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Le Mexique accepte de mettre sur la table une entente sur les tiers pays sûrs

Des gardes frontaliers interrogent des familles de migrants d'Amérique centrale à la frontière entre le Mexique et les États-Unis.
Donald Trump n'a finalement pas mis à exécution sa menace d'imposer des tarifs douaniers au Mexique, puisque le pays a « accepté de prendre des mesures fermes » pour endiguer le flot de migrants. Photo: Reuters / Lucy Nicholson
Radio-Canada

Si l'afflux de migrants vers les États-Unis ne se tarit pas au cours des prochains mois, Mexico et Washington reprendront les négociations, qui incluront notamment l'option de faire du Mexique un tiers pays sûr.

Le ministre des Affaires étrangères du Mexique, Marcelo Ebrard, a indiqué au cours d'une conférence de presse, lundi, que le gouvernement mexicain avait accepté que la modification du processus de demandes d'asile revienne à la table des négociations si le flot des migrants transitant par le Mexique pour se rendre à la frontière américaine n'était pas freiné d'ici 45 jours.

Même s'il a évité les tarifs douaniers sur ses produits exportés aux États-Unis brandis par le président Trump en s'entendant avec les États-Unis sur la question migratoire vendredi dernier, le Mexique n'est pas au bout de ses peines.

Une éventuelle entente sur les tiers pays sûrs, réclamée par les États-Unis et rejetée par le Mexique depuis des années, ferait partie des sujets de négociation, a admis le ministre Ebrard.

Si jamais les autorités mexicaines acceptaient d'entériner un tel accord avec les États-Unis, les migrants originaires de pays d'Amérique centrale tentant de gagner les États-Unis par le Mexique seraient obligés, après avoir traversé les postes frontaliers mexicains, de demander l'asile au Mexique sans possibilité d'adresser leur requête auprès des États-Unis, même si c'était leur destination.

Les États-Unis et le Canada sont déjà unis par une telle entente, à laquelle on a attribué la forte hausse des passages irréguliers à la frontière canadienne.

Trump contredit

Le ministre Marcelo Ebrard brandit un document sous le regard du président mexicain, Andres Manuel Lopez Obrador. Marcelo Ebrard a affirmé au cours d'une conférence de presse que les demandes initiales des États-Unis étaient fort différentes de ce qu'ils ont accepté vendredi. Photo : Reuters / Gustavo Graf Maldonado

Le ministre Ebrard a contredit Donald Trump, qui a fait miroiter l'existence de dispositions secrètes dans l'accord de vendredi.

En matinée, le président américain a affirmé sur Twitter que les deux pays avaient « signé » une entente sur l'immigration et la sécurité comprenant une disposition réclamée depuis longtemps par les États-Unis qui serait « révélée dans un avenir rapproché » et « soumise au vote du corps législatif mexicain ».

Nous ne prévoyons pas de problème avec le vote, mais, si pour une raison quelconque l'approbation n'est pas obtenue, les tarifs seront rétablis , a-t-il ajouté.

Il n'a pas précisé la teneur de cette mesure, mais certains croient qu'il faisait référence à une entente sur les pays sûrs, qui devrait être soumise au vote du Congrès mexicain.

Le ministre Ebrard a précisé que les deux parties s'étaient plutôt entendues pour réévaluer la situation dans les prochains mois.

Lors de la réunion avec le vice-président des États-Unis [Mike Pence], ils ont insisté sur la question des tiers pays sûrs, a expliqué M. Ebrard.

Nous leur avons dit, et je pense que c'était la plus grande réussite des négociations : prenons le temps de voir si ce que propose le Mexique fonctionne, et sinon, nous discuterons pour voir si des mesures supplémentaires sont nécessaires, a poursuivi le ministre.

Les solutions préconisées par chacun des pays seraient alors examinées, a-t-il ajouté.

Le Mexique met plutôt de l'avant une entente régionale, qui inclurait également des pays comme le Panama, le Guatemala et le Brésil, et se ferait avec la collaboration de l'Agence des Nations unies pour les réfugiés, a précisé M. Ebrard.

Le Mexique en sursis

Le président américain, qui a fait de la lutte contre l'immigration clandestine le fer de lance de sa présidence, avait mis son voisin sous pression, fin mai, en menaçant d'imposer des taxes de 5 % à partir de lundi et d'augmenter ce taux de 5 points par mois pour qu'il atteigne 25 % en octobre.

Alors que le nouvel accord de libre-échange nord-américain n'est même pas encore ratifié, le conflit commercial a cependant pu être évité – du moins pour le moment – après plusieurs jours de pourparlers.

Selon la déclaration commune des deux pays publiée vendredi, le Mexique s'est engagé à prendre des « mesures sans précédent », notamment le déploiement de sa Garde nationale, ainsi que des actions contre les réseaux de passeurs, de transport et de financement de l'immigration clandestine.

Le New York Times a rapporté que la plupart des mesures annoncées vendredi avaient déjà été convenues lors de négociations antérieures, ce qu'a nié le président Trump sur Twitter.

Avec les informations de New York Times, ABC News, AFP, et Reuters

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