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Freeland compte sur le rôle de Cuba dans la sortie de crise au Venezuela

La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, tient une conférence de presse à la suite de sa rencontre à Toronto avec son homologue cubain, Bruno Rodriguez.

Photo : La Presse canadienne / Nick Kozak

Radio-Canada

La ministre des Affaires étrangères du Canada, Chrystia Freeland, a rencontré vendredi à Toronto son homologue cubain, Bruno Rodriguez, pour discuter du rôle « positif » que pourrait jouer Cuba dans le dénouement de la crise politique qui secoue le Venezuela ainsi que de la fermeture des services d'immigration canadiens dans l'île des Antilles.

Cette rencontre suit une réunion des ministres des Affaires étrangères des pays membres du Groupe de Lima, qui s’est tenue au Guatemala jeudi, la quatorzième du genre portant sur le Venezuela.

Le Canada, qui parle en son nom et au nom du Groupe de Lima, aimerait que Cuba devienne un partenaire « dans la résolution pacifique de la crise au Venezuela » et aide au rétablissement « des droits démocratiques et humains » des Vénézuéliens, ce qui passe, a affirmé Mme Freeland en conférence de presse, par la tenue d’élections « justes et libres ».

Les deux parties ont cependant une lecture totalement opposée de la situation. Le gouvernement cubain soutient le gouvernement socialiste de Nicolas Maduro actuellement au pouvoir, alors que le Groupe de Lima appuie Juan Guaido, le chef de l’opposition qui s’est autoproclamé président en janvier dernier.

Cuba a une position différente et c’est pourquoi c’est important de parler à Cuba. […] Le Groupe de Lima au complet espère que Cuba, un important pays de notre hémisphère, peut faire partie de la solution.

La ministre des Affaires étrangères du Canada, Chrystia Freeland

Selon elle, la conversation entre les deux pays a été « productive » et ils ont convenu de « garder le dialogue ouvert ».

« Le Canada n'a pas à se mêler du Venezuela »

Le Venezuela a rapidement exprimé son opposition aux propos de Mme Freeland. « Le Canada est un pays hostile au Venezuela », il « fait ce que lui disent les États-Unis » et il « n'a pas à se mêler » des affaires du Venezuela, a déclaré le numéro deux du régime vénézuélien, Diosdado Cabello, en déplacement à Cuba, qu'il a salué comme « un pays ami ».

« Nous savons tous que le Groupe de Lima ne ferait rien pour essayer de régler la crise vénézuélienne », a-t-il ajouté, et « les États-Unis reconnaissent désormais qu'ils se sont trompés avec leurs partenaires au Venezuela ».

Le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo, s'est récemment inquiété des divisions au sein de l'opposition vénézuélienne, lors d'une réunion à huis clos dont le Washington Post s'est fait l'écho.

« Dans l'histoire du Venezuela, il n'y a jamais eu de pire moment politique pour l'opposition vénézuélienne », qui est « divisée, dévastée », a affirmé Diosdado Cabello.

Le premier vice-président du Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV) et président de l'Assemblée nationale constituante est à La Havane pour coordonner avec les autorités locales une stratégie commune lors du Forum de Sao Paulo, qui réunira à Caracas en juillet des partis de gauche d'Amérique latine.

Services consulaires limités

La rencontre entre Mme Freeland et M. Rodriguez a aussi été l’occasion de discuter de la fermeture des services d'immigration canadiens à Cuba.

Chrystia Freeland a d’ailleurs souligné que la grande délégation de fonctionnaires cubains qui est venue au Canada avec le ministre Rodriguez visait à trouver des solutions à cette fermeture et que les représentants des deux pays faisaient actuellement un « travail acharné ».

La ministre a aussi rappelé que les mesures prises par le Canada « n’ont rien à voir avec une décision politique », mais qu’elles découlaient de l’obligation du Canada de protéger ses diplomates et ses fonctionnaires.

Le Canada soutient que la fermeture de ses services d’immigration à Cuba s’explique par les maux mystérieux dont ont souffert plusieurs diplomates canadiens en poste dans l’île depuis 2017 et qu'on a d’abord attribués à des « attaques acoustiques ».

Des enquêtes scientifiques pour comprendre les raisons de ces maux sont toujours en cours, a-t-elle précisé.

Avec les informations de Agence France-Presse

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