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Innu-piminueun - La cuisine innue

Lexique innu-français des mots et expressions liés à la cuisine innue.

Exploration de la thématique de la cuisine dans la culture innue.

Photo : Radio-Canada

Bénédicte Filippi

Les activités de chasse, de pêche et de cueillette sont à la base de la cuisine innue. Le coordonnateur du musée Shaputuan Lauréat Moreau explique qu'on retrouve dans l’assiette traditionnelle beaucoup de viande, beaucoup de gras.

Ces victuailles aux apports nutritifs importants ont aidé les Innus à survivre, raconte-t-il. Quand on vivait dans la forêt, on bougeait beaucoup. On devait traverser des rivières, des montagnes, faire des portages. On forçait. Le gras était donc important.

Lauréat Moreau, muséologue au Musée Shaputuan de Uashat.

Lauréat Moreau, muséologue au Musée Shaputuan de Uashat.

Photo : Radio-Canada / Ann-Édith Daoust

La graisse de caribou et celle de l’ours font même partie des rituels innus. C’est tellement bon à manger, ça fond dans la bouche. En plus, c’est digeste, pas comme le saindoux qu’on retrouve en épicerie, rigole-t-il.

Le niuaikanat est également un produit très recherché. La viande de caribou ou d’orignal est alors asséchée et transformée en poudre.

Quand on y ajoute un peu de graisse, c’est un délice. C'est le caviar des Innus!

Lauréat Moreau

Si Lauréat Moreau apprécie le caribou, ce qu’il préfère manger c’est l’orignal. Il ne faut pas oublier, je suis originaire de Betsiamites (Pessamit) et il y a beaucoup d’orignaux là-bas.

Il se rappelle que petit, lorsqu’un de ses oncles abattait une bête, famille et amis convergeaient à la maison. Ils festoyaient et se partageaient la viande. Ma grand-mère coupait dans l’orignal une sorte de filet mignon. Elle le faisait frire sur le poêle avec un peu graisse et de la bannique. C’était un régal.

Au gré des saisons

La cuisine des Innus s’ancre dans la saisonnalité. Le caribou se chasse et se mange l’hiver.

Tôt au printemps, c’est la période de la chasse aux outardes. Puis viendra le temps de la chasse aux canards, de la pêche au homard, au saumon. L’été, les femmes s’aventurent dans les tourbières et sur le littoral à la recherche des petits fruits. L’automne venu, les Innus trappent le castor près des barrages. Il faut faire attention aux périodes de gestation, ajoute Lauréat Moreau. L’été, on laisse le castor tranquille pour qu’il se reproduise.

>Le chasseur est à l'affut de l'outarde durant sa migration annuelle

L'outarde vole en formations serrées durant sa migration annuelle, au plaisir des chasseurs autochtones

Photo : Radio-Canada / Nicolas Lachapelle

Innu-pakueshikan, la bannique

La bannique est un aliment central chez les Innus depuis l’époque des postes de traite. Les gérants de ces postes étaient Écossais ou Irlandais et faisaient du pain. Ils appelaient ça du "bannock". Les Innus l’ont vite adopté, explique Lauréat Moreau.

Il n’y avait pas d’agriculture chez le peuple innu. Il existait bien quelques échanges avec les nations autochtones du sud, mais l’accès à la farine était très rare.

En contact avec les Européens, les Innus se sont donc mis à fabriquer de la bannique. Différentes techniques existent encore aujourd’hui pour faire ce pain traditionnel.

Une femme innue récupère la bannique cuite dans le sable.

Une femme innue cuit de la bannique. Détail d'une photo de Paul Provencher.

Photo : Radio-Canada / Fonds Paul Provencher, Institut Tshakapesh

Si la cuisson au poêle à bois est toujours utilisée, une autre consiste à tirer profit du sable. Lauréat Moreau décrit l’opération: On fait un bon feu, on garde uniquement la braise, on place au-dessus le pain et on enterre le tout dans le sable. Ça fait du très bon pain.

Repas communautaires

Caribou, orignal, saumon, petites baies, bannique se retrouvent au coeur des repas communautaires chez les Innus. Ces rassemblements, on les appelle les makushan, indique Lauréat Moreau.

Ils remontent à l’époque des grandes chasses au caribou. Les Innus se réunissaient, préparaient la viande et organisaient de grands festins. On sortait le Teuiekan, le tambour traditionnel, et tout le monde dansait en grand cercle pour célébrer la chasse et l’esprit du caribou.

Cuisson du castor à la broche

La cuisson du castor à la broche

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Les makushan ponctuent encore aujourd’hui la vie communautaire des Innus. Ce sont des moments de partage importants. Quand on mange, qu’on est avec les siens, on n’a pas de mauvaises idées, rapporte Lauréat Moreau avec un sourire.

Dans ces fêtes, les enfants sont toujours présents. Ils courent partout. C’est bien de les avoir là. Ils observent, ils écoutent et absorbent tout ce qui les entoure.


Lexique

Écoutez Yvette Mollen prononcer les mots et expressions liés à la cuisine innue en langue innue.

  • Innu-pakueshikan - Bannique
  • Mitshishunanu - On mange
  • Utshashumek - Saumon
  • Atiku-uiash - Viande de caribou
  • Atiku-pimi - Graisse de caribou
  • Niuaikanat - Poudre de viande de caribou ou d’orignal
  • Uiash - Viande
  • Pashteu-uiash - Viande séchée
  • Uin - Moelle
  • Tshiashku-uau - Oeufs de goéland
  • Uishatshiminan - Graines rouges
  • Uishatshimin-minapui - Confiture de graines rouges
  • Shikuteu - Plaquebière ou chicoutai
  • Shikuteu-minapui - Confiture de plaquebières ou chicoutais
  • Nipishapui - Thé

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