•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Quels effets à long terme auront certaines politiques de Doug Ford en Ontario

Un homme avec un veston et une cravate.

Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, s'est engagé à combler le déficit de la province de près 15 milliards de dollars quand il a pris les rênes du pouvoir.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Jérémie Bergeron

Après un an au pouvoir, de quelle façon l'arrivée de Doug Ford et des progressistes-conservateurs transforme-t-elle l'Ontario? Perspectives à long terme des changements de cap annoncés cette année.

Un plus grand marché pour la vente d’alcool

Des étagères avec des bouteilles d'alcool dans un magasin.

Des étagères avec des bouteilles d'alcool dans un magasin.

Photo : Radio-Canada / Warren Kay

Après avoir manifesté son intention d'autoriser la vente de bière et de vin dans les dépanneurs de la province, grâce à l'adoption d'un projet de loi pour mettre fin à son entente d'exclusivité avec la chaîne Beer Store, le gouvernement ontarien a annoncé l'ouverture d'environ 300 nouveaux points de vente d'alcool.

Les progressistes-conservateurs ne le cachent pas, ils veulent libéraliser le marché de la vente d’alcool. Cette mesure pourrait avoir plusieurs conséquences négatives, prévient la docteure Caroline Bergeron, conseillère scientifique à l’Institut national de santé publique du Québec.

En augmentant l’accessibilité, ça fait que les gens consomment plus et ça a plus de risques à court terme et à long terme sur la santé des populations.

Caroline Bergeron, Institut national de santé publique du Québec

À court terme, ça peut engendrer des problèmes d’accidents de voiture, des choses comme ça , explique-t-elle. À long terme, en consommant de l’alcool, ça modifie la biochimie des cellules du corps et c’est l’accumulation à long terme qui peut causer des problèmes de santé, comme des cancers.

Augmenter l’accès à l’alcool est contre les principes de base de la santé publique, estime Mme Bergeron. Bloquer l’accessibilité, c’est une des politiques publiques les plus efficaces pour favoriser la santé publique.

La taille des salles de classe

Une salle de classe vide avec un tableau, des tables et des chaises.

Le nombre d'élèves par salle de classe sera augmenté en Ontario.

Photo : Radio-Canada

Le nombre d’élèves par salle de classe sera augmenté progressivement au cours des quatre prochaines années, ce que craignaient des enseignants de la province.

L'augmentation moyenne sera d'un élève par classe de la 4e à la 8e année.

Est-ce que cette annonce pourrait nuire au taux de réussite scolaire des Ontariens? Pas vraiment, croit Égide Royer, professeur associé à la Faculté des sciences de l'éducation de l'Université Laval, puisque les plus jeunes seront épargnés par cette mesure.

Les grands principes pour le système éducatif dans la majorité des pays occidentaux, c’est que plus les enfants sont jeunes, plus les ratios élèves-enseignant sont faibles , explique-t-il. Avec le plan du gouvernement progressiste-conservateur, il n’y a aucun changement de prévu pour les élèves de la maternelle à la 3e année.

La plupart du temps, ça a un impact sur la tâche des enseignants, mais très peu sur la réussite des élèves.

Égide Royer, professeur associé à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval

Au secondaire, la moyenne d'élèves passera de 22 à 28 jeunes. Cette décision a été prise afin d’harmoniser davantage l'effectif des classes du secondaire avec celui des autres provinces et territoires du Canada , assure le gouvernement.

Augmentation de la limite de vitesse de 100 km/h à 110 km/h

L'autoroute Queen Elizabeth Way en banlieue de Toronto

L'autoroute Queen Elizabeth Way en banlieue de Toronto.

Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Ratel

Trois tronçons routiers sont ciblés par un projet pilote qui autorisera dès septembre les conducteurs à rouler jusqu’à 110 km/h.

L'autoroute 402 entre London et Sarnia, l'autoroute Queen Elizabeth (QEW) entre St. Catharines et Hamilton, et l'autoroute 417 entre Ottawa-Gloucester et la frontière québéco-ontarienne sont les trois tronçons routiers où la limite de vitesse sera augmentée de 10 km/h.

L'augmentation de la limite de vitesse soulève des questions, mais reste raisonnable, selon l’avocat spécialisé en sécurité routière Jean-François Guay.

Les gens sont toujours portés à dépasser la limite de vitesse , admet d’emblée M. Guay. Mais s’il y a actuellement une tolérance policière à 118 ou à 119 km/h, je ne pense pas que les policiers vont tolérer davantage [même avec le projet pilote].

Les voitures plus âgées et mal entretenues pourraient toutefois moins bien tolérer une vitesse de croisière si élevée, d'après M. Guay.

La saison hivernale pourrait également entraîner certains dérapages. On s’entend aussi qu’au Québec, les pneus d’hiver sont obligatoires; en Ontario, ils ne le sont pas , rappelle M. Guay.

En Colombie-Britannique, la limite de vitesse avait augmenté sur 33 segments d’autoroute en 2014, avant que la province procède à un recul partiel l’automne dernier.

Nous avons remarqué que certains de ces tronçons routiers avaient connu une augmentation du nombre d'accidents , explique un porte-parole du ministère des Transports de la Colombie-Britannique par courriel.

La limite de vitesse a ainsi été diminuée de 10 km/h sur 15 des 33 tronçons.

La lutte contre le déficit

Photo d'un homme qui rit; un autre homme lui fait face

Le premier ministre Doug Ford en compagnie de son ministre des Finances, Vic Fedeli, à l'Assemblée législative, le 11 avril.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Doug Ford ne démord pas de son engagement à sortir l’Ontario du rouge. Pour ce faire, il freine la croissance des dépenses à une moyenne de 1 % par année. Résultats à long terme? C’est inévitablement des compressions , soutient le directeur de la responsabilité financière de l'Ontario, Peter Weltman, dont le bureau fait des analyses indépendantes de la situation financière de la province.

C’est difficile de ralentir la croissance des coûts à 1 %. Généralement, les programmes en Ontario ont un taux de croissance d’environ 3,2 %.

Peter Weltman, directeur de la responsabilité financière de l'Ontario

Déjà, certains programmes publics ont subi des compressions. Et ce n’est pas terminé, croit M. Weltman.

Cette année, le gouvernement va dépenser environ 10 400 $ par personne sur les programmes et services gouvernementaux. D’ici 2023-2024, on vise à réduire cette dépense à 9400 $ , dit-il.

En d'autres mots, le gouvernement devrait réduire les dépenses de programmes de près de 1000 $ par Ontarien d'ici 2024 pour éliminer le déficit.

Ça va sans doute toucher tous les citoyens. Il y aura des défis pour le gouvernement et un impact sur la population de l’Ontario. Je ne sais pas si les changements vont être bons ou mauvais, mais il y aura des changements.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Toronto

Politique provinciale