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Les Cris laissent leurs traces au Musée canadien de l’histoire

Deux femmes écoutent des récits, légendes et chants en langue crie à l'aide d'appareil auditif.
Il est possible d'écouter des récits, légendes et chants en langue crie dans l'exposition « Empreintes de pas - Une marche à travers les générations », présentée au Musée canadien de l’histoire. Photo: Radio-Canada / Alexandra Angers
Alexandra Angers

Le Musée canadien de l’histoire accueille une exposition qui transporte le visiteur dans l’univers des Cris du Nord-du-Québec, Empreintes de pas - Une marche à travers les générations, réalisée par les Autochtones eux-mêmes.

Cette exposition de l’Institut culturel cri : Aanischaaukamikw (AICC) a été entièrement conçue avec une équipe de conservateurs et de designers cris. Les aînés et la communauté ont été impliqués dans le processus de création pour s’assurer de bien représenter l’identité des Eeyou d’eeyou Istchee, le peuple de la terre .

Cette façon de procéder assez unique est ce qui a le plus interpellé Jean-Marc Blais, le directeur général du Musée canadien de l’histoire.

Ce n’est pas la perspective d’une seule personne. Ce n’est pas la perspective d’un conservateur de musée. C’est la perspective d’une communauté.

Jean-Marc Blais, directeur général du Musée canadien de l’histoire

Le territoire est au cœur de l’identité crie, c’est le lieu où l’on vit et marche. Les concepteurs de l'exposition ont fait le choix de raconter l'histoire et la culture de leur peuple à travers l’évolution de leurs déplacements.

La salle contient plus de 150 artéfacts essentiels à cette activité, comme des raquettes, des mocassins et des parkas. L’exposition fait également une large place aux rites de passage, notamment les premiers pas sur la terre ou en raquette à l’âge de cinq ans.

Différents objets de la culture crie.Des artéfacts que l'on retrouve dans l'exposition « Empreintes de pas - Une marche à travers les générations », au Musée canadien de l'histoire. Photo : Radio-Canada / Alexandra Angers

La langue crie, l’iiyiyiuyimuwin, est par ailleurs mise en valeur. Il est possible de s'asseoir près d’un tipi et d’écouter des enregistrements de récits, de légendes et de chants. Une façon de garder cette langue vivante et de lui rendre hommage, en cette Année internationale des langues autochtones.

Une activité encore bien présente

Les nouvelles générations ne sont pas laissées pour compte, comme en fait foi un panneau consacré à la marche des Nishiyuu, en 2013. À cette occasion, des jeunes Cris accompagnés d'un guide ont parcouru 16 000 km pour se rendre à Ottawa dans la foulée du mouvement Iddle no more. Cet événement rappelle que la marche continue d’être importante chez les Cris et permet de surmonter les traumatismes du passé.

Pour Jean-Marc Blais, cette notion d’empreinte, présente tout au long de l’exposition, est porteuse d’espoir. Quand on laisse un pas, on montre un chemin, mais en même temps, on montre le chemin aux générations futures. [...] C’est très touchant, parce que ça encourage les plus jeunes générations à être encore plus fières de leur culture , soutient-il.

Le public peut également découvrir tout au long du parcours des œuvres d’artistes cris contemporains.

Empreintes de pas - Une marche à travers les générations a reçu plusieurs prix, dont le Prix d’excellence 2018 de l’Association des musées canadiens (AMC), dans la catégorie expositions – patrimoine culturel. Cette exposition itinérante a d’abord été présentée à l’Institut culturel Cri : Aanischaaukamikw (AICC) et dans plusieurs communautés cries du Nord-du-Québec. Elle est présentée au Musée canadien de l’histoire jusqu’au 3 novembre.

Ottawa-Gatineau

Musée