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Fouilles archéologiques en cours à Pessamit

Le solange d'une ancienne maison a été découvert durant une partie des fouilles en cours à Pessamit.

Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin

Radio-Canada

Trouver des vestiges des débuts de la sédentarisation innue sur la Côte-Nord : voilà l'un des objectifs des fouilles archéologiques qui se déroulent actuellement à Pessamit.

Plusieurs membres de la communauté de Pessamit participent aux recherches menées par Archéo-Mamu.

Les fondations de la première maison de la communauté font partie des découvertes.

Le directeur général d’Archéo-Mamu, François Guindon, coordonne l’équipe qui procède aux fouilles.

Pessamit, c'est spécial d'un point de vue historique parce que c'est la première réserve amérindienne créée sur la Côte-Nord.

François Guindon, directeur général d'Archéo-Mamu

En 1851, le père Arnaud demande au gouvernement, pour la nation montagnaise, d'accorder un territoire de 70 000 acres à l’ouest de la rivière aux Outardes aux Indiens de la Côte-Nord, mais ce n’est qu’une décennie plus tard que la création de la réserve aura lieu.

Le tout sera officialisé par la signature de l’acte de création de la réserve indienne de Betsiamites en 1862.

La dame lui montre un document.

François Guindon en discussion avec une dame innue en marge des fouilles archéologiques.

Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin

Pour les autorités, à l'époque, ça constitue pratiquement comme un laboratoire vivant, où ils vont expérimenter des stratégies qui vont mener à nourrir la réflexion des autorités gouvernementales lors de la création de la loi sur les Indiens, indique François Guindon.

Parmi les membres de la communauté qui prennent part aux fouilles figure Milla Bacon-Moreau, qui a obtenu un emploi étudiant avec Archéo-Mamu à titre d’auxiliaire de recherche en archéologie.

La jeune femme sans expérience en archéologie a répondu à une annonce publiée par le Conseil des Innus de Pessamit.

Elle porte une casquette d'Archéo-Mamu.

Milla Bacon-Moreau, originaire de Pessamit et employée d'Archéo-Mamu pour l'été 2019.

Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin

Je suis en science de la nature au cégep, précise Milla Bacon-Moreau. C'est ma communauté ici, c'est mon patrimoine… Ça va vraiment m'aider à connaître l'histoire de ma communauté.

Grâce à sa connaissance de la langue et à son appartenance à la communauté, elle joue un rôle important auprès des habitants de Pessamit qui participent aux recherches.

Je leur montrais par exemple un sondage, j'expliquais, et puis là je me levais et puis je parlais en innu, illustre Milla Bacon-Moreau. Ils sont encore plus intéressés vu que moi, je suis là.

Ce qu'on veut, c'est échantillonner des maisons de différentes époques pour voir comment évoluent les conditions de vie des Innus, comment ils s'organisent dans le village à travers le temps, des années 1840 jusqu'à aujourd'hui, explique François Guindon.

Il est penché près de la structure.

François Guindon observe une partie du solage qui a été découvert durant les fouilles archéologiques.

Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin

Les découvertes seront notamment mises en lien avec le savoir transmis par les aînés afin de revoir l’histoire présentée dans les sources officielles.

Lorsqu'on a des informations qui nous permettent de retracer l'histoire de Pessamit et des Innus de Pessamit, c'est une histoire souvent biaisée, analyse François Guindon. Donc ce qu'on fait, nous, c'est qu'on va chercher des sources alternatives pour documenter une histoire qui est peut-être plus collée à la réalité des Innus, à ce qu'ils ont vraiment vécu.

Plusieurs sites feront l’objet de fouilles.

On se promène à travers les maisons, note François Guindon. Donc, c'est très social comme projet. Les gens s'intéressent à nous, on devient un peu comme une curiosité. Et là, les souvenirs resurgissent. Et quand les souvenirs resurgissent, ils les partagent avec nous. Ils sont très généreux, ça nous aide beaucoup dans le travail parce que ça nous permet de comprendre par exemple les vestiges qu'on a derrière nous.

Une ethnographe et une vidéaste suivent l’équipe de chercheurs afin de documenter cette série de fouilles et de rencontres avec les membres de la communauté.

Les fouilles qui ont débuté en mai se poursuivent durant presque tout le mois de juin.

D’ailleurs, durant la semaine du 21 au 28 juin, la population est invitée à participer bénévolement à une partie des fouilles.

D'après les informations de Marie-Jeanne Dubreuil

Côte-Nord

Histoire