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Marc-Olivier O’Bomsawin : le jeune aîné

Marc-Olivier O'Bomsawin debout dehors

Marc-Olivier O’Bomsawin, agent de développement au Grand conseil de la Nation Waban-Aki.

Photo : Radio-Canada / Josée Bourassa

Josée Bourassa

Dans la tradition autochtone, les aînés sont précieux, puisqu’ils transmettent les connaissances et la culture. C’est ce que fait Marc-Olivier O’Bomsawin, mais lui, n’a que 30 ans.

Devant lui, on se sent comme un enfant de 4 ans devant un aîné.

Je lui ai demandé : À quoi sert le foin d’odeur?

- Il représente le cheveux de la terre mère, c’est pour la protection , répond-t-il.

- Pourquoi les paniers de frênes sont-ils emblématiques des Abénaquis?

- C’était la grande industrie des Abénaquis au début du 20e siècle. Il y avait même un chemin de fer pour en faire la livraison aux États-Unis! Les artisans étaient payés 25 cents la douzaine.

- Est-ce que les Abénaquis ont un emblème?

- Dans les identifications, on va souvent voir sur les anciens traités des symboles, des dessins qui sont signés. Pour Odanak, ça a toujours été un esturgeon et pour Wôlinak, c’est le lynx.

Je suis né avec la crise d’Oka. - Marc-Olivier O’Bomsawin

L’étendue de ses connaissances est fascinante. Je lui demande comment est né ce si grand intérêt pour sa culture.

Je suis né avec la crise d’Oka , me dit spontanément Marc-Olivier O'Bomsawin.

Il m’explique qu’il a passé une grande partie de sa jeunesse à déconstruire des mythes.

Quand on parlait d’Autochtones, ils [pensaient] juste aux Mohawks et le fait qu’ils avaient barré un pont à Montréal. J’étais une personne timide, mais je ne pouvais concevoir qu’on restait [associé] juste à ça.

Les Abénaquis s'unissent pour célébrer leur culture

Certains professeurs au primaire faisaient preuve d’ouverture. Marc-Olivier leur apportait des livres et leur a même appris à faire de l’artisanat.

Il a fait ses études en histoire à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Il a en plus suivi tous les cours possibles portant sur l’histoire autochtone en allant jusqu’aux cours sur la politique et la théologie autochtone.

Il n’avait pas 20 ans et travaillait déjà dans les bureaux du Grand conseil de la Nation Waban-Aki. On s’entend que ceux qui y siègent n’étaient pas plus jeunes que lui! On le consultait parce qu’on le considérait déjà comme une ressource inestimable.

Marc-Olivier devant une image d'archives d'Odanak

Faire une visite du village d’Odanak avec Marc-Olivier O’Bomsawin, c’est comme voyager dans le temps.

Photo : Radio-Canada / Josée Bourassa

Je lui ai demandé quels mythes perdurent. Qu’on porte des habits de suède, qu’on paie pas de taxes, pas d’impôt… J’en ai même entendu dire qu’on avait l’hydro et le gaz gratuitement!

Il y a aussi des mythes plus négatifs qu’on va entendre au sujet des communautés plus éloignées, par exemple que les jeunes sont juste des drogués, qu’il n’y a rien qui se passe , raconte Marc-Olivier.

Il ajoute qu'on devrait aller plus souvent dans les communautés et voir que les gens sont beaucoup plus proactifs, que certains ne le croient .

Parfois, les non-Autochtones peuvent se montrer maladroits dans leur approche envers les Autochtones faisant ainsi échouer la possibilité de belles rencontres.

Je demande à Marc-Olivier quelle est la meilleure approche, par où commencer pour mieux comprendre la culture autochtone. Allez dans un pow-wow. Il y en a partout, tout l’été, chaque fin de semaine. Visitez les musées, comme le Musée des Abénakis , nous suggère Marc-Olivier.

Notre conversation de deux heures m’a semblé durer 15 minutes. Marc-Olivier O’Bomsawin est intarissable. On dirait un aîné dans le corps d’un jeune. Mon amie Jennifer, elle aussi abénaquise, me disait que chez les Premières Nations, on dit des gens comme lui qu’ils sont gifted... qu’ils ont une vieille âme.

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