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Des traductions littéraires pour mieux se comprendre

Portrait de Susanne Alexander et Sébastien Lord Émard.

Susanne Alexander, éditrice en chef des éditions Goose Lane, et Sébastien Lord-Émard, chargé de projet des éditions Bouton d'or Acadie

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Patrick Butler

Des éditeurs réunis cette semaine à Saint-Jean dans le cadre de la conférence littéraire Au tour de l'Atlantique demandent comment les traductions littéraires pourraient mener à de meilleurs échanges culturels entre les « trois solitudes » canadiennes : les francophones, les anglophones et les peuples autochtones.

Susanne Alexander, l’éditrice en chef des éditions Goose Lane, et Sébastien Lord-Émard, le chargé de projet des éditions Bouton d’or Acadie, ont organisé cette discussion lors du rassemblement annuel des éditeurs, des libraires, des bibliothécaires et des auteurs des Maritimes et de Terre-Neuve-et-Labrador.

On se pose la question : est-ce qu’on peut, grâce à la traduction littéraire, abolir les murs entre nos communautés et dialoguer ensemble?

Sébastien Lord-Émard, chargé de projet, Bouton d'or Acadie

Depuis plusieurs années, les éditions Goose Lane et Bouton d’or Acadie traduisent des textes en anglais et en français dans des langues autochtones. Elles travaillent également avec des auteurs autochtones afin de partager les histoires des Premières Nations aux autres lecteurs en Atlantique.

Il y a 10 ans, Goose Lane, la plus vieille maison d’édition indépendante au Canada, a publié un dictionnaire en malécite-passamaquoddy, une langue algonquienne parlée au Nouveau-Brunswick et dans le Maine.

Une plus récente collaboration avec le musée The Rooms, à Saint-Jean de Terre-Neuve, a mené à un livre sur l’art du Nunatsiavut, dont le texte était écrit en français, en anglais et en inuktitut.

On commence à travailler avec des auteurs des Premières Nations, [...] mais ça prend du temps parce qu’il n’y a pas beaucoup de traducteurs , indique Susanne Alexander. Il y a certains auteurs qui ont la capacité d’écrire dans leur langue, d’autres qui ne l’ont pas.

Traduire des traditions orales à l'écrit

Elle souligne cependant que ce ne sont pas les seuls défis posés par la traduction des histoires autochtones. Traduire des contes traditionnellement transmis à l’oral n’est pas toujours évident.

C’est un défi, mais la littérature en anglais et en français a évolué d’une interprétation orale , rappelle-t-elle. Il y a déjà certaines histoires traditionnelles qui ont été interprétées d’une façon écrite. Et ça nous a donné la possibilité de rendre ces histoires disponibles pour un plus grand auditoire et pour les jeunes qui n’ont pas les mêmes expériences que leurs ancêtres.

Sébastien Lord-Émard rappelle qu’il n’y a toujours pas de maison d’édition autochtone en Atlantique.

On s’est rendu compte [...] qu’il fallait essayer de leur tendre la main et de travailler avec eu pour mieux représenter la part incroyable des cultures des Premières Nations , raconte-t-il.

Idéalement, ça serait à eux de bâtir leur propre maison d’édition, mais en attendant, ça nous fait vraiment plaisir de travailler avec eux.

M. Lord-Émard explique pourtant qu'au cours des collaborations entre Bouton d’or Acadie et des communautés autochtones, il fallait s’assurer de toujours travailler en dialoguant avec eux, en leur demandant, "est-ce que ça vous convient”, “qu’est-ce que vous voulez qu’on change”, parce que c’est leur bagage culturel .

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