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La famille Lunam fait ses adieux à Winnipeg, et ses valises pour Bagotville

Abdoulaye Cissoko

Après neuf ans à Winnipeg, le caporal-chef Dave Lunam et sa famille s'apprêtent à déménager au Québec. Dans moins d'un mois, Dave Lunam rejoindra la base de Bagotville, et pour son épouse et leur fille, ce déménagement est un nouveau départ.

« C'est difficile de partir d'une place où je connais tout vers une place où je ne connais rien », dit Emy Lunam.

À 17 ans, cette élève de 11e année du Collège Louis-Riel a passé plus de la moitié de sa vie à Winnipeg. Des années au cours desquelles elle a appris l'anglais, au point de devenir parfaitement bilingue. Elle a aussi découvert l'Ouest canadien et, surtout, tissé des liens amicaux.

Deux jeunes filles élèves debout dans un couloir en train de discuter.Emy Lunam regrette de ne pas pouvoir participer à la fête de remise des diplômes du secondaire avec ses camarades de classe, l'année prochaine. Photo : Radio-Canada

Pourtant, Emy est consciente que, dans quelques semaines, il va falloir qu'elle se rende à l'évidence : tout cela sera derrière elle. Et, si chaque jour qui passe, elle se fait à l'idée en profitant le plus possible du temps passé avec ses camarades de classe, le déménagement reste un gros défi.

Avec mes amis, on parle, certes, de mon départ, mais on essaie d'éviter le sujet.

Emy Lunam
Un groupe de jeunes qui jouent au ballon dans une cour d'école.Emy Lunam dit éviter le plus possible de parler de son départ avec ses amis. Photo : Radio-Canada

Alors, Emy fait contre mauvaise fortune bon coeur. « C'est la réalité des choses. Je suis chanceuse d'être restée à un endroit pendant tout ce temps », confie-t-elle avec une certaine philosophie. La jeune fille regrette, pourtant, de ne pas pouvoir fêter avec ses amis la fin de leur cycle secondaire, l'an prochain.

À quelques encablures du Collège Louis-Riel, sa mère, Mélanie Lyrette, se prépare aussi à dire au revoir à ses collègues de la Division de l'éducation permanente à l'Université de Saint-Boniface (USB).

Après avoir travaillé pendant cinq ans au Centre de ressources pour les familles militaires à la base de la 17e Escadre, elle a trouvé un emploi d'adjointe administrative au sein de ce département à l'université.

Deux femmes debout en train de discuter À la Division de l'éducation permanente de l'USB, où elle travaille comme adjointe administrative, Mélanie Lyrette ne tarit pas d'éloges à l'égard de ses collègues. Photo : Radio-Canada

C'est la partie la moins agréable de devoir quitter les gens qu'on aime, des amis et des collègues merveilleux.

Mélanie Lyrette, conjointe de Dave Lunam

Elle promet que ce ne sera qu'un au revoir, car elle envisage de revenir un jour à Winnipeg pour rendre visite, comme elle dit, à « tout ce bon monde ».

Une expérience enrichissante

Mélanie Lyrette n'est pas près d'oublier son passage au Manitoba. « En arrivant ici, je me suis rendu compte comme la francophonie est vaste. Il y a des expressions d'ici que je ne connaissais pas. Mes collègues prennent aussi du plaisir à rire de mes expressions québécoises. C'est agréable, et tout cela crée des liens. Je pense qu'ils vont s'ennuyer de moi », raconte-t-elle avec humour.

Avant le Manitoba, Dave Lunam servait en Abitibi-Témiscamingue, au Québec. Il a été muté par la suite en Ontario pendant un an, puis à Winnipeg où il a passé toutes ces dernières années à la 17e Escadre.

Un militaire en uniforme bleu pose avec sa famille.Avant le Manitoba, Dave Lunam servait en Abitibi-Temsicamingue, au Québec. Il a été muté par la suite en Ontario pendant un an puis à Winnipeg où il a passé toutes ces années. À chaque fois sa famille l'a suivi. Photo : Radio-Canada / Photo soumise par la famille Lunam

« Dépendamment des métiers, certains militaires restent plus longtemps à un endroit. Me concernant, en travaillant sur les aéronefs, la formation est plus longue. On essaie de garder les gens qualifiés sur la même plateforme », explique ce technicien en systèmes avioniques.

À Bagotville, le caporal-chef Lunam va travailler sur les F18 et doit alors suivre toutes sortes de formations nécessaires pour ce type d'avions. « Cela signifie un délai d'un à deux ans avant que je ne sois vraiment opérationnel. Pour les autres métiers, si tu changes d'endroit, tu n'as pas besoin de refaire une formation », dit-il.

Un stress pour la famille

S'il dit avoir un travail assuré – il sait à quoi s'attendre – il reconnaît que les postes, c'est difficile pour les enfants et les conjoints. « Pour Emy, c'est tout nouveau là-bas. Le déménagement est aussi un gros facteur de stress pour Mélanie », reconnaît-il.

Il dit que, pour leur fille, il a fallu faire par exemple des équivalences, car le système éducatif est différent d'une province à une autre.

Quant à Mélanie Lyrette, il lui faut trouver un nouvel emploi. « L'armée accompagne les conjoints dans leurs démarches de recherche d'emploi. J'ai déjà fait appel au service du Centre de ressources pour les familles de militaires à Bagotville qui m'envoie des offres d'emplois », dit-elle.

Une aide qu'elle apprécie énormément et qui lui a valu d'être déjà contactée par deux employeurs potentiels. David Lunam salue aussi le soutien que l'armée leur a apporté dès qu'il a pris connaissance de sa mutation.

Une famille qui range des affaires dans une caisse.La famille Lunam sera à Bagotville le 3 juillet et s'installera à Jonquière. Photo : Radio-Canada

« Sur le site de la base de Bagotville, il y a un guide pour les nouveaux arrivants qui explique tout le système de santé, d'assurance automobile et d'éducation. C'est également l'armée qui s'occupe de tout le déménagement. C'est un gros soulagement, car il y a tellement de choses à faire. Le service de déménagement nous permet de nous concentrer sur tout le reste », explique-t-il.

Ce stress est allégé par la joie des Lunam de se rapprocher de leurs familles . « C'est la partie la plus agréable. On va les voir plus souvent », se réjouit Mélanie Lyrette. Ils retrouveront aussi des amis militaires qu'ils ont connus à la base de Winnipeg et qui vivent actuellement au Québec.

Le 3 juillet, la famille Lunam sera donc à Bagotville. Elle s'installera non loin de la cette base, à Jonquière, un arrondissement de la Ville de Saguenay. De Winnipeg, le caporal-chef Dave Lunam affirme qu'il se souviendra des festivals, des étés chauds et moins pluvieux qu'ailleurs, et d'une ville où tout est accessible. Il dit que son séjour au Manitoba a aussi permis aux membres de sa famille de devenir parfaitement bilingues.

« Ça nous a également permis de découvrir la francophonie hors Québec et une partie du Canada qu'on n’aurait peut-être jamais vue. On apprécie plus la beauté de notre pays », conclut-il.

Pour Emy, ce nouveau départ sera aussi l'occasion, reconnaît-elle, de se faire de nouveaux amis.

Avec des informations de Pierre Verrière

Manitoba

Défense nationale