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Les douleurs menstruelles doivent être prises au sérieux, affirme une gynécologue

La Dre Madeleine Lemyre souhaite que les douleurs liées aux cycles menstruels ne soient plus banalisées. D'après elle, ce n'est pas normal qu'une femme soit restreinte dans ses activités à cause de ces maux. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Les douleurs menstruelles ne doivent pas être prises à la légère, affirme une gynécologue du Centre hospitalier universitaire de Québec-Université Laval.

On a tendance à banaliser la douleur liée aux menstruations, précise la docteure Madeleine Lemyre. Puis, les femmes qui ont des douleurs plus importantes, qui ont un impact sur leurs activités, on considère que c’est plus la femme qui a une faible tolérance à la douleur, alors que c’est la majorité du temps des femmes qui ont une maladie sévère

Des femmes souffrent parfois pendant 10 ans avant de comprendre la raison de leur douleur, ajoute-t-elle. Et souvent, leurs maux s'expliquent par l'endométriose.

Selon la Dre Lemyre, les maladies liées à la santé reproductive des femmes, comme l’endométriose, doivent être mieux connues pour les diagnostiquer plus tôt.

Qu’est-ce que l’endométriose?

L'endométriose est une maladie gynécologique créée par la présence de saignements à l’extérieur de l’utérus qui s’accumulent notamment lors des menstruations. Cela cause des lésions et de grandes douleurs dans la région du ventre et peut mener à l’infertilité.

Source : la Dre Madeleine Lemyre, professeure agrégée à la Faculté de médecine de l’Université Laval et gynécologue au Centre hospitalier universitaire de Québec-Université Laval

Pour la gynécologue, le diagnostic de l’endométriose chez les femmes permet de rapidement entreprendre des traitements, notamment grâce à des médicaments, ou encore de recourir à une intervention chirurgicale. Dans certains cas, la patiente atteinte d’endométriose peut choisir l’ablation de l'utérus.

C’est le cas d’Audrey Corriveau, de Québec. Âgée de 36 ans, elle attend son hystérectomie après avoir subi différents traitements pour lutter contre l’endométriose. Elle doit aussi renoncer à avoir des enfants de façon biologique. Son conjoint et elle ont décidé d’adopter un enfant à l’international.

Audrey Corriveau dans une salle de radiologie Audrey Corriveau a appris vers l'âge de 30 ans que les fortes douleurs qu'elle supporte au quotidien depuis son adolescence sont dues à l'endométriose. Photo : Radio-Canada

Audrey Corriveau estime, elle aussi, qu’il serait important que les jeunes femmes soient mieux outillées pour faire face à ces douleurs pelviennes. Souvent, il y a le jugement qu’on n’est pas assez fort, que ce sont juste des règles, affirme-t-elle. Elle croit que si elle avait connu l’endométriose plus tôt, elle aurait sans doute consulté un médecin avant pour parler de ses douleurs.

La Dre Lemyre confirme que si la maladie est observée plus tôt dans le vie d’une femme, les risques de propagation de celle-ci diminuent. Les organes de la femme atteinte deviennent de plus en plus déformés par l’endométriose après chaque cycle menstruel, ajoute la gynécologue.

Moi, je ne me comprenais pas, je ne comprenais pas d’où venait la douleur. Alors, en parler plus avec les jeunes femmes, c’est important, pour être diagnostiquée plus tôt.

Audrey Corriveau

D’après la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada, 1 femme sur 10 en âge de procréer a reçu un diagnostic d’endométriose (Nouvelle fenêtre). Environ la moitié de ces femmes ont ensuite appris qu’elles sont infertiles.

Avec les informations de Nicole Germain

Québec

Santé publique