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Corridor énergétique : la difficile promesse d’Andrew Scheer

Andrew Scheer et François Legault.

Andrew Scheer et François Legault lors d'une rencontre en novembre dernier à Québec.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Philippe-Vincent Foisy

Alors que le chef conservateur termine sa série de discours sur sa vision canadienne, Radio-Canada a appris que l’une des propositions phares d’Andrew Scheer a déjà essuyé un refus du gouvernement québécois. Et rien n’indique que Québec compte changer son fusil d’épaule.

Le chef de l’opposition Andrew Scheer a annoncé dans son discours en mai dernier qu’il veut construire un corridor énergétique pancanadien qui relierait les provinces d’est en ouest. Le projet faciliterait la construction, dans une zone déterminée, de pipelines, de gazoducs et de lignes électriques.

Ce corridor permettrait de transporter les ressources naturelles vers de nouveaux marchés, mais aussi d’atteindre l’autosuffisance énergétique. Le chef conservateur compte y arriver d’ici 2030.

Par contre, selon nos informations, le premier ministre Legault a déjà fermé la porte à l’idée en 2018, lors de la réunion des premiers ministres à Montréal.

Des provinces dont l’Alberta, la Saskatchewan et le Manitoba voulaient ajouter cette proposition au communiqué final de la rencontre.

Lorsque François Legault l’a constaté et qu’il a eu la confirmation que ce corridor permettrait le passage d’un oléoduc, le texte final du communiqué a dû être modifié.

Les premiers ministres ont finalement convenu que les gouvernements intéressés pourraient explorer les occasions de créer des corridors visant l’acheminement d’énergie , peut-on lire dans la version finale du communiqué.

Québec mise sur l'hydroélectricité

Si Québec n’avait pas l’intention, en 2018, d’ouvrir la porte à la construction d’un oléoduc, le gouvernement Legault ne semble pas avoir changé d’idée.

Officiellement, il ne prend pas position. « Nous ne commentons pas les engagements qui sont effectués dans le cadre de discours préélectoraux », indique l’attaché de presse du ministre de l’Environnement du Québec, Louis-Julien Dufresne.

Par contre, il explique qu’il est clair qu’au Québec, il n’y aucune acceptabilité sociale pour un pipeline . Il ajoute que son gouvernement souhaite évidemment exporter notre hydroélectricité chez nos voisins afin de les aider à réduire leur empreinte écologique .

C’est justement l’hydroélectricité que les conservateurs comptent mettre de l'avant afin de convaincre le gouvernement québécois de participer au corridor.

Toutes les provinces peuvent y trouver leur compte, ça peut être gagnant-gagnant , soutient un stratège conservateur qui compte aussi faire valoir l'argument de l’autosuffisance énergétique et le fait que le trajet du corridor ne serait pas celui du projet Énergie Est.

Les Québécois préfèrent le pétrole canadien à celui de Trump et de l’Algérie , explique-t-il.

Ça sera difficile, c’est sûr, mais il faut être ambitieux, il faut penser à long terme. C’est comme le chemin de fer au début de la confédération , ajoute-t-il.

Pas une nouvelle idée

Andrew Scheer est loin d’être le premier dans l’histoire du pays à proposer la construction d’un corridor énergétique.

Elle a été suggérée, il y a près d’une cinquantaine d’années, dans le rapport d’une conférence canadienne qui recommandait aux gouvernements fédéral et provinciaux de faire du développement du projet une priorité.

En 2016, l’Université de Calgary proposait un corridor de 7000 kilomètres qui permettrait le développement de pipelines, de gazoduc, de transports routier et ferroviaire, mais aussi d’infrastructures de télécommunications.

Il serait construit dans le nord du Canada, plus loin des centres densément peuplés et serait relié aux corridors de transport existants.

Le tracé du corridor énergétique proposé par l'Université de Calgary.

Le tracé du corridor énergétique proposé par l'Université de Calgary.

Photo : School of Public Policy de l'Université de Calgary

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