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Après cinq ans de crise du pétrole, les étudiants voient une lueur au bout du tunnel

Un ballon indiquant en anglais "félicitations diplômés" flotte dans les airs dans une salle où se déroule une cérémonie de remise de diplômes.

Moins d'étudiants choisissent des programmes les menant à des emplois dans le pétrole et le gaz.

Photo : Radio-Canada / Tiphanie Roquette

Radio-Canada

Vêtus de leur toge et de leur mortier noirs, les étudiants de l’Université de Calgary reçoivent leurs diplômes de géologie et de géophysique. S'ils ont tous le sourire aux lèvres, ce n’est pas en pensant à leur avenir. Cinq ans après la chute des prix du pétrole, les perspectives de carrière dans l’industrie des hydrocarbures restent difficiles.

Fraîchement diplômée en géophysique, Ashlee Fudge a déjà postulé à de nombreux emplois, mais la concurrence est rude. Quand je postule, je sais que tous mes camarades de classe ont posé leur candidature pour le même emploi. Nous essayons d’être amicaux, mais, à l'évidence, nous sommes en compétition, explique la jeune femme.

Une jeune femme sourit à la caméra devant un fond unicolore. Elle porte un collier et une veste.

Ashlee Fudge prévoit de poursuivre une maîtrise pour mettre toutes les chances de son côté pour trouver un emploi.

Photo : Radio-Canada / Tiphanie Roquette

La géophysique est sa deuxième carrière. Elle n’a donc jamais connu les beaux jours de l’industrie pétrolière et les pénuries de main-d’oeuvre. Avant juin 2014 et la chute des prix du pétrole, les sièges sociaux se bousculaient pour offrir des emplois bien payés aux jeunes diplômés, mais aujourd’hui, c’est le contraire.

Les emplois pour les jeunes diplômés sont très rares.

Ashlee Fudge, diplômée en géophysique

Austin Smuszko, lui, n’assiste pas à sa remise de diplôme. L’étudiant en géologie s’est expatrié au Texas dès la fin de ses examens. C’est le seul endroit où je pouvais trouver du travail , raconte-t-il.

S'exporter pour travailler

Le déracinement a été un sacrifice. Sa famille est à Calgary, et l’emploi qu’il a trouvé est beaucoup moins bien rémunéré que ceux de l’Alberta. Mais, au Canada, toutes les offres de travail demandaient deux ans d’expérience.

Austin Smuszko  sourit devant l'objectif. Il porte un pull à capuche et une casquette à l'envers. Derrière lui, on peut voir un microscope.

Austin Smuszko travaille dans l'industrie énergétique au Texas où il y a plus d'offres d'emploi, selon lui.

Photo : Austin Smuszko

Cet ancien président du club de géologie Rundle s’est pourtant bien préparé aux difficultés de l’industrie. Il aurait dû recevoir son diplôme de géologue en 2017, mais il a prolongé ses études pour améliorer son CV. Il s’est impliqué dans les associations de géologues, il a réseauté pour se faire des contacts. En fin de compte, il trouve qu’il s’en est mieux sorti que sa première cohorte.

Cela a été difficile pour les gens qui ont fini leurs études il y a deux, trois, quatre ans. Tout allait bien, les gens qui obtenaient leur diplôme avaient un emploi et, en un clin d’oeil, ils ont tout perdu. Maintenant, les étudiants savent ce qui les attend. Ils recherchent d’autres perspectives d’emploi , estime Austin Smuszko.

Les gens qui restent sont les passionnés des pierres, pas ceux qui veulent faire de l’argent.

Austin Smuszko, diplômé en géologie

Des programmes qui séduisent moins

À la remise des diplômes, les chaises vides sont d’ailleurs nombreuses. Les cohortes ont diminué dans les programmes spécialisés en énergie.

Le diplôme de technologie en ingénierie pétrolière de l’Institut de technologies du sud de l’Alberta (SAIT) a perdu 111 étudiants entre l’année scolaire 2016-2017 et celle de 2017-2018.  

Un homme est appuyé à un rambarde devant une série de plantes vertes.

Joel Gingrich, le doyen des métiers et des technologies au Collège de Red Deer, a vu les inscriptions fluctuer en fonction de l'économie.

Photo : Red Deer College

Le Collège de Red Deer a aussi vu depuis trois ans une baisse des inscriptions dans son programme d’apprentissage. Celui destiné aux techniciens de plateforme pétrolière et gazière n’est plus offert depuis deux ans, faute d’entreprises cherchant des apprentis.

Ce n’est pas seulement dans le pétrole et le gaz. L’impact est beaucoup plus étendu en Alberta : en développement résidentiel, commercial, industriel, et tout le travail autour , constate Joel Gingrich, doyen du Département des métiers et des technologies.

Les prémisses d'une reprise

Le Collège commence cependant à voir un peu de changement depuis janvier. Certains programmes se remplissent plus vite, et des listes d’attente voient même le jour.

Mike Oliver le constate, lui aussi. Il fait son apprentissage en équipement lourd et ne cherchait pas forcément dans l’industrie pétrolière, mais c’est là qu’il a trouvé du travail. Nous avons été constants en 2018, et là, j’ai l’impression que ça prend du mieux , affirme-t-il.

Si Ashlee Fudge ne l’a pas encore constaté concrètement grâce à une offre d’emploi, elle aussi est optimiste. Dans les activités de réseautage, elle trouve que les conversations sont plus positives. C’est difficile. C’est toujours difficile, mais les gens de l’industrie sont positifs et croient que l’économie va repartir , dit-elle. En attendant, elle envisage de faire une maîtrise en environnement pour diversifier ses chances de débouchés.

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