.

Une guerre qui dure depuis deux ans

Quelle sera la réaction de la minière face à ces nombreux refus de passage de citoyens? Normand Éthier croit qu’elle répondra par la bouche de ses avocats.

C’est sûr que la compagnie ne sera pas contente. Est-ce qu’elle va multiplier les recours en justice? On ne sait pas. Parce que là, elle multiplie les recours en justice tous azimuts.

Normand Éthier, co-porte-parole du groupe SOS Grenville-sur-la-Rouge

La compagnie minière Canada Carbon, située à Vancouver, poursuit Grenville-sur-la-Rouge en dommages pour 96 millions de dollars à la suite du blocage d’un de ses projets.

Les sommes réclamées par Canada Carbon représentent près de 20 fois le budget annuel de la petite municipalité de 2800 habitants.

Même si aucune décision n’a été rendue pour l’instant, le dossier a déjà de lourdes répercussions sur les finances de Grenville-sur-la-Rouge.

La Municipalité a déjà injecté plus de 200 000 $ dans ce combat juridique. Le maire Tom Arnold prévoit que la bataille juridique pourrait se poursuivre pendant au moins un an.

Elle a même décidé de lancer, en mai dernier, une campagne de financement participatif pour l’aider à payer les frais engagés.

L'entreprise Canada Carbon a refusé de répondre à nos questions.

Ottawa-Gatineau

Procès et poursuites