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Macron promet à Trudeau une ratification rapide de l'accord CETA

Justin Trudeau serre la main d'Emmanuel Macron.

Le président français Emmanuel Macron a chaleureusement accueilli le premier ministre Justin Trudeau au palais de l'Élysée, à Paris.

Photo : Reuters / Philippe Wojazer

Radio-Canada

Le premier ministre Justin Trudeau s'est entretenu en privé vendredi avec le président français Emmanuel Macron à Paris, dans la foulée des commémorations entourant le 75e anniversaire du débarquement de Normandie. Il a notamment été question de la ratification par les Français du traité de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne (CETA).

À son arrivée au palais de l’Élysée, Justin Trudeau a été chaleureusement accueilli par Emmanuel Macron. Visiblement à l’aise et heureux de se revoir, les deux hommes ont multiplié les accolades et les poignées de mains.

En conférence de presse, les deux dirigeants ont expliqué avoir abordé plusieurs sujets, dont les changements climatiques, la sécurité, le prochain sommet du G7 qui aura lieu en août à Biarritz sous la présidence de la France et, bien sûr, l’économie.

En septembre 2017, le traité de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne (CETA) est en effet entré en vigueur, mais la France ne l’a toujours pas ratifié en raison de certaines inquiétudes notamment face à la concurrence que le bœuf canadien pourrait créer sur le marché français.

Macron promet une ratification rapide

Or, estimant que la mise en œuvre provisoire du CETA affiche un « bilan positif », le président Macron a dit souhaiter une ratification définitive de l’accord « dans les meilleurs délais » en première lecture à l'Assemblée nationale française.

« Après presque deux ans de mise en oeuvre provisoire, le bilan du CETA est positif, la déstabilisation économique qui avait été crainte par certaines filières agricoles sensibles n'a pas eu lieu, en particulier les importations de viande bovine », a expliqué Emmanuel Macron.

Aujourd'hui même, [...] le texte de ratification sera transmis au Conseil d'État pour une inscription dans les prochaines semaines en Conseil des ministres et pour que dans les meilleurs délais il puisse y avoir un processus de ratification lancé et un vote à l'Assemblée nationale.

Emmanuel Macron, président de la France

Lors de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron, qui est favorable au CETA, s'était dit prêt à reconsidérer sa position si l'impact du traité était jugé négatif par la commission d’évaluation, qui a été mise en place en juillet 2017.

Justin Trudeau a de son côté salué la détermination du président Macron à faire ratifier cet accord économique qualifiée d’audacieux entre le Canada et l’Europe.

Ce traité « crée de bons emplois pour la classe moyenne et de nouvelles occasions pour nos entrepreneurs », a dit le premier ministre Trudeau.

« Il protège les normes de travail, favorise une plus grande coopération en matière d'environnement [...] Le CETA représente l'avenir du partenariat économique renforcé entre le Canada et la France fondé sur des valeurs et des objectifs communs », a renchéri Justin Trudeau.

À la défense du multilatéralisme

En termes « d’objectifs communs », les deux dirigeants, apôtres du multilatéralisme, font tous les deux face à une montée du populisme et du conservatisme qui met leur vision du monde à rude épreuve dans leur pays respectif.

Un aspect qui n’a pas échappé aux journalistes qui ont questionné Justin Trudeau et Emmanuel Macron sur leur perte de popularité respective ces derniers mois.

Ce n’est pas une question de popularité, c’est une question de faire les bonnes choses de la bonne façon et de démontrer que quand on travaille ensemble de façon raisonnable et positive, on peut accomplir de grandes choses.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Reconnaissant de son côté que le modèle multilatéral qu’il partage avec Justin Trudeau fait face à un défi avec la montée du populisme dans le monde incarné par Donald Trump, le président français a pour sa part estimé qu’il s’agit « d’une phase plus ingrate », mais qu’il faut maintenir le cap.

« Il ne faut pas céder dans ces moments de tension soit au découragement, soit à la crispation, a-t-il prévenu. Il faut accepter ces phases qui peuvent être plus ingrates, mais où on continue à convaincre, à essayer de maintenir tout le monde dans une discussion, parce qu’elle est essentielle. »

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