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Un champignon du Nunavut comme antidote à la malaria

Une molécule, la mortiamide D, séquestre le parasite responsable de la malaria dans son centre. Des globules rouges flottent tout autour.

Dans cette illustration, la molécule mortiamide D séquestre le parasite responsable de la malaria, tout en laissant les globules rouges intacts.

Photo : Massouh bioMEDia / Normand Voyer

Anaïs Elboujdaïni

Des chercheurs croient détenir la clé au problème de résistance aux médicaments du parasite qui cause la malaria. Le chimiste Normand Voyer et son groupe de recherche de l’Université Laval ont synthétisé une molécule provenant d’un champignon du Nunavut qui s’est attaqué au parasite de la malaria en laboratoire.

Dans leur recherche publiée dans la revue Chemical Communications, les chercheurs disent avoir prouvé qu’une des quatre molécules d’un champignon microscopique, découvert en 2017 par des chercheurs de l’Île-du-Prince-Édouard, s’attaque au parasite de la malaria. Ils ont appelé ces molécules mortiamides.

« Nous avons constaté que les substances [produite par le petit champignon] ressemblent étrangement à d’autres substances naturelles qui sont reconnues pour avoir des propriétés antipaludiques », explique-t-il.

La malaria, ou paludisme, est un parasite de type Plasmodium. Il en existe cinq types. La malaria est transmise aux humains par la piqûre d’un moustique infecté par le parasite et sévit surtout en Afrique subsaharienne et en Inde.

En 2017, 219 millions de personnes ont été touchées par le parasite, selon l’Organisation mondiale de la santé.

Comme la molécule du champignon Mortierella provient du Nord, plus précisément de la baie de Frobisher, l’hypothèse des chercheurs était qu’elle serait efficace contre les parasites de la malaria qui sont résistants aux médicaments.

« [Cette molécule] est même efficace sur une souche de malaria qui est résistante à différents médicaments », s’exclame le chimiste.

En moins de 72 heures, trois des quatre mortiamides ont mis fin à la croissance des deux souches du parasite.

Un moustique à l'abdomen gorgé de sang pique une peau humaine.

L'anophèle peut transmettre le parasite causant la malaria.

Photo : La Presse canadienne / AP Photo/CDC, University of Notre Dame, James Gathany

Cette découverte rappelle également la richesse des molécules présentes dans le Grand Nord.

« Il faut protéger ces richesses-là. Le prochain médicament anticancer va peut-être provenir du Nunavut ou [d'ailleurs] dans le [Grand] Nord », avance-t-il.

La synthèse du champignon microscopique est la première étape avant de pouvoir songer à en faire un médicament, précise cependant Normand Voyer.

« Il reste encore beaucoup de choses à faire avant que cette substance puisse devenir un médicament, mais nous avons passé le cap d’une des parties les plus critiques, soit de trouver une nouvelle substance qui est active », explique le chercheur.

La prochaine étape reste à savoir comment la molécule mortiamide réussit à s’en prendre au parasite de la malaria.

Grand-Nord

Recherche médicale