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Facebook lance son processus d'autorisation des publicités électorales

Facebook sur un téléphone cellulaire.

Facebook met en place un processus d'autorisation pour contrer l'ingérence étrangère et les fausses publicités en période électorale.

Photo : Reuters / Dado Ruvic

Radio-Canada

Le géant des réseaux sociaux Facebook lance lundi son nouveau processus d’autorisation des publicités politiques pour tenter de prévenir l’ingérence étrangère et la publication de fausses publicités au cours de la prochaine campagne électorale fédérale.

Désormais, toute personne ou tout organisme qui voudra acheter de la publicité à teneur politique sur Facebook devra au préalable être autorisé à le faire par la direction du réseau social.

Selon le chef de la politique publique de Facebook Canada, Kevin Chan, le processus d’autorisation mis en place par la compagnie obligera tout individu, groupe ou entité qui achète de la publicité politique à fournir des pièces d'identité canadiennes valides, à prouver son existence réelle et à prouver qu’il est basé au Canada.

Qui plus est, les procédures d'enregistrement et d'autorisation pour avoir le droit de faire paraître de la publicité à teneur politique sur Facebook pourraient prendre jusqu'à deux semaines, a précisé Kevin Chan.

À partir du 30 juin prochain, toute publicité politique affichée sur Facebook indiquera qui l’a payée et fournira diverses informations sur sa portée.

Bien que Facebook mette en place plusieurs mesures de haute technologie pour empêcher les gens d'utiliser les publicités Facebook pour perturber des campagnes électorales, elle compte aussi sur des outils plus classiques comme Postes Canada et le courrier traditionnel pour démasquer les fraudeurs et s'assurer que les acteurs qui veulent placer des publicités politiques au Canada sont réellement originaires de ce pays.

« Cette idée du courrier et de l'utilisation du service postal à destination d'une résidence au Canada vise précisément à obtenir d'autres signaux indiquant que vous résidez bel et bien au Canada », a expliqué Kevin Chan à CBC News.

Le nouveau registre de publicités que Facebook déploie ce lundi permettra notamment aux gens de voir des publicités politiques diffusées au Canada même s'ils ne sont pas les destinataires prévus de ces publicités.

Toutes ces mesures sont conçues pour s'assurer que nous sommes en quelque sorte couverts en termes de : "Êtes-vous vraiment au Canada, êtes-vous vraiment celui que vous prétendez être?"

Kevin Chan, chef de la politique publique de Facebook Canada

Conforme à la loi

En vertu de la loi C-76, adoptée à la fin de l'année dernière par le gouvernement Trudeau, les plateformes en ligne qui acceptent la publicité des partis politiques, des candidats ou des groupes d'intérêt devront établir des registres publicitaires spéciaux qui comprendront des copies des annonces et le nom de la personne qui les a autorisées.

La loi interdit également aux sites web d'accepter sciemment des publicités payées par une personne basée à l'extérieur du Canada ou par une entité étrangère.

En plus de Facebook, CBC.ca et Postmedia, qui possède certains des plus grands journaux du Canada, ont emboîté le pas en mettant aussi sur pied leurs propres registres de publicités numériques, qui seront en place d'ici le 30 juin prochain.

Certaines plateformes en ligne ont quant à elles choisi de régler le problème en n’autorisant la diffusion d’aucune publicité politique sur leur plateforme.

Microsoft, notamment, a déclaré avoir interdit la publicité politique sur ses plateformes dans le monde entier parce qu'il était tout simplement trop difficile de se conformer à l'ensemble des lois adoptées par les différents pays.

Google affirme pour sa part qu'elle ne disposait pas d’assez de temps avant la campagne fédérale canadienne pour développer un registre de publicités, et qu'elle n'acceptera donc pas non plus de publicités politiques sur ses plateformes.

Yahoo n'avait quant à elle pas encore fait part de ses intentions au moment d’écrire ces lignes.

Ces nouvelles règles auxquelles doivent s’astreindre les plateformes électroniques au Canada visent à prévenir les tentatives d’ingérence étrangère et de diffamation, ou la publication, sur les réseaux sociaux et Internet, de publicités mensongères pouvant influencer l’issue des campagnes électorales comme ce fut notamment le cas aux États-Unis lors des présidentielles de 2016.

Ces nouvelles dispositions n’empêcheront cependant pas toutes les tentatives de nuire à la réputation de politiciens sur les réseaux sociaux, notamment par la publication de vidéos mensongères ou falsifiées pour nuire intentionnellement à des candidats ou à des partis.

Ce fut notamment le cas récemment aux États-Unis à la suite de la publication d’une vidéo de la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, qui avait été intentionnellement ralentie pour suggérer que Mme Pelosi était en état d’ébriété.

Avec les informations de CBC, et La Presse canadienne

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